Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky

Il y a quelques semaines de cela était organisée une série de masterclass dans les deux boutiques de La Maison du Whisky pour présenter leurs nouveautés de la rentrée. Laissez-moi vous raconter ce que j’y ai découvert.

— LMDW Festival des Nouveautés : Rhums nouvelles frontières —

Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Chalong Bay High Proof
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Nine Leaves 2016
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Mhoba Bushfire

Je ne vous apprends rien, les festivals cette année, ce n’est pas la panacée… 😢 Alors distilleries et distributeurs contournent le problème et trouvent des manières originales de pouvoir faire découvrir leurs nouveautés. Un excellent 👍exemple est celui de La Maison du Whisky – LMDW, qui, privée de son salon phare, le Whisky Live Paris, a dû faire preuve de créativité pour communiquer sur les sorties de cette rentrée 2020. Deux axes ont été explorés : des masterclass en ligne, avec envoi d’échantillons mais également des dégustations aux deux adresses de la marque, les whiskies rue d’Anjou et les rhums à Odéon.
Billets en main 🤚, j’ai pu assister à trois de ces dégustations à thème, avec pour commencer ces articles dédiés, le line up Nouvelles Frontières.
Cinq rhums au programme, qui nous emmènent sur trois continents : Amérique du Nord, Asie et Afrique.
Commençons par la distillerie en vogue aux Etats-Unis 🇺🇸, Privateer et leur rhum blanc, le New England White Rum (40%). Voyons voir si la hype qui entoure ce nouvel acteur rhumesque est justifiée. Un nez très neutre, avec peut-être une légère pomme 🍎, ainsi que… ah non, c’est tout. En bouche, la texture est plutôt sympa et… c’est tout. La finale n’est pas si courte que ça mais pas non plus agréable. Punaise…Pour continuer notre découverte de la distillerie du Massachusetts, tournons-nous maintenant vers un vieux, le Navy Yard (53.9% – à noter qu’il ne s’agit que de single casks). Au nez, du chêne, du chêne et aussi un peu de chêne 🌳 ; oui ça fait vraiment bourbon, avec la simplicité et la relative gourmandise qui en découlent. Autant l’alcool est discret au nez, autant il ressort en bouche et niveaux arômes, c’est encore le fût qui ressort avec ses notes de vanille, de banane, de coco 🥥 et de bois neuf. Même chose sur la finale. Un rhum pas très rhum mais plutôt bourbon. Je ne m’y connais pas assez en bourbon pour vous dire s’il est bon.
On passe de l’autre côté du globe avec un rhum pur jus de canne qui nous vient de Thaïlande 🇹🇭 : le Chalong Bay high proof (57%). On connait Chalong Bay pour sa version à 40% et ses rhums infusés aux épices locales, qui l’une comme les autres ne font pas l’unanimité. Au nez nous sommes sur une canne fleurie et fruitée, avec une pointe de… sauce tomate 🍅. Il offre une belle intensité et une bonne puissance. En bouche, il est un peu plus costaud mais sans excès et c’est la canne qui domine. Une légère sucrosité se remarque, ainsi qu’une touche marine/métallique 🏗 (comme assez souvent sur les purs jus de canne distillés sur alambic). La finale reste sur la canne fleurie et végétale cette fois, puis on retrouve cette pointe métallique. Pas mal ce Chalong Bay à haut voltage ma foi, les degrés en plus lui apportent vraiment quelque chose. Quant à savoir comment ils ont fait pour sortir du pays un rhum à plus de 40% (législation thaïlandaise), mystère.
Restons en Asie pour aller au Japon 🇯🇵 et plus précisément à la découverte du dernier né de chez Nines Leaves, le 2016 (66.6%) sorti pour Velier. Un nez atypique où l’on retrouve la signature Nine Leaves. On y trouve du bois, des fruits (dont des fruits secs), des notes pâtissières et légèrement citronnées 🍋. En bouche, c’est très puissant et j’ai été dérangé par une note souffrée (venant sans doute d’un des fûts utilisés pour le vieillissement). On y a mis quelques gouttes d’eau, ce qui permet de faire sortir une certaine fraicheur, mais aussi malheureusement le souffre (en bouche et au nez). Déception sur celui-ci, d’autant que j’avais beaucoup aimé ❤️ la version pour les 70 ans de Velier et que mon premier contact avec ce rhum à La table du loup était plutôt positif.
Et on termine avec l’Afrique et MHOBA RUM🇿🇦, distillerie d’Afrique du Sud, qui travaille le pur jus de canne. Ce Bushfire (55%) est travaillé avec des morceaux d’un bois local, ce qui va lui procure un caractère très particulier. Au nez cela donne un mélange entre jus de canne, cendre et barbecue 🔥 ; c’est très étrange mais ça marche plutôt bien. En bouche, même topo avec les braises éteintes qui dominent. Sur la finale c’est cette facette cendrée qui prend toute la place et qui va marquer le palais pendant un long moment. Je ne sais pas exactement le modus operandi pour obtenir ce profil si marqué, alors peut-être que Knud Strand pourrait nous éclairer 💡
Et voilà, c’est la fin de ce premier line-up des nouveautés de LMDW, à bientôt pour la suite, avec Haïti 🇭🇹 !

