Les dégustations : la collection rare des distillateurs limités de la Demerara

Titre alternatif : La traduction littérale c’est de la merde 😀
Pour ceux qui n’ont pas encore compris, nous allons parler de la Rare collection de DDL ou Demerara Distillers Limited.
Des parfaites bouteilles à tester avec des échantillons !

Avant de passer à mes notes de dégustation, vous n’allez pas échapper à un petit laïus.

Pour commencer, comme vous le savez, je suis un fan des rhums de Guyane Anglaise embouteillés par Velier, sous l’égide de Luca Gargano. Des noms tels que Albion, Enmore ou encore Uitvlugt eh ben ça m’émoustille. Mais voilà, ces bouteilles (surtout les plus anciennes) deviennent très, mais alors très, dures à trouver, sans compter qu’il faut casser le livret A des enfants pour s’en acheter.
Histoire de faciliter encore l’obtention de ces bouteilles, l’accord entre Velier et DDL n’est plus. Luca Gargano n’a plus la possibilité d’aller “faire son marché” dans leurs chais de vieillissement pour faire ses embouteillages, du coup, pour faire simple : c’est la fin.
Mais est-ce vraiment la fin de ces rhums de Guyane Anglaise bruts de fûts à vieillissement intégral sous les tropiques ?

Eh bien oui !

*Fin de l’article*
Ben non, bien sûr que non 😛
Nos amis de Demerara Distillers Limited ont eu la bonne idée de marcher sur les traces de Velier et de sortir des bouteilles dans un esprit similaire.
Les trois premières expressions sont sorties il y a quelques semaines, exclusivement en Europe.

C’est de ces trois rhums dont nous allons parler ce soir.

Un des rares Versailles sur le marché

On commence par le Versailles 2002.

Au nez, tout d’abord, il offre une impression de chaleur. Les fruits à coque, la noix et l’amande, comme passés à la poêle, frappent par leur magnitude. La mélasse dans un second temps, et ses accents de réglisse, vient comme enrober ces fruits à coque.
L’ensemble est très gourmand mais pas lourd (entre autre du fait de l’orange mais aussi de la menthe fraîche). Une pointe de café vient apporter une touche aromatique supplémentaire.
En bouche, l’attaque est équilibrée en dépit de ses 63%, l’alcool est présent bien sûr, mais son côté sucré vient le contrer. Là aussi, la noix et l’amande (toujours englués de mélasse réglissée) sont sur le devant de la scène.
Cette bouche est légèrement tannique et les notes torréfiées reviennent. Des touches de caramel font également leur apparition et augmentent encore son caractère gourmand.
La finale est très longue et on revient sur cette impression chaleureuse. Le café et la réglisse ne nous quittent pas. Le bois est également présent ainsi qu’une légère impression de caramel brûlé. L’ensemble est agréable, gourmand mais sans être écœurant grâce à sa relative fraîcheur.
Il est vraiment gourmand et pas seulement pas sa douceur. C’est aussi celui dont la finale est la plus longue, vraiment pas mal.
Plus intéressant que gourmand

Le Port Mourant 1999 maintenant.

Le nez est dense. La réglisse et l’anis prennent des proportions écrasantes. Suit d’assez près le boisé, lui aussi très présent. Viennent ensuite les fruits (orange en tête) et l’olive ; ces deux éléments ne sont pas franchement preuve de timidité non plus.
Pour finir une discrète note mentholée complète ce profil aromatique. L’alcool, bien qu’il tienne sa place, est bien intégré et porte les arômes sans prendre le dessus ou les masquer.
En bouche, intensité et concentration sont toujours au rendez-vous. Les marqueurs principaux détectés précédemment n’ont pas décidé de nous laisser tranquille. La réglisse et l’anis font jeu égal avec ce boisé (plus présent ici qu’au nez). L’olive et l’orange ne s’en laissent pas compter et tiennent leur rang.
L’attaque, bien que puissante et légèrement astringente, n’est pas dénuée d’une relative douceur.

 

La finale est plutôt longue mais complexe et changeante. Des notes empyreumatiques, des arômes de cuir, de réglisse et de menthol vous accompagnent depuis la fin de bouche jusqu’à la toute fin de la dégustation.
Un rhum qui offre une intensité hors du commun. Mêmes les arômes secondaires sont très puissants. C’est sans doute le moins gourmand des trois mais il n’en demeure pas moins une expérience intéressante.
Je suis amoureux du 1995 de Velier
Et nous finissons donc pas le Enmore 1993.
Au nez, gourmandise et complexité s’accordent. Les fruits sont très présents dans cet Enmore : abricot, pruneau et, un peu en retrait, la pèche, le tout a comme été confit dans le sirop. C’est dans un second temps que la noix et des notes torréfiées se manifestent.
L’alcool est extrêmement bien intégré, c’est assez bluffant.
On pourrait craindre l’ensemble un peu lourd, voire écœurant mais cela serait sans compter sur une fraîcheur bien présente qui permet à ce rhum d’être très équilibré.
Après une longue période de repos, des touches de tabac apparaissent mais surtout la banane qui devient de plus en plus présente (oui un fruit de plus ^^).

 

En bouche, l’alcool est bien plus présent qu’au nez et l’attaque est relativement douce, presque sucrée (l’un dans l’autre, cela offre une certain équilibre là aussi).
Seconde surprise, le boisé est très présent et prend même des accents tanniques. La fraîcheur demeure, voire même s’accentue.
Les fruits omniprésents et si agréables au nez sont malheureusement beaucoup plus discrets.

 

La finale est assez longue et toujours très marquée par le fût (et même légèrement amère). Le tabac, assez discret, nous accompagne, ainsi que de timides notes de sucre roux.
Ce nez… Ô ce nez… Malheureusement, cette gourmandise fruitée disparaît presque totalement en bouche puis sur la finale. Dommage 😦

Voilà donc pour ces trois rhums aux profils très différents.

Je dois avouer qu’aucun des trois ne m’a totalement et entièrement convaincu. Cependant, nous avons : une gourmandise, une bête d’intensité et un nez magnifique.
C’est d’ailleurs sans doute le premier des trois qui m’a le plus plu.
Il y a une petite polémique sur la présence ou non de sucre ajouté à ce Versailles. Une mesure montrerait qu’il y a environ une quinzaine de grammes par litre de sucre ajouté mais Luca Gargano soutient qu’il n’y a eu aucun ajout, et ce n’est pas le genre à aller raconter des billevesées ce bon vieux Luca. Difficile donc d’en savoir plus mais en tout cas, il est bon 🙂

Quoi qu’il en soit, ces trois identités trouveront leur public à n’en pas douter.
J’espère deux choses pour un avenir plus ou moins proche : que ces bouteilles ne soient pas (trop rapidement) sujet à spéculation et que DDL nous en sorte d’autres encore meilleures, car après tout, ce n’est qu’une première tentative 🙂

One thought on “Les dégustations : la collection rare des distillateurs limités de la Demerara

  1. Pingback: Les dégustations : deux nouveaux embouteillages chez Demerara Distillers Limited | Les rhums de l'homme à la poussette

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