Mon Rhum Live 2015 – partie 2

Très, très bon.
Après cette mise en jambes, je suis allé faire un tour dans nos Antilles Françaises avec Neisson et Bielle.
Neisson, “petite” maison de Martinique que je commence à connaître (en tout cas leur gamme “normale”). Aussi n’ai-je voulu que m’attarder sur ce que je ne connaissais pas, à savoir, leur single cask à la jolie bouteille peinte à la main. Un nez très agréable sur le bois vert/tendre, une fraîcheur sur l’attaque qui laisse place à une bouche plus lourde et plus complexe. Malheureusement il perd un peu sur la longueur.
Téléportation au bar VIP (ouvert à tous le lundi) pour goûter au nouveau millésime 2004. N’ayant pas pris de notes, je peux simplement vous dire, qu’à mon goût, il est meilleur que le 2005, d’un rare équilibre entre le vesou et le bois du fût, très fin, très long et très gourmand. Une sacrée réussite !
Vraiment à regoûter !
Direction Marie-Galante et le stand Bielle. Je suis un peu spécial (semblerait-il) concernant Bielle : j’adore certains de leurs rhums (le 2003 sans parler du 1994) mais je ne suis pas fan de leurs millésimes en carafe, comme le 1998 par exemple.
Quoi qu’il en soit, plusieurs nouveautés à cette rentrée.
Commençons par le nouveau blanc, le Canne Grise, nouveau mono cépage sur le marché et à ma connaissance le premier utilisant cette variété. Comme les autres blancs de la maison, il est à 59°, ce que je trouve un tantinet trop élevé.
Celui-ci n’est pas très sec et n’est pas trop sur la fraîcheur, il a même un petit côté sucré en attaque bien agréable (et de légères notes saline ? A confirmer :)). Et l’alcool alors ? Il passe étonnamment bien ! Bref, pas mal du tout.
Le 2004 ensuite, une de ces “fameuses” carafes qui me laissent habituellement froid. Au nez, c’est très bien mais en bouche, son boisé ne me plait pas (comme sur les autres). La finale est longue sur le bois (oui toujours ce bois), le sucre roux  et un léger côté mentholé.
Pour moi du meilleur (à droite) au moins bon (à gauche) – je sais je suis bizarre.
On continue sur la bouteille 40ème anniversaire, un brut de fût de 2008 embouteillé à 53.4°. Là je me dis que ça va sans doute être plus mon truc, dans la veine des 2003 et 2007. Je ne me trompe pas, même si là, son vieillissement en fût de Jack Daniels l’a beaucoup marqué et cela ne plaira pas à tout le monde. Personnellement j’aime bien ses fruits à coque, sa gourmandise (relative) et la vanille apportée par le fût.
On finit avec un autre rhum disponible au bar VIP, le Bielle 2001. Ah ben en fait non, j’aurais dû m’arrêter au précédent. Je sais que je vais me mettre des gens à dos, mais il ne m’a pas plu. Je ne peux même plus vous dire pourquoi si ce n’est que ce boisé, qui ne me plait pas était encore de la partie. Bon, moi ça me va, ça me fait une bouteille chère de moins à acheter 😛
Après la langouste, les grenouilles.
On reste sur Marie-Galante mais on passe chez Velier, que dis-je, dans l’UNIVERS Velier !
Et on y met un pied par ce rhum si longtemps attendu par beaucoup d’entre nous : le Libération 2015.
Vous vous en rappelez sans doute, le 2012 brut de fût est vraiment un de mes rhums favoris (je viens de terminer ma première bouteille et sa petite sœur attend patiemment :)).
J’étais vraiment ravi de pouvoir enfin découvrir ce que trois ans de plus en fût ont pu apporter à ce rhum.
Sa version réduite à 45° tout d’abord fait clairement penser au 2012. La différence principale : un bois plus présent et des arômes de fruits à coque marqués. Pas mal.
Et en brut de fût ? Les 58.4° se font sentir (même peut-être plus que sur le 2012 en version intégrale alors que ce dernier a quelques degrés de plus). Sans que ce soit tellement étonnant, il est plus… tout : explosif, puissant, intense et long.
Quant à la différence principale avec le 2012, c’est pour moi un boisé plus présent. Personnellement je pense préférer le 2012 mais c’est vraiment une affaire de goût, les deux étant très bons.
Je suis fan des clairins 🙂

Continuons avec les perles d’Haïti, les clairins. Voici le batch 3. Après la redistribution des cartes entre le premier et le second batch, qu’en est-il sur ce troisième ?