— LMDW Festival des Nouveautés : Haïti —

Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Rum Providence
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Vieux Sajous
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Clairin Communal Ansyen
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Clairin Sajous Ansyen sélectionné par Guillaume Drouot

Après les rhums de provenances atypiques, direction Haïti 🇭🇹 pour la seconde dégustation des nouveautés La Maison du Whisky – LMDW à la boutique La Maison du Whisky – LMDW. Au programme, du blanc, des élevés sous bois et un vieux.
Providence 57%
Il s’agit bien d’un rhum et non d’un clairin et c’est le résultat de l’association 🧩 entre la famille Barbancourt-Linge, Velier, LMDW et Michel Sajous. La matière première ici est principalement du sirop de canne mais y est ajoutée une petite quantité de pur jus. Assez plaisant au nez, assez facile, le pur jus lui apporte de la fraicheur ❄️ et des notes de canne à tendance florales. S’en dégage aussi malheureusement une touche métallique. En bouche, la canne est plus présente et l’on trouve un bon équilibre entre sucrosité (impressionnante), fraicheur et puissance. La finale est à dominante végétale et la pointe métallique 🥄 refait surface. Pas mal ce Providence (first drops) mais pas révolutionnaire.
Vieux Sajous 50.6%
Voici le premier clairin vieux (qui du coup n’en est plus un 🤔), qui aura passé 4 ans en fût. Des fûts de toutes natures : bourbon, Caroni, whisky… qui ont été assemblés avant embouteillage. Comme lors de ma première rencontre avec ce spiritueux, j’y ai trouvé une grosse gourmandise pâtissière 🍰 vanillée et toute bourbonnesque. Heureusement il offre une certaine fraicheur poivrée et citronnée/orangée 🍋🍊 qui donne bien le change. Légère poudre à canon en prime ? Oui, discrète. La bouche, malgré l’alcool un peu fort, est étonnamment facile et c’est sans doute lié à l’attaque très douce. La finale est moyennement longue et là encore influencée par les ex-fûts de bourbon. Après un court moment, on trouve le côté végétal 🌿 de la canne. C’est quand même plutôt bon cette petite crasse – comme dirait l’autre 🙂
Clairin Communal Ansyen 49.3%
Rappelons que le clairin Communal est un blend des quatre clairins : Sajous, Vaval, Casimir et Le Rocher ; ici sur une version vieillie un peu moins de deux ans. Au nez, on retrouve tout de suite sa nature de clairin, végétale, fraiche et sauvage 🐅 mais partiellement domptée par le temps, avec l’apport de beurre et de vanille. En bouche, on est à nouveau sur cette nature double de clairin blanc mais assagie et adoucie, avec en bonus l’apparition de poivre. Sur la finale une note fumée 💨 surgit, peut-être Le Rocher qui laisse son empreinte. Pas mal ce Communal “élevé sous bois”, il répond bien à la définition de cette catégorie : on ne perd pas l’alcool blanc mais le fût marque déjà son influence.
Sajous Ansyen 55.5%
Ce clairin a passé 29 mois en ex-fût de Sherry.
Au nez son profil est assez boisé avec une sympathique note de fruits à coque. On l’imagine gourmand malgré une certaine astringence que l’on devine. En bouche, le Sherry a bien marqué et on obtient un résultat “sucré” 🍭, onctueux, ainsi que relativement puissant par ailleurs. La finale toujours sur cette sucrosité est assez tannique et légèrement soufrée. Pas mon préféré, avec une disparition totale de l’alcool blanc.
Sajous Ansyen 54.2%
Les 37 mois passés en fût de rhum ont plu ❤️ à Guillaume Drouot, qui a sélectionné ce fût. Au nez, malgré son plus grand âge, on est face à un clairin dans toute sa fraicheur, allié à un boisé vanillé gourmand. En bouche, même topo, avec une attaque vive de clairin, alliée à une franche sucrosité. Ensuite, il s’arrondit sur le milieu de bouche. On garde sa double ♊️ nature jusqu’à la finale, avec une influence gourmande et vanillée du fût et une relative astringence végétale du distillat. Bien joué Guillaume, belle sélection !
Le Rocher Ansyen 48.6%
Toujours un vieillissement en fût de rhum pour celui-ci mais un petit mois de moins. On change totalement de registre, ce qui est assez normal tant Le Rocher est unique. Au nez : intense, fermier 🐮🐷, légèrement fumé avec des arômes d’olive et de beurre rance. En bouche les notes fermières et fumées prennent en assurance, alors qu’une certaine sucrosité (encore !) se fait remarquer. Ce sont l’olive et le fumé qui mènent cette finale vers une belle longueur. L’alien 👽 de ce line-up haïtien que ce Rocher Ansyen 🙂
Et voilà pour cette sélection éclectique en provenance d’Ayiti !

