Dé-Gus’t-ons !

A ceux qui se posent encore la question : non, je ne me lasse pas de trouver les titres les plus pourris de l’histoire du titre.

Après l’article sur Twelve et leur premier embouteillage de rhum, la semaine dernière, nous continuons ce week-end avec un autre “petit” embouteilleur indépendant français : Le Gus’t. Direction Manosque afin d’en apprendre plus sur cette entreprise familiale et leur dernier rhum.

Bouteilles

Outre la dégustation de cette nouveauté, j’ai pu poser quelques questions au Gus’t pour savoir ce qui se cache derrière ce nom mystérieux, ainsi que la manière dont ils ont sourcé ce rhum pour le moins inhabituel. En effet, il s’agit d’un rhum de Guyane Anglaise, vieilli intégralement sous les tropiques en fût de Caroni ! Une première à ma connaissance.

En quelques mots, le Gus’t est donc une entreprise familiale qui semble aimer les bonnes choses de la vie. Après avoir développé, dans leurs magasins, un large choix de rhums et de whiskys, il leur a semblé naturel de créer leur propre gamme. De plus, ils ont la volonté de se rendre sur les lieux de production afin de rencontrer les artisans avec lesquels ils travaillent (plus facile à faire pour le vin et le whisky que pour le rhum).

Ils ont commencé par réaliser des embouteillages de whisky, et c’est en Ecosse à la recherche de fûts, que l’opportunité d’embouteiller un rhum est apparue. Ils jetteront ainsi leur dévolu sur un Uitvlugt tout juste débarqué dans la patrie du scotch, pour créer leur premier rhum Le Gus’t.

Pour leur second rhum, ils ont eu la chance de pouvoir acquérir un fût ayant intégralement vieilli au Guyana. Un ami importateur européen, allé sur place pour sélectionner des fûts, a permis cette prise rare. Ce n’est qu’au bout d’un an d’attente, qu’ils ont pu mettre le nez dans le fût, et ont été immédiatement conquis et impressionnés ; le vieillissement à la sauce Caroni n’y a pas été pour rien. Seules informations disponibles : année de distillation et nature du fût.

Lors de la mise en bouteille, s’est naturellement posée la question du degré d’embouteillage. Le choix est fait de proposer deux degrés différents : 46% et 61.6%. Brut de fût, ce rhum était à 67.8%, et ce n’est qu’après de nombreux essais qu’est adopté ce degré optimal, où la puissance, la complexité et le plaisir sont à l’unisson. C’est avec comme priorités d’avoir un bon alcool, un alcool de caractère et un alcool parfaitement intégré qu’ils mettent en bouteille après une réduction de quelques degrés et où, selon eux, il n’est pas nécessaire d’ajouter quelques gouttes d’eau à la dégustation.

réduit 46

Rhum Le Gus’t Demerara 2002 Caroni cask

Justement venons-y à la dégustation ! Avec pour commencer la version réduite.

Au nez, l’influence du vieillissement en fût de caroni est évidente. Un rhum de Trinidad qui serait de la branche cuir et fumée. Un profil plus gourmand mais aussi plus discret transparait sous ce voile caronien. Ces sont la vanille, l’orange et le sucre roux qui composent cette deuxième facette. L’ensemble est assez réussi et agréable, bien que l’on ait plus l’impression d’être face à un caroni qu’à un rhum de Guyane Anglaise. Les 46% sont assez présents, surtout dans un premier temps.

En bouche, il est plus sec que ce que le nez ne nous laissait penser. Ce sont à nouveau les arômes apportés par le fût qui se font remarquer. L’alcool est bien dosé. Les arômes gourmands sont relégués encore un peu plus loin au second plan. Et la toute fin de bouche (ou peut-être bien le début de la finale ^^) est très sympa, il s’y passe une sorte d’explosion empyreumatique.

La finale est très longue sur le modèle caroni, ce dernier se faisant moins gourmand et même doté d’une légère amertume.

Attardons nous maintenant sur cette version “Optimum proof”.

Optimum proof

Rhum Le Gus’t Demerara 2002 Caroni cask – Optimum proof

Au nez, commencez par vous en approcher avec prudence, sinon son haut pourcentage d’alcool va faire plus que simplement vous titiller les narines. Que lui apportent ces quelques degrés de plus ? Avant tout une plus grande vivacité mais aussi une richesse accrue. Bien qu’il soit dans la même lignée que la version à 46%, certains autres arômes apparaissent : fruits à coque et épices, et comme une légère impression pâtissière. Ceci étant dit, l’influence des fûts est là aussi nettement identifiable. Il a tendance à vous coller aux narines.

En bouche, quelques gouttes suffisent pour être envahit des notes caroni et finalement l’alcool n’est pas si puissant (tout est relatif 😊). Assez étonnamment il est moins sec que la version réduite et offre même une légère douceur. Ne vous trompez pas pour autant, c’est très concentré et gras. Là encore, à l’aveugle, j’aurais cru être en train de boire un caroni, un bon caroni.

La finale est très longue et un peu moins sèche que sur la version à 46%, et sans l’amertume de ce dernier. Sinon, c’est très proche.

Pour conclure, nous avons donc face à nous deux Demerara qui se font passer pour des Caroni, qui ne le font pas qu’à moitié et qui le font bien 🙂

Le Gus’t a déjà d’autres projets rhum (et whisky) dans ses bouteilles ; je vais définitivement garder un oeil de leur côté !

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