Rendez-vous désormais incontournable du printemps spiritueux : La Maison. Lundi 13 avril se tenait cet événement organisé par La Maison du Whisky, durant lequel étaient présentées de nombreuses nouveautés. Rhum, whisky français, whiskies d’Asie, distillats d’agave et bien sûr, moult whiskies du Royaume-Uni.
Oui, c’était le lundi de la semaine Rhum Fest, autant vous dire qu’entre La Maison, les Rhum Fest Awards et le Rhum Fest en lui-même, ce fut une semaine très chargée.
Dans cette première partie, je vous parle de rhum et de whisky, avec la France, l’Asie et l’Océanie.
Je l’indique ici : mon palais a “rapidement” souffert de l’alcool, sur certaines références (comme écrit sur des notes de dégustation), une vive sensation d’alcool, même sur certaines pourtant réduites. Y’a des jours comme ça…

Neisson Profil Équilibre – 52,5 %
Élevage oloroso et cognac
Nez : expressif, vivacité, boisé typique des ESB Neisson avec une facette un peu poussiéreuse, mouillée, le fruité compense en partie, évolue dans le bon sens
Bouche : même impression sans le « défaut »
Finale : longue sur ce boisé/fruité (au sirop)
Pas mal, pas exceptionnel
Neisson Soubwa – 49 %
Nez : plus classique agricole, ce qui n’est pas forcément un mal, plus gourmand, le boisé se fait beurré, agrumes
Bouche : alcool très bien, très homogène avec le nez. Un petit côté « fermé »
Finale : association entre cette gourmandise boisée et ce côté que je n’arrive pas à qualifier autrement que fermé
Plus à mon goût que l’Équilibre

Shakara 15 ans – 46,2 %
Nez : expressif, facile, très boisé mais très gourmand, le coco est très grillé, torréfaction poussée, vanille
Bouche : pareil, concentré sur ces mêmes arômes, avec un peu de tabac en prime
Finale : longue sur cette partition qui ne change pas, et tant mieux
C’est bien fait. J’aurais dû regoûter le 12 ans pour comparer.
Habitation Velier Chamarel 2017 – 63 %
Nez : expressif, côté vieille prune, jus de canne, boisé léger, atypique
Bouche : plus boisé, moins réussi selon moi
Finale : l’intensité baisse assez vite, trop végétal cette fois
Bof
Habitation Velier Foursquare 2013 – 60 %
Il s’agit du même jus que nous avions découvert il y a 10 ans, dans la première série de rhums estampillés Habitation Velier. Autrement dit, il a dix ans de fût en plus.
Nez : pas aussi expressif que d’autres mais ce qui sort du verre fonctionne bien dans ce style de Barbade 100 % pot still. Heureusement il garde une certaine gourmandise grâce au bois
Bouche : l’alcool se sent un peu mais ça va, pourrait être plus expressif mais même constat qu’au nez, on a la gourmandise du fût, avec ce jus pot still assagi
Finale : logique et homogène
Intéressant et plutôt réussi.

Vieux Casimir Single Cask 2008 – 50,8 %
Ce clairin (ainsi que le Vaval et le Sajous) ont été élevés en ex-fût de Caroni.
Nez : et comment après 8 ans, on peut garder la matière première ?! Le fût est quasiment absent. On garde le côté canne, le côté lactique
Bouche : on change un peu la donne, avec pas forcément plus de bois en tant que tel mais le jus est un plus discret, plus sage
Finale : c’est peut-être ici que le bois se sent le plus, mais par sa texture. Pointe de Caroni apparaît enfin
Intéressant mais pas plus plaisant que ça finalement.
Vieux Vaval Single Cask 8 ans – 47,3 %
Nez : pur jus mélangé à la taille de crayon et aux épices
Bouche : belle présence en bouche, concentré et qui fait se resserrer les papilles, saisissant, aromatiquement compliqué et presque un peu brouillon
Finale : longue mais pas plaisante
Mouais…
Vieux Sajous Single Cask 8 ans – 57,6 %
Nez : jus de canne sucré, hyper flatteur, pointe Caroni. Moins complexe que d’autres mais plus agréable
Bouche : exactement même constat qu’au nez, avec cette impression saisissante de jus de canne
Finale : propre, on garde notre jus de canne, et cette touche Caroni qui prend de la place au fur et à mesure
Très bon
Vieux Le Rocher Single Cask 9 ans – 51,4 % (ex-Mount Gay)
Vieilli en ex-fût de Mount Gay.
Nez : pur jus, olive, fermier, léger fumé
Bouche : sucrosité et même profil que le nez
Finale : longue, devient encore plus fermière et fumée
Il m’a bien plu aussi, dans un registre tout à fait différent.

Hampden Great House 2025 – 57 %
Assemblage de 4 marks de la distillerie.
Nez : plus complexe que beaucoup, on a bien la distillerie mais sous plusieurs facettes, fruits, noyaux, vernis, boisé, amande
Bouche : beaucoup de sucrosité, facile, alcool bien
Finale : longue, la suavité reste, intense longtemps, lacté
Bien ce Hampden.
Hampden LFCH 2021 Single Cask n°4 – 62,8 %
Fût de sherry et 100 % tropical
Nez : très fruité avant tout, à la fois exotique, fruits du verger, agrumes et amande
Bouche : sucrosité, qui parvient difficilement à assagir l’alcool, un peu plus de bois en gardant les fruits
Finale : la montée boisée continue, la longueur est certaine, laisse une texture sur la langue
Bon mais trop fort.

