Les dégustations : Caroni dans tous ses états – Partie gratuite

Suite à mes dégustations de Caroni des semaines passées, un collègue amateur de spiritueux m’a donné deux échantillons mystères afin que je puisse étoffer mon expérience dans ces rhums de Trinidad si particuliers (merci JC ! :)).
La quantité étant très réduite (entre 1cl et 2cl), je ne pourrai faire qu’une dégustation, va falloir être concentré !
Il est toujours préférable de pouvoir revenir sur un rhum afin de couvrir le plus de caractéristiques possibles de ce dernier, et si possible à quelques jours (et même semaines d’intervalle) mais je ne vais pas me plaindre 😀
A priori je me suis dit qu’il devait s’agir d’un vieil embouteillage de chez Velier et d’un Bristol Classic, cela va-t-il se vérifier ?
Mes attentes étaient donc assez hautes puisque, d’un part les vieux Caroni de Velier sont légendaires et d’autre part, les Bristol (surtout les premières versions) sont pour le moins réputés.
J’avais, en outre, pu goûter au dernier Rhum Fest à Paris un Caroni – récent – de cet embouteilleur britannique et avait été plutôt séduit (gardons à l’esprit que mes goûts varient et évoluent assez vite et qu’à l’époque je connaissais peu les rhums issus de
cette distillerie et qu’ils ne me plaisaient pas trop).
Trêve de bla bla, passons dans le vif du sujet !
Et de un !
Échantillon numéro 1 :
La première chose qui se distingue est le voile de goudron qui fait comme surnager au dessus des autres arômes. Une fois cette première couche passée, ce rhum nous révèle beaucoup d’autres choses.
Des éléments “classiques” tout d’abord, avec le boisé et la vanille. L’alcool est très discret, à n’en pas douter une version réduite entre 40° et 45° à vue de nez (haha).
Sont également présents des arômes très séduisants de fruits (pomme et poire). Pour finir il y a comme une impression de fruits secs qui essaye de se frayer un chemin vers votre base de données sensorielle. Bref, un nez agréable et prometteur. Passons à l’étape suivante.
Première impression en bouche : un gros manque de texture, comme si c’était de l’eau et ça c’est décevant. Ce qui accentue ce sentiment c’est l’absence d’alcool. Enfin je me doute bien qu’il y en a de l’alcool mais il se fait discret à l’extrême. Ces deux éléments conjugués rendent l’attaque en bouche très faible.
Heureusement il se passe alors quelque chose qui redonne de l’intérêt à ce rhum : une association empyreumatique et médicinale qui envahit la bouche et s’y attarde plusieurs secondes. La fumée de cette (petite) explosion se dissipe et laisse apparaître des notes de violette.
Le finish quant à lui est assez court et donne vraiment l’impression de laisser la dégustation retomber. On revient sur le goudron que nous avions au tout début. Ajoutez-y un léger mélange de cuir et de tabac et voilà, nous avons fait le tour.
En conclusion, un produit en dents de scie, avec du bon et du moins bon et une impression mitigée.
Et de deux !
Échantillon numéro 2 :
Encore une fois, on ne peut pas se tromper, nous sommes face à un Caroni. Ce nez dominé par le caoutchouc, le tabac et, dans une moins mesure, l’olive ne laissent pas place au doute.
Là aussi nous sommes sur une version réduite sous les 46°, aucun doute (malheureusement).
Ce nez, sans être inintéressant, ne vaut pas celui du premier.
La bouche est d’emblée un peu plus puissante et nous offre un peu plus de texture, ce qui est clairement appréciable.
Puis, à nouveau, ce côté empyreumatique/médicinal super sympa et encore plus envahissant que sur le rhum précédent. Là je pense tout de suite que ces deux rhums se ressemblent. Même embouteillage voire même rhum avec une version réduite à 40° et l’autre à 46° ou quelque chose dans ce style. La conclusion florale est là pour confirmer cette impression (même si ce n’est pas de la violette).
La finale se distingue là aussi par les arômes si typiques de Caroni, auxquels il faut ajouter ces notes fleuries qui persistent ainsi qu’un léger côté mentholé.
Ce second échantillon mystère est moins dans les extrêmes que le précédent. Il n’a pas le nez agréable du premier mais n’a pas non plus ses lacunes en bouche, avec un peu plus de puissance apparente.

 

Au final, aucun des deux n’est vraiment à mon goût et je leur préférerais d’autres Caronis, parmi ceux présentés dans mes articles précédents. Je dois ajouter tout de même, que je venais de sortir d’un rhume (oui avec un “e” celui-ci ;)) lors de cette dégustation et qu’il n’est pas impossible que cela ait impacté mes impressions du moment…

 

En tout cas, moi qui, il y a encore quelques mois, me faisait une idée très linéaire et homogène de ces rhums, cette dégustation “à l’aveugle” prouve une fois de plus qu’il n’en est rien. Certains nouveaux embouteillages à sortir chez Velier me font déjà de l’œil (sans parler des très anciens !).
Les futurs (dégustés ici au Whisky Live)

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