Les dégustations : L’Esprit Rhum, 2017 la suite

Oui je suis un peu à la bourre sur certaines dégustations ! Mais cela permet de se sortir de la frénésie des sorties et de prendre un peu de recul, surtout quand des bouteilles font le buzz à peine mises sur le marché.

Un peu plus discret en matière de rhums depuis le Rhum Fest de 2018, L’Esprit, embouteilleur indépendant rennais, nous a gratifié au fil des ans et de ses sélections variées, de quelques rhums qui resteront dans les mémoires. Cela vient entre autres du fait que Tristan Prodhomme a régulièrement choisi des rhums jusqu’alors rarement mis en bouteilles, d’autant moins à ces degrés ; souvenons-nous de son Black Rock par exemple ou encore de certains rons normalement réduits. Revenons sur quatre rhums sélectionnés par L’Esprit il y a quelques temps de cela.

 

L’Esprit Rhum – A Panama distillery (2004-2017) – 61,4%

Pas de photo pour celui-ci, je ne suis meme pas certain qu’il ait été commercialisé.

Nez – C’est avant tout une fumée de cheminée qui saute aux narines, ce n’est qu’après que le bois, l’orange confite et la vanille apparaissent. Une surprenante olive se fait remarquer tandis que de légères notes de tabac et de fruits secs complètent ce profil. L’alcool titille les narines et le repos ne fera qu’accentuer la dominance de la fumée.

Bouche – La puissance de l’alcool se confirme, on le sent passer ce rhum. La langue est tout de suite interpellée par une pointe sucrée, et les arômes ici seront assez simples sur le bois et la vanille.

Finale – On se rapproche du nez sur cette finale : la fumée qui revient en force avec un léger côté tannique. On peut également percevoir un discret sucre roux brûlé mêlé d’olive.

 

L’Esprit Rhum – A Panama distillery (2004-2017) – 61,6%

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L’Esprit Rhum – A Panama distillery (2004-2017) – 61,6% (crédit photo : Rhum Attitude)

Nez – Nous sommes quand même très proche du premier, avec cependant plus de sciure de bois et moins d’olive. Là aussi le repos rend la fumée/cendre plus présente (ce qui tend à rapprocher encore les deux profils).

Bouche – Ce second rhum du Panama est plus agréable en bouche, avec un alcool mieux intégré (mes papilles étaient peut-être encore un peu anesthésiées par le précédent) et avec plus de fraîcheur, là où le premier était généralement plus “dark”.

Finale – Ici, même idée que sur le numéro 1, sur la fumée qui revient, avec cependant un boisé plus présent et pas seulement des arômes empyreumatiques qui emportent tout.

Toujours intéressant de déguster des full proofs de rons. Le second, un peu plus équilibré même si pas forcément plus complexe, aura ma préférence.

 

L’Esprit Rhum – Travellers (2007-2017) – 66,1%

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L’Esprit Rhum – Travellers (2007-2017) – 66,1% (crédit photo : Rhum Attitude)

Nez – Les rhums de Belize – et donc de chez Travellers – se distinguent normalement par un nez dominé par des arômes de noix de coco, de vanille et de bois. Je ne vous le cache pas, on est ici en plein dedans. Simple mais gourmand, d’un gourmand un peu sombre de par son relatif manque de fraîcheur.

Bouche – Le fort degré d’alcool est bien là mais moins marqué que sur les Panama (ou alors l’anesthésie des papilles suit son cours) ; mieux vaut tout de même ne pas en prendre une grosse lampée. C’est surtout un boisé vanillé qui domine et la coco est reléguée au second plan.

Finale – La noix de coco reprend son rôle de star mais partage le premier rôle avec le bois. Un léger tabac mâtiné de vanille complète cette finale, qui est agreable et se fait relativement longue.

 

L’Esprit Rhum – Travellers (2005-2017) – 67%

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L’Esprit Rhum – Travellers (2005-2017) – 67% (crédit photo : Rhum Attitude)

Nez – Le parallèle avec l’autre Travellers est immanquable mais avec certaine fraîcheur en plus, qui est apportée par l’abricot frais (et sec). Il est un peu plus volatile avec en prime une très fugace pointe florale.

Bouche – Copier/coller du premier.

Finale – L’abricot revient de belle manière dès le début (non sans évoquer certains single casks de chez New Grove), puis il laisse progressivement la place à la coco et au tabac. J’aime bien.

Je le préfère à la version anniversaire au final, cette dernière étant un peu plus unidimensionnelle.

 

Et que nous reserve l’avenir, après entre autres, les dernières selections de rhums blancs à très TRÈS haut degré ? Je n’en sais rien 😀 Mais il suffira d’être patient pour les découvrir, avec encore, je pense, des bouteilles étonnantes !

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