Sur le Sajous, on retrouve les traceurs du batch 1 avec une dominante végétale, florale et de canne. Malheureusement il n’est pas exempt d’une certaine amertume en fin de bouche qui gâche un peu le plaisir.
Le Vaval, lui, est plus “organique” sur le champignon et un léger côté iodé. Il est sec en bouche, au point de l’assécher. Moyennement long, il offre des notes de réglisse sur la finale. Bon mais pas au niveau du batch 1 pour moi.
Et le Casimir alors ? C’est le plus expressif des trois ! On retrouve la truffe caractéristique, si marquée sur le batch 1. En bouche il est explosif et expressif et la finale est intense tout en étant “sucrée”. Pas aussi extrême que le premier batch mais ce n’est pas pour me déplaire. Pour moi le meilleur des trois, suivi de près par le Vaval.
Une autre sensation du salon chez Velier, ce sont les nouveaux Caroni et il y en a quatre !
J’ai d’abord commencé par le 17 ans (55°). Le nez est typé Caroni sans l’être trop ; il est également légèrement réglissé et mentholé. Une impression gourmande s’en dégage. La bouche nous dévoile un Caroni sans le moindre doute mais sans être monolithique, de plus il est (très légèrement) sucré. La finale est sur le bitume et le caoutchouc (normal) mais aussi sur des notes fumées tandis qu’après quelques instants, le sucre roux et un petit quelque chose de floral apparaissent.
Le Millénium (mis en fût en 2000 donc) est intéressant du haut de ses 60° en ce sens que c’est le plus végétal (herbes de Provence, gin) des Caroni que j’ai pu déguster. La bouche confirme cette atypicité (qui est un mot qui devrait exister :P) avec des arômes floraux (en plus de ceux des Caroni plus classiques).
Caroni et Demerara, les deux mamelles de Velier (pour l’instant)

Il nous reste donc les deux monstres, tous deux 2000 également. Le premier à “seulement” 68.4° nous offre un produit étonnamment gourmand avec un alcool bien intégré. Il m’a rappelé certains autres Caroni récents que j’aime bien. Le tabac et le mentholé sur la finale le rendent encore plus intéressant.

Attaquons-nous maintenant au 70.9°. Le premier nez n’était pas Caroni mais cela a rapidement changé ensuite et l’alcool titille le nez. Pas qu’au nez ! En bouche on a un alcool très marqué (peut-être même un peu trop pour moi). C’est le plus “Caroni” de la journée 🙂

On termine notre excursion chez Velier avec le Diamond 1999 – et là si vous suivez, vous vous dites “il existait déjà ce rhum”. Vous n’aurez pas tort si ce n’est que cette version a plus d’alcool, 64.7°, celle précédemment sortie était à 53.1° (et n’était pas trop à mon goût). Ces degrés supplémentaires lui ont-ils fait trouver grâce à mes yeux ? Eh bien j’ai été le premier surpris à me voir répondre oui à cette question. Un nez gourmand et boisé (sans l’être autant que sa version moins puissante, ce qui était le problème principal). On reste sur les mêmes notes en bouche avec un léger côté tannique. Il m’a fait penser au Diamond 1996 (celui à 63.4%).

J’attends la suite, j’ai hâte !

Dernière étape chez Velier avec une bouteille très intrigante, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre (ainsi que ses petites copines) et qui créé un engouement assez exceptionnel.
Velier a décidé de proposer un certain nombre de bouteilles de différentes origines sous le nom d’Habitation Velier. Il devrait y en avoir  huit (pour commencer j’imagine) toutes en brut de fût, dont plusieurs jamaïcains (!), des rhums de Guyane Anglaise (dont un blanc !!) ou encore d’autres en provenance de la Barbade (de chez Foursquare). C’est d’ailleurs un de ceux-ci que j’ai pu goûter et il m’a fait une bien bonne impression.
Ajoutez à cela que les prix devraient être aux alentours de 50€ (!!!) et vous pouvez être certains que je vais faire des stocks. La date de sortie reste encore à définir précisément, je guette.

On oublie celui de droite et on garde celui de gauche !

Pour conclure, on repart en Guyane Anglaise en faisant un petit tour du côté du bar VIP, mais nous passons cette fois chez Silver Seal, autre grand embouteilleur italien de spiritueux.

L’Enmore 1986 – 21 ans – (55°) d’abord. Réglissé et torréfié ; c’est même assez intense. Intéressant mais ce n’est pas trop mon truc.
L’Enmore (oui on reste sur cette distillerie/alambic) 1977, toujours de Silver Seal, ensuite. Ses 32 années de vieillissement me faisaient craindre de me confronter à du “jus de bois”. Eh bien, pas du tout ! Un monde de fruits, de douceur, de puissance, de complexité, de boisé, de longueur… Tout simplement un des meilleurs rhums qu’il m’a été donné de boire.
Seul problème : son prix 😦
C’est sur bouteille exceptionnelle que mon récit s’achève. A l’année prochaine Whisky/Rhum Live !

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