Après les purs jus officiels des distilleries, il est l’heure de se pencher sur les rhums sélectionnés/blendés/élevés par 4 embouteilleurs indépendants (terme un peu réducteur) français : Barlovento, Swell de Spirits, Ferrer et Famille Ricci.

Barlovento Héritage – 47 %
4 ans bourbon et 1 an Pineau des Charentes
Nez : le finish a vraiment modifié le rhum, le rendant plus complexe et plus gourmand
Bouche : exactement pareil en bouche
Finale : une vraie longueur et un toucher qui reste en bouche
Peut-être bien le meilleur rhum du Guatemala que j’ai dégusté.
Barlovento Collection Signature Double Finish Cask – 46 %
Ex-cognac et fût neuf chauffe très forte
Nez : on a bien sûr la trame du fût mais des fruits arrivent dont on ne sait où
Bouche : belle présence en bouche, ample, fruits secs, fruits à coque, torréfaction
Finale : tabac, bois

Swell de Spirits Foursquare – 55,9 %
Nez : grande gourmandise barbadienne, coco en tête. Avec sans doute quand même plus de pot still que sur les assemblages officiels mais j’imagine, un peu de colonne tout de même
Bouche : aromatiquement en ligne avec le nez mais il semble confirmer la présence de plus de pot, texture
Finale : longue, coco grillé, étonnamment asséchante
Swell de Spirits x Les Tontons Maltés – 56,4 %
Assemblage de TDL 2003 et de Monymusk 2010
Nez : très TDL, autant par une vapeur empyreumatique que par les baies. L’amande – qu’on a parfois sur la Jamaïque – arrive.
Bouche : c’est de nouveau Trinidad qui domine clairement
Finale : même constat sur la finale
Swell de Spirits Montebello 3 ans – 65 %
Ex-fût de bourbon en Guadeloupe puis quelques mois en œuf de grès en métropole
Nez : expressif mais pas sur des arômes qui me plaisent. Il y a de la rondeur, mais le bois n’est pas fin, l’ensemble ne paraît “pas uni “
Bouche : très suave, puissance ok
Finale : épicée
Pas mon truc
Swell de Spirits Bielle 3 ans en fût de Calvados – 67 %
Nez : beaucoup de caramel, pas de pomme, du miel, un peu de canne poivrée
Bouche : touche soufrée, texture grasse
Finale : bof
Non, ces deux agricoles ne me satisfont pas.
Swell de Spirits Long Pond 2007 – 69,5 %
13 ans sous les tropiques puis 7 ans de vieillissement continental
Nez : gourmand, entre boisé et fruits, très bien
Bouche : vif mais maîtrisé, confirme sa gourmandise bien concentrée accentuée par une touche de sel
Finale : longue et toujours hyper bien faite, un boisé fruité confit hyper bien fait, grosse vanille
Très bon
Swell de Spirits Galion – 54,1 %
Entre 4 et 5 ans
Nez : exubérance, vernis, fruits confits, cacao
Bouche : moins mon style après, sur cette trame “surchargeante”
Finale : interminable

Voici un “nouvel” embouteilleur. Derrière cette marque, Esteban Ferrer, ex-famille Ricci qui lance donc sa propre marque. À noter qu’ils proposent également des cognacs, que je n’ai pas goûtés.
Ferrer Nicaragua 5-20 ans – 43 %
30 % de 20 ans dans l’assemblage
Nez : fraîcheur et gourmandise plus sombre, sucre roux, noisette
Bouche : même chose, assez classique mais on croit comprendre et détecter les différents âges
Finale : pas très longue, peut-être un peu simple
Ferrer Thaïlande 4-23 ans – 46 %
30 % de 23 ans dans l’assemblage
Nez : boisé, noix de coco, vanille, torréfaction
Bouche : concentrée sur l’acétone, la noix de coco
Finale : toujours homogène et toujours agréable
Ferrer Jamaïque 3-8 – 49 %
Long Pond et Hampden DOK
Nez : très expressif, pomme, lacté, épices, taille de crayon, amande
Bouche : tout à fait en accord avec le nez. Alcool bien dosé
Finale : long, plutôt sur les esters et juste une touche de bois

Ferrer New Yarmouth 1994 – 58,5 %
Nez : un coco boisé intense et chaud, sur ces NY distillés sur colonne gourmands et concentrés
Bouche : pareil, texture, alcool parfait
Finale : sombre, coco grillé, tabac, vanille grasse
Très buvable
Ferrer Trinidad – 2009 – 61 %
Nez : tendance Caroni, fraîcheur herbeuse, fruits des bois
Bouche : vif, salé, concentré
Finale : long, empyreumatique avant tout, vanille et encore un peu de baie
Pas tant que ça dans le profil qu’on a beaucoup retrouvé chez les IB
Ferrer Salvador 2006 – 59 %
Nez : gourmand, torréfié, une note très surprenante de framboise (yaourt framboise ?), boisé, caramel, fruits à coque
Bouche : sel, et mêmes arômes qu’au nez
Finale : le boisé se concentre et le sel reste
Bien et original

Famille Ricci revient avec de nouvelles références pour une gamme resserrée.
Famille Ricci Dulce – 42 %
Belize/Nicaragua
Nez : gourmand sans écœurement, caramel, léger torréfié
Bouche : vif, gourmand, des fruits et du miel, suave (mais pas de sucre ajouté)
Finale : sucrée sans excès, moyennement longue
Famille Ricci Festin – 42 %
Même base que le précédent avec Jamaïque et Galion en plus
Nez : la Jamaïque ressort beaucoup
Bouche : l’équilibre se fait mieux, même si les deux nouveaux éléments sont très présents, suave
Finale : longue
Famille Ricci Fruity Bomb – 42 %
Jamaïque, Galion, Espagne
Nez : comme son nom l’indique
Bouche : un peu moins intense, et tant mieux, les esters sont bien en place mais adoucis et arrondis par le rhum espagnol
Finale : longue et toujours fruitée
Petite préférence pour le Dulce et le Fruity Bomb.

Famille Ricci Long Pond 2018 – 60,1 %
Nez : chimique, un peu agressif (pas en alcool)
Bouche : saisissante sans être agressive, mieux que le nez
Finale : empyreumatique et fermière, meilleure étape
Famille Ricci Unique blend 9 – 54,4 %
Trinidad 2008, Jamaïque 2006 et Nicaragua 2004
Nez : bien, équilibré, gourmand, complexe
Bouche : pareil, très bien, suave, puissant (bien dosé), il se passe pas mal de trucs
Finale : assez longue, un peu plus brouillon
Famille Ricci Unique Blend 10 – 56 %
Hampden 2014, Trinidad 2003 et Barbade 2009
Nez : noix, torréfié, du fruité, caramel
Bouche : un peu vif quand même mais des arômes gourmands et beaucoup de sucrosité
Finale : le sucre reste, la noix revient, le boisé monte
Famille Ricci x Rhum Fest 2026 – 55 %
Nez : DOK (esters en pagaille), beurre et un peu boisé
Bouche : alcool bien, moins de beurre plus de bois et toujours beaucoup de DOK
Finale : longue
Avec la vingtaine de rhums de la première partie, cela fait grimper le compte de rhums dégustés sur ce Rhum Fest 2026 à une quarantaine. Beaucoup de variétés et un bon paquet de nouveautés.
Une belle édition du Rhum Fest Paris, qu’il ne fallait pas manquer – et je ne suis pas le seul à le dire, beaucoup d’exposants ayant été enchantés par la curiosité et la concentration des visiteurs.
Bref, à l’année prochaine !