— LMDW Festival des Nouveautés : Hampden —

Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Hampden Great House 2020
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Hampden LFCH
Les nouveautés 2020 La Maison du Whisky – Hampden LROK

Ultime étape dans mon périple découverte des nouveautés de La Maison du Whisky – LMDW : la Jamaïque 🇯🇲, avec une distillerie emblématique de l’île, Hampden !
Cette année encore, nous allons être abreuvés de single casks en provenance de Trelwany et cette année encore, les collectionneurs, amateurs de sensations fortes et autres spéculateurs 💷💶 vont se jeter dessus. Les raisons de s’intéresser à ces rhums sont nombreuses mais moi, ce qui m’intéresse c’est le goût 👅👃, alors voyons voir si, pour moi, ils sont au niveau ! Retour donc à La Maison du Whisky – LMDW en compagnie de Benoist afin de déguster le nouveau Great House et quatre fûts uniques à sortir.
Hampden Great House 2020 – 59%
Au nez, il semble très abordable, sur un joli mix entre notes fruitées, beurrées, végétales 🌿, avec de l’olive et de l’amande. La puissance, maitrisée au nez, ressort un peu bouche, qui reste sur le fruité 🍍🥭 et offre une légère sucrosité. La finale, moyennement longue, s’exprime principalement sur le végétal et l’empyreumatique, avec des pointes beurrée et d’agrumes.
Comme son prédécesseur, on demeure sur un Hampden facile et agréable, même si j’ai trouvé l’alcool un peu marqué 🔥 en bouche.
Hampden OWH 8 ans fût 662 – 59.9%
Au nez, c’est le fût qui ressort ; il a bien marqué le -relativement discret – distillat pour un résultat pâtissier et très bourbon 🥃, avec une touche d’amande amère. La bouche, vive, offre un certain équilibre entre le jus et le fût, mais c’est encore ce dernier qui l’emporte. Sur la finale, gourmandise, puissance et amande demeurent.
Il est plutôt réussi mais on est bien loin de l’image 🖼 que l’on se fait d’Hampden.
Hampden OWH 8 ans fût 667 – 61.7%
Son nez est plus puissant que sur le fût 662 et la gourmandise est ici atténuée (ou équilibrée) par un aspect végétal. En bouche, il est définitivement moins bourbon et moins pâtissier 🥧 que le précédent, mais se fait plus fruité, plus végétal et plus boisé, dans le sens “goût de bois”. La finale est longue et alors qu’un équilibre se créé dans un premier temps (boisé, végétal, fruité, pâtissier s’allient), puis le bois 🚪 l’emporte. Pas mon préféré celui-là.
Hampden LFCH 9 ans – 60.3%
Cette fois-ci, on se rapproche de l’identité Hampden (en tout cas l’idée que je m’en fais). On a un peu de tout – comme sur la finale du précédent – dans une belle entente, avec en prime de l’olive et des agrumes 🍊🍋. En bouche, l’équilibre perdure entre tous ces composants (et même un peu de poivre), qui sont portés par un alcool puissant mais maîtrisé. La finale ne fait que confirmer cette belle identité, à laquelle vient s’ajouter une légère touche empyreumatique. Il m’a beaucoup plu ce LFCH, sans doute même mon préféré ❤️ de cette sélection.
Hampden LROK 10 ans – 62.5%
Il n’y a pour l’instant pas plus vieux 👴 Hampden vieilli sur place (mais ça viendra). Bon, là on est en plein dedans ! Un nez sur les fruits trop mûrs et cette âcreté caractéristique, de la vanille, du beurre – dont on se demande s’il ne faudrait pas le jeter – et un côté végétal frais ❄️, voilà ce qui définit le nez de ce rhum. Ce sont les fruits, alliés à une certaine astringence qui marquent la bouche, tandis que la finale, très longue, devient fermière 🐄 et légèrement fumée. C’est sans doute celui qui ravira le plus les amateurs de sensations fortes et d’esters !
Et voilà pour cette très attendue sortie groupée de la rentrée. Bon courage pour ceux qui voudraient les tous attraper, que la pokeball soit avec vous 🙏 !

Voilà, on a fait le tour. Je n’ai pu TOUT goûter, par exemple les Caroni Employees 4 me sont passés sous le nez. En revanche, si vous aimez Neisson, vous serez intéressés par jeter un oeil à ce que j’ai pensé de leurs nouveautés 😉

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