Salon Club Expert 2015 – La grand-messe de Dugas – Partie 1

Bonjour à tous,
La rentrée, chaque année, est définitivement très riche en événements rhumesques.
Un de ceux-ci est celui organisé par Dugas, très important distributeur de vins et spiritueux (de tous types). Ils distribuent donc bien évidemment du rhum, des rhums ; tels que les énormes succès commerciaux Don Papa et Diplomatico mais aussi des rhums agricoles des Antilles Françaises, avec des marques aussi connues que Trois Rivières pour la Martinique ou Damoiseau pour la Guadeloupe, et bien d’autres encore.
Ce salon est donc organisé par Dugas pour les professionnels du secteur (principalement les cavistes) et a pour but de faire découvrir la gamme de produits qu’ils distribuent et plus particulièrement leurs nouveautés.
Une fois de plus, le lieu choisi (avec goût) n’est autre que le Musée des Arts Forains du côté de Court Saint Emilion dans le douzième arrondissement de Paris. Il s’agit vraiment d’un très bel endroit, qui fait forte impression (même la seconde fois :)).
Niveau nouveautés, je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais en espérais le plus possible. J’avais tout de même en tête le HSE finition porto, encore jamais dégusté (par moi ^^) et déjà disponible en Martinique, ainsi que le HSE millésime 2003 que j’aurais bien goûté à nouveau après m’y être frotté une première fois au Rhum Fest en mai. J’avais aussi vu passer quelques images d’un Botran cuvée anniversaire assez intrigantes. A part ça, j’étais ouvert à toute découverte 🙂
Nous y voilà donc, lundi 5 octobre – pile une semaine après la journée pro du Whisky Live – en route vers ce magnifique lieu pour découvrir ou redécouvrir plein de belles choses, en tout cas j’espère.
C’est après un trajet plus long que prévu et sous une météo qui vire au pourri, que j’arrive sur place.
Nouveaux contenus, nouveaux contenants, nouvelle image. Je salue l’effort.

Après un simple “Bonjour, voilà mon ticket”, je rentre, choppe un verre et pars en reconnaissance.

Je traverse la partie vins et eaux de vie de vin, pour arriver dans la zone réservée aux whiskys et rhums. Je repère rapidement les tables dédiées à mon spiritueux ainsi que les zones agricoles et les autres. Première petite déception, je ne vois pas de nouveauté chez HSE, seulement la gamme habituelle et les finitions du monde de l’année dernière 😦

En revanche en passant du côté de La Mauny et Trois Rivières (même distillerie) j’aperçois plusieurs bouteilles inconnues au bataillon. Ah ! Après la pléthore de nouveautés (et le nouvel habillage) que cette marque a connu l’année dernière, je ne m’attendais pas à ce qu’ils remettent ça ^^

Commençons donc par-là.

La Mauny… Je dois avouer n’avoir jamais été un grand fan de cette maison (et ne pas très bien la connaître, ce qui est peut-être lié). Une exception à cet état de fait néanmoins, le millésime 1979, qui m’a impressionné lorsque j’ai pu le découvrir chez A’Rhum il y a des mois de ça (et je ne dis pas ça juste parce que c’est mon année de naissance ;)).

Nous avons pu voir, depuis quelques mois, un nouvel habillage pour leurs blancs habituels (40% et 50% trouvables, entre autre, en supermarchés) et ils adoptent cette nouvelle forme de bouteille pour leurs vieux.
Bref, pas mal de nouvelles choses, à commencer par leur nouveau rhum blanc mono-cépage (oui encore un !), le Ter’ Rouj’. La canne en question est la zikak. Le résultat est étonnant, un rhum agricole moins typé canne ; il est plus gras, plus fruité et avec un côté floral. Voilà donc une autre facette du rhum blanc agricole, qui certes n’a pas la fraîcheur de beaucoup mais qui apporte autre chose. En bouche et sur la finale, on est sur la douceur et les fruits. Intéressant, ça commence bien. Petite précision “rigolote”, la bouteille est rouge, on ne voit donc pas de prime abord qu’il s’agit d’un rhum blanc (il s’est passé un truc au marketing de chez La Mauny ;)).

On passe ensuite à leur élevé sous bois, l’Héritage 1749. Il est élevé 18 mois en foudre de chêne. Particularité de celui-ci, il s’agit d’un assemblage, puisqu’une partie est retirée du foudre après 12 mois pour être placée dans des fûts ayant contenu du Porto (je ne sais pas en quelle proportion), pour être ensuite réintégrée à l’assemblage avant d’être mis en bouteille. Bon, et alors, ça donne/apporte quoi ? Pas grand-chose 😛

De bien belles choses et pas que dans les bouteilles 🙂

C’est le moment de faire un petit aparté sur les rhums élevés sous bois/paille/ambré… J’aime bien l’idée d’avoir un rhum (agricole) à peine marqué par le bois et qui donc, en théorie, garde plus d’intensité de la canne avec juste une légère influence du fût.
Malheureusement, et c’est tout à fait personnel, c’est juste l’idée que j’aime, puisque dans les faits je trouve souvent que le résultat ne “fonctionne pas”. Je dois encore trouver l’occasion de goûter au rhum paille de chez Hardy, réputé être un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, de cette catégorie.

