Dans ce second article consacré au Salon des Spiritueux Dugas 2026, je reviens sur les rhums de mélasse, les whiskies hors Écosse, les calvados et les arrangés. Je vous dirai également un mot sur les vins et les sakés, stands auxquels j’ai passé pas mal de temps.

Crossfire Hurricane Gold – 40 %
4 distilleries jamaïcaines et sans sucre ajouté. Moins de 3 ans (sur place), plutôt pour cocktail.
Nez : Jamaïque à tendance pomme, assez Clarendon
Bouche : intensité très correcte, une Jamaïque calme mais pas sans typicité
Finale : pas si courte
Crossfire Hurricane Réserve – 40 %
5 distilleries, entre 3 et 8 ans (également sur place) et toujours pas de sucre ajouté.
Nez : on reconnaît la trame avec plus de chaleur, plus confit, plus de bois
Bouche : pareil, avec un certain exotisme
Finale : même plus longue que prévu
Franchement pas mal ces deux rhums estampillés Rolling Stones.

Naga 10 ans – 40 %
Je me suis penché sur les rhums de la gamme qui viennent de Thaïlande.
Très boisé, coco
Bouche très homogène, puis arrivée de tabac. Sec
Naga 15 ans – 40 %
Plus sombre, plus de bois.
Boisé piquant et taille de crayon, avec le coco qui revient sur la finale.
Trop boisé.
Naga 12 ans – 43 %
Caramel, herbes aromatiques, on perd un peu la typicité vanille, coco, bois. Bouche plus puissante, un peu astringent.
Préférence pour le 10.
Naga Full proof 2012 – 60,1 %
Nez puissant, puis très coco grillé. Plus proche du 10 aromatiquement.
Quand même très puissant (trop). Finale coco explosif.
Nashi – 25 %
Liqueur de poire asiatique à base de rhum.
Très poire, léger côté chimique peut-être dû au profil de cette poire auquel on n’est pas habitué.
Très homogène en bouche. Bien sucré, bien poire, pas tellement rhum sauf peut-être un peu à la fin de la dégustation.

Santa Teresa Finition Teeling – 45 %
10 mois de finition en ex-fût de single grain de la distillerie irlandaise.
Nez : vanille, légère torréfaction, boisé
Bouche : douceur, on ne sent pas vraiment le finish
Finale : là en revanche, on arrive sur quelque chose de plus sec et un peu minéral
Pourquoi pas.
Santa Teresa Finition Speyside – 46 %
13 mois de finition
Sans avoir plus le whisky au nez, on a moins le rhum. Ensuite plus de bois, d’épices et un peu plus sec, surtout en bouche et finale.
Si vous souhaitez savoir comment goûte leurs autres rhums, c’est par-ici.

Don Papa Port Quincentennial – 50 %
2 ans de bourbon, 5 ans de Porto. 0 sucre ajouté annoncé
Nez : vif, expressif, mélasse, vanille, petite fraîcheur fruitée
Bouche : rondeur, coco, épices, alcool correct
Finale : sucre roux, boisé un peu tannique, coco
Eh bien, c’est pas mal du tout.
Il confirme plutôt ma dégustation d’il y a deux ans.

Ti CED Mangue Piment Végétarien – 36 %
Ce n’est pas une nouveauté mais j’ai souhaité y tremper les lèvres à nouveau.
Ce piment végétarien est impressionnant, nez, bouche et finale.
Ti CED Pomme, poire, houblon – 32 %
Nez : fruité, frais, côté agrumé du houblon
Bouche : suave, pomme, et comme une impression légèrement perlante
Finale : le houblon domine
Original et bien fait.
Ti CED Crème Vanille Macadamia – 17 %
On a exactement ce qui est annoncé entre vanille, crème et macadamia. Un peu comme une glace à la vanille très intense. Bien sûr le sucre est là mais sans excès. Ça ne peut que fonctionner.

The Yamazaki Refill Spanish Oak – 48 %
Second remplissage sur du vin espagnol type sherry mais juste au nord de la zone d’appellation ; environ 11 ans.
Nez : pomme fraîche, épices chaudes et un malt doux
Bouche : belle attaque autant en puissance qu’en texture, tourbe légère, malt épicé, rondeur
Finale : longue, la fumée monte un peu sans écraser, chaude

Rozelieures Finish Coloma – 46 %
Finish de 3 ans – oui, on pourrait dire double maturation.
Nez : poire, cacao, un peu d’épices
Bouche : belle association de ces différents marqueurs, je ne suis normalement pas fan des finitions rhum mais là, ça s’associe vraiment bien
Finale : chaleureuse, torréfiée, gourmande, bien épicée au bout d’un moment
Rozelieures 8 ans brut de fût Moscatel – 56,9 %
Vieillissement intégral en ex-fût de Moscatel.
Nez : très expressif et un peu déstabilisant, dans le sens original, avec entre autres un léger côté fermier
Bouche : belle association entre tourbe, suavité et puissance. Il est costaud mais il demande à y revenir
Finale : longue sur la tourbe essentiellement

Coquerel Whisky Rozelieures finish – 41 %
30 mois de finish après un minimum de 4 ans en fût de calvados
Nez : malgré ce long finish la pomme demeure éclatante. Il y a une seconde trame en retrait, très timide pour l’instant
Bouche : les marqueurs whisky sont plus présents ici, un peu plus sec, quelques céréales surgissent. Mais c’est surtout l’union des deux qui marque. Il prend bien la bouche et le degré est bon
Finale : la finale conclut logiquement la bouche
Un joli « finish »
Coquerel finished in bourbon barrels – 41 %
4 ans puis 14 mois dans d’ex-fûts de bourbon
Nez : plus de bois, au sens où l’on connaît bien ce boisé du bourbon
Bouche : aromatiquement on sent plus le bourbon que le Rozelieures mais l’union se fait peut-être moins bien. Pomme très gourmande
Finale : longue et progressivement sur la vanille qui l’emporte finalement
Coquerel finished in rhum barrels – 41 %
Finition de 6 mois en fûts de Planteray Barbade.
Étonnamment plus frais du début à la fin, presque une touche mentholée même sur la finale (il y a aussi de la vanille quand même), bref passage du coco. Étonnant mais moins mon truc.

Comme je vous l’annonçais, les stands des vins (porto et sherry cette année) et des sakés m’ont pris pas mal de temps. Je conseille toujours aux visiteurs d’y passer, de prendre le temps d’y aller. En plus du sherry et du porto, il y avait aussi les vins de Madère mais je m’y étais arrêté l’année dernière. La qualité de ces vins est tout bonnement époustouflante ; pas forcément sur toutes les références bien sûr, mais je conseillerais malgré tout de faire les line-ups entiers pour mieux comprendre ces produits.
Le saké c’est un peu différent, entre autres en matière de rapport-qualité prix. C’est malheureusement un segment où trouver quelque chose sous les 20 € est bien compliqué.
Bref, l’année prochaine, prenez le temps d’aller déguster les porto, les sherry et les vins de Madère, vous ne le regretterez pas. Je dis bien “prenez le temps” et pas “si vous avez le temps” ! En plus de goûter de fantastiques produits très variés, vous en apprendrez beaucoup grâce aux exposants, tous experts dans leur domaine, le plus souvent producteurs eux-mêmes.
Vous me remercierez plus tard 😉

Et voilà, clap de fin sur le Salon des Spiritueux Dugas 2026, ses dégustations, ses rencontres et ses retrouvailles.


