Les dégustations : deux nouveaux embouteillages chez Demerara Distillers Limited

Vous vous rappelez ? Il y a de ça environ un an et demi sortaient les premiers embouteillages El Dorado Rare Collection, un Versailles, un Port Mourant et un Enmore. Tout le monde était sur les dents, à espérer et à croire en la relève des fameux embouteillages Velier. Beaucoup de notes de dégustations ont été écrites (dont la mienne) et l’on s’est rendu compte que non, ces trois bouteilles de chez Demerara Distillers Limited n’étaient pas au niveau de leur prédécesseurs en bouteilles noires.
Du coup pour les secondes sorties dans la Rare Collection, il y a eu beaucoup moins d’effervescence ; elles remontent d’ailleurs à plusieurs mois. Il n’y a “que” deux bouteilles cette fois : un Port Mourant 1997 et un Enmore 1996. J’avais d’ailleurs eu la chance de pouvoir mettre le nez dedans lors du Velier Live à Milan et il me tardait de pouvoir le déguster à nouveau, ainsi que d’essayer le second.

Sans plus tarder, allons-y !

El Dorado Rare Collection – Enmore 1996

Enmore 96 (référence rhum)

El Dorado Rare Collection – Enmore 1996 (crédit photo : Référence Rhum)

Au nez, voilà un rhum concentré et gourmand. Les fruits sucrés, bien mûrs, ouvrent la marche et sont vite rattrapés par un boisé qui prend des accents de taillures de crayon. Viennent ensuite des arômes de tabac et de fruits à coque. Il n’est pas non plus dénué d’une certaine fraicheur d’agrumes, et l’alcool est bien mesuré et apporte juste ce qu’il faut de peps. Enfin, des notes, un peu plus discrètes, de miel et de pruneau viennent compléter son profil. Un nez super sympa, qui m’a fait me poser la question : comment tiendrai-il la comparaison face à l’Enmore 1995 de Velier ? Pas de réponse, j’ai vidé mon troisième Enmore 95 il y a quelques mois de cela 😦

Il prend la bouche en entier, on a bien cette concentration que le nez nous avait promis. On retrouve le coté sucré (pas mal sucré même) et opulent sur les fruits mûrs mais aussi le boisé, qui prend ici encore plus de place – il en prend sans doute un peu trop. Une pointe de tabac parvient à se frayer un petit chemin jusqu’à vos papilles.

La finale, est assez longue, sans l’être de manière exceptionnelle. La majeure partie des arômes passe en sourdine assez rapidement, tandis que le boisé/tabac reste, accompagné d’une pointe abricot/orange.

Ma foi, il se défend bien cet Enmore 1996, pas très équilibré tout au long de la dégustation mais une expérience sacrément gourmande et concentrée !

El Dorado Rare Collection – Port Mourant 1997

PM 97 (référence rhum)

El Dorado Rare Collection – Port Mourant 1997 (crédit photo : Référence Rhum)

Ouhla, au nez, nous sommes sur un rhum “pas facile”. Dans l’ordre, il nous offre : savon (oui savon, le truc pour sa laver), agrumes et réglisse. Il faut alors tenter de passer ce voile savonneux pour trouver autre chose : abricot bien mûr, bois, épices (vanille et cannelle). Au fil des minutes, le savon prend des accents de mélange cire/peinture, alors que le bois et la réglisse prennent plus de place. Pour finir, des touches fumées et une relative acidité se ont aussi sentir. On reconnait bien Port Mourant, sans aucun doute. Par moment ce voile de savon s’estompe et laisse accès à des trucs bien plus sympas, mais il n’est dans l’ensemble pas très gourmand, ni même franchement agréable (qui a envie de bouffer du savon ?).

En bouche, notre impression est malheureusement confirmée avec le savon – encore lui – du cacao amer, un surprenant mélange astringence/douceur, et pour couronner le tout, un alcool trop puissant. Des arômes fruités sont bien là mais se font vite bouffer par le reste.

La finale est très longue, mais est-ce un bien ? On a toujours le bois, le savon et un côté amer. Même après avoir mangé je gardais encore des notes savonneuses en bouche…

Voilà, voilà… Je dois vous avouer avoir eu un peu de mal à finir mon verre 😡
Je me suis demandé si, en Guyane Anglaise, les enfants qui disent des gros mots s’entendent dire “Petit malpoli, va te laver la bouche au PM 97 !”.

Voilà deux rhums qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre, non seulement de par l’alambic dont ils sont issus, mais surtout du fait que l’un est bon, l’autre non.

Et l’avenir des sorties DDL ? Pour l’instant rien à l’horizon, si ce n’est un embouteillage spécial pour les 70 ans Velier, un blend Port Mourant (espérons sans savon) et Diamond de 2001. A voir ce que cette sélection Velier donnera 🙂

PM Dimaond 2001

El Dorado Rare Collection – Port Mourant & Diamond 2001 pour le 70ème anniversaire Velier

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