Passons au nouveau vieux de la marque, le Signature, vieilli trois ans. Jusque-là rien de particulièrement enthousiasmant me direz-vous. Mais attendez une peu, c’est parce que je ne vous ai pas encore tout dit 😉 Il s’agit ici aussi d’un assemblage, non pas de deux, non pas de trois mais bien de quatre finitions différentes ! Franchement quand j’ai entendu le commercial m’expliquer ça lors de sa présentation, je me suis dit “what the fuck ?!”. Est-ce que ce n’est pas un peu trop dans le surenchère, des fûts ayant contenu quatre alcools différents, tout ça sur un “simple” VO ? Mes soupçons se sont effacés à la dégustation de ce rhum, qui est réussi et qui en fait peut-être bien un VO de dégustation. Je ne vais pas vous mentir, sentir l’influence des quatre différentes finitions (cognac, bourbon, porto et moscatel) est compliqué mais en tout cas le résultat fonctionne bien. Le nez est gourmand et la finale est plus boisée.

On fait l’impasse sur le XO, qui n’est pas une nouveauté (même s’il se défend pas si mal :)) et on arrive sur leur nouveau haut de gamme.
Un écrin réussit, qui se démarque du reste de la gamme (et de la concurrence) de par sa forme arrondie et un nom qui fait voyager “Le Nouveau Monde” (oui décidément il s’est passé quelque chose chez La Mauny :P), voilà les deux traits marketing de cette bouteille. Maintenant, qu’y-a-t’il dedans ? C’est à nouveau un assemblage, ici de douze cuvées de quatre millésimes (dont du 1979, information que j’ai réussi à dérober ;)). Maintenant que j’y pense, je ne suis pas sûr de comprendre ce que cela veut dire “douze cuvées de quatre millésimes”. Quoi qu’il en soit le résultat est plutôt intéressant. Le nez est complexe sur le bois, les épices et un côté torréfié. La bouche, qui évolue, est assez marquée bois et la finale est longue, riche et boisée là aussi. Définitivement un rhum à déguster une nouvelle fois dans de meilleures conditions. Le prix risque d’être élevé et il serait intéressant de voir si, en ce qui me concerne, le contenu le justifie gustativement.

Les trois derniers, toujours dans les nouvelles bouteilles

Enchaînons sur la marque sœur élaborée au même endroit : Trois Rivières. Là aussi je repère des nouveaux venus, à commencer par une bouteille bien mise en valeur : le rhum blanc Cuvée anniversaire 355 ans (bien évidemment à 55% :)). Très bel habillage partiellement bleuté qui fait son impression. Le contenu n’est pas mal non plus, nous sommes sur un agricole bien plus typique que le Ter’ Rouj’ de tout à l’heure, marqué par la canne, relativement doux (l’attaque est même très douce) et frais. La finale assez longue est surtout sur des notes florales. Bref un blanc qui se défend.
Cependant, une question demeure : s’agit-il de l’habituel 55% de la maison avec juste un nouvel habillage ou bien est-ce une cuvée différente ? Si quelqu’un a, avec certitude, la réponse, qu’il n’hésite pas !

Deux nouveaux vieux : un single cask 1999 et le millésime 2000.
Le premier est une belle nouveauté. Vieilli en fût de cognac et du haut de ses 43%, il développe au nez des notes de fruits à coque, d’orange et un boisé fin très agréable. En bouche c’est plus sec et la finale est longue sur ce bois fin et l’amande. A mon goût.
Le millésime 2000, lui, est vieilli en fût de bourbon et est fini en fût de cognac. Le nez présente des similitudes avec le single cask, avec de la vanille en plus et un ensemble plus gourmand (sans doute l’influence du bourbon). La bouche est là aussi sèche, et le devient même de plus en plus. La finale, longue, est sur le boisé et le caramel. Il est pour moi un peu en dessous du précédent, mais les deux trouveront leur public à n’en pas douter.

Un peu de Guadeloupe 🙂

Continuons dans nos Antilles Françaises avec un arrêt éclair en Guadeloupe pour déguster le Séverin blanc 55%, pas de nouvelle recette/cuvée, juste une nouvelle étiquette. Mais je ne l’avais encore jamais dégusté.
Le nez est très frais sur la canne, agréable. En bouche c’est étonnamment sucré, ce qui le rend atypique. La finale est sur la canne et offre quelques arômes floraux en prime.
Bref, un bon blanc, si le côté sucré ne rebute pas. Moi je me dis que ça permet de n’y ajouter qu’un zeste de citron pour le ti punch 😉

To be continued…

One thought on “Salon Club Expert 2015 – La grand-messe de Dugas – Partie 1

  1. Pingback: Salon Club Expert 2016 – La grand-messe Dugas – partie 1 | Les rhums de l'homme à la poussette

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s