Armorik 10 ans Single Cask Fino – 52,1 %
Ces trois whiskies font partie de The Sherry Cask Quadrilogy. Vous l’aurez compris, il en manquait un à la dégustation (l’oloroso).
Nez : grande fraîcheur, beaucoup de fruits frais, droit, malt toujours présent
Bouche : rondeur, fruits à coque, vanille,
Finale : belle sensation
Il méritait plus d’attention, bonne impression globale.
Armorik 10 ans Single Cask Palo Cortado – 52,1 %
Nez : fin, léger, orge maltée, le fût n’a pas tellement marqué mais il a plutôt mis en valeur la matière première, quelques épices
Bouche : texture, rondeur et fraîcheur. Un ensemble assez étonnant qui fonctionne, pointe soufrée
Finale : rondeur vanillée presque pâtissière
Intéressant, original et bon.
Armorik 10 ans Single Cask Pedro Ximenez – 52,1 %
Nez : fruits confits et fraicheur, n’écrase pas le malt même s’il est un peu plus en retrait sur celui-là
Bouche : texture très grasse, encore assez fin malgré son vieillissement intégral PX. Suavité, fruits secs
Finale : suavité reste au départ, avant d’être plus cacao, retour du malt et pointe de vanille
Pas mal.
Série de trois réussie !

Version Française Silvae 2019 – 46 %
Le distillat vient de Warenghem où il a passé 4 ans en ex-fût de bourbon. Quatre fûts neufs d’essences de chêne différentes (breton, mizunara, américain et français pédonculé) ont ensuite été remplis pour une seconde maturation d’environ 3 ans et demi.
Nez : sur le bois neuf, les épices, la vanille, côté chaleureux, il faut lui donner quelques minutes après lesquelles le bois neuf décroît et où l’on récupère un peu de matière première
Bouche : texture huileuse, boisés variés, complexe, noix
Finale : gourmandise pâtissière vanillée, long
Très sympa pour cet âge-là

Alfred Giraud Horizon – 46,1 %
Nez : très sur le malt, quelques épices
Bouche : un peu plus chaud, très suave, toujours quelques épices, texture, léger poivre. Fin de bouche : bouffée très gourmande
Finale : épices, zeste d’orange, très légère note fumée
Alfred Giraud Éclat – 50,5 %
Nez : fraicheur et finesse, très abricot, agrumes
Bouche : sucrosité, alcool bien, texture tannique, vif
Finale : légère tourbe, la texture reste un moment, ainsi que la suavité
Intéressant, peut-être un peu trop suave, assez complexe

Nikka Frontier – 48 %
Nez : pomme, chaleureux, vanille, pointe fumée ?
Bouche : attaque très suave, peps, du corps
Finale : la tourbe ressort en finale
Bien foutu, rien à dire.
Miyagikyo 10 ans – 45 %
Nez : beaucoup de fruits du verger, fraîcheur de la pomme, certaine chaleur pâtissière, rondeur de l’abricot sec
Bouche : très homogène avec le nez, quelques épices en bonus
Finale : bouffée de fruits jaunes, léger torréfié qui arrive
Ça fonctionne.

Ki One Eagle – 43 %
Single malt en provenance de Corée.
Élevage en ex-fûts de bourbon
Nez : banane du bourbon, un peu de boisé taille de crayon, coco
Bouche : attaque sur la douceur,
Finale : très intense sur le boisé coco, long, un peu « trop »
Ki One Tiger – 46 %
Nez : expressif, un peu bonbon aux fruits, manque de finesse, sur les fruits confits
Ki One Unicorn – 46 %
Beaucoup de tourbe, grasse, toujours de la suavité
Peut-être le meilleur au final, le manque de finesse est ici moins gênant, bien que toujours présent.

Sullivans Cove Double Cask – 47,3 %
Single malt de Tasmanie.
Blend de 7 à 18 ans
Nez : fruits au sirop, pruneaux, cacao, épices
Bouche : plus sombre, torréfié, léger tabac, sucrosité (de manière générale j’ai trouvé beaucoup de douceur et de suavité sur bon nombre de spiritueux dégustés sur la journée)
Finale : on garde ce côté noir, qui se renforce même
Pas super fin mais agréable.
Sullivans Cove SC American Oak – 47,4 %
12 ans
Nez : beaucoup d’épices, bois neuf
Bouche : même chose et donc pas top
Finale : long sur le même duo
Non.
Sullivans Cove SC French Oak – 46,3 %
12 ans
Nez : trop de bois pour moi
Bouche : bois, épices, cerise à l’eau de vie, pas flatteur
Finale : décidément, non on reste sur ces notes-là
Sullivans Cove 16 ans SS – 47,6 %
American Oak à nouveau
Nez : pas le mieux avec trop de bois neuf une nouvelle fois, le côté cerise devient vieille prune, noyau, amande. Mieux que les 12 ans mais toujours pas ça
Bouche : bois, fruits en retrait (sinon j’ai marqué “épaules” mais alors là… aucune idée de ce que j’ai voulu dire)
Finale : étape la meilleure, beaucoup de gourmandise et plus d’équilibre même si nous ne sommes toujours pas dans un registre de finesse

Chichibu Umeshu cask – 61 %
Nez : belle intensité et assez attractif
Bouche : ma bouche souffre des hauts pourcentages, dur à décoder
Finale : courte
Chichibu bourbon peated – 65,9 %
La tourbe est très légère et s’accompagne d’un côté pâtissier, elle augmente déjà au nez avec du repos, puis en bouche, puis sur la finale pour finalement mener. Sucrosité ou c’est moi ? Décidément…

Quelques belles découvertes dans ce premier article et aussi quelques déceptions ou mauvaises surprises. Et puis au bout de quelques heures, je n’étais plus dans les meilleures conditions, ayant les papilles “brûlées” et trouvant régulièrement une suavité marquée. Y’a des jours comme ça…









