Soirée éphémère avec Luca Gargano – partie 2 : l’aventurier

Nous avons vu que les convives de cet événement ont pu déguster de très belles choses, mais pour moi, là n’a clairement pas été l’intérêt principal de cette soirée. Ce qui a fait de ces deux heures un moment inoubliable (du moins pour moi), c’est Luca Gargano lui-même, ses innombrables anecdotes et aventures ainsi que la manière qu’il a de les raconter.
Je le vois donc là derrière la table où la dégustation de déroulera. La cinquantaine, les cheveux grisonnants, tenue décontractée… Vous avez demandé la classe, ça tombe bien, elle vient d’arriver d’Italie :).
Lui-même
Il se présente brièvement puis nous explique le déroulement de la dégustation.
Je crois qu’à partir de ce moment-là, j’ai eu un sourire un peu niais et ce jusqu’à la fin de la soirée.
C’est à cet instant que la soirée commence ; non pas la dégustation en elle-même mais les histoires de Luca. Il est absolument captivant à écouter raconter son Expérience, ses expériences rhumesques, que ce soient ses rencontres avec de grands personnages du rhum (dont Yesu Persaud évidemment, l’homme qui lui a permis de choisir certains fûts de demerara chez DDL) mais pas seulement (Fidel Castro par exemple) ou encore son parcours professionnel et passionnel.
D’une certaine manière, il apparait comme une espèce de golden boy du rhum ^^.
Il débute sa carrière très tôt (18 ans) et se fait immédiatement remarquer. Il fait ses armes chez Saint James où il remporte un concours de commerciaux et part en Martinique tous frais payés dès la première année. C’est à ce moment qu’il tombe amoureux, non seulement des Antilles, mais aussi du rhum (et des antillaises ;)).
C’est quelques années plus tard, à l’âge de 27 ans, qu’il rachète Velier, alors une petite entreprise, dont il va tourner l’activité vers les rhums. Il commencera dans un premier temps par importer des marques en Italie/Europe. Puis il passera à la sélection, au vieillissement et à la mise en bouteille de ses rhums à la fin des années 90.
Si il y a bien quelque chose qu’il est impossible de ne pas percevoir c’est bien sa passion pour le rhum et les hommes qui le font. Il a un profond respect pour ces visionnaires qui se sont engagés à l’aveugle dans le vieillissement de leurs rhums ; ces hommes qui ont fait le pari de faire vieillir très longtemps certains de leurs millésimes sans aucune assurance du résultat et qui nous offrent aujourd’hui parmi les plus beaux rhums au monde.
Que dire encore de cette aventure extraordinaire qu’a été la découverte de la distillerie Caroni, laissée à l’abandon mais encore pleine de trésors inestimables. Il s’était alors mis en tête de visiter énormément de distilleries partout dans le monde pour son projet d’écriture (qu’il nous a confié en train d’être finalisé, j’ai hâte !). Arrivé à Trinidad, il se met à la recherche de la Caroni, se rend à l’endroit où elle est censée se trouver et arrive devant un « champ d’herbes hautes » qui masque partiellement une clôture et un portail fermé. Ce ne sera qu’après avoir discuté avec la « gardienne » des lieux, qu’il comprendra ce qui se passe : la distillerie est fermée et il devra aller voir les autorités pour avoir la permission d’y rentrer puis d’acheter une partie des fûts y étant toujours stockés, en effet, ils étaient encore là, dormant (et vieillissant). Ces fûts sont les derniers de Caroni jamais produits et il n’y en aura pas d’autres. Autant dire que si vous aimez ces arômes très particuliers et très marqués de tabac et de cuir (boite à cigare comme on dit), vous avez intérêt à ne pas laisser passer les bouteilles encore disponibles !
A noter aussi les photos qui habillent ces bouteilles, il s’agit des photos prises lors de la découverte de l’endroit et qui immortalisent d’une certaine manière ces moments incroyables 🙂
Je n’ai que celle-là à la maison mais d’autres arborent des photos des herbes hautes citées plus haut (oui cette légende est un peu longue :P)
Il en va de même pour sa dernière “folie” en date, les clairins d’Haïti, pays magnifique de par son aspect sauvage et presque originel. Il lui faudra plusieurs heures de pistes pour parvenir jusqu’à une distillerie perdue dans la nature et pouvoir charger à la main les fûts dans le 4×4.
Rencontrer l’homme à l’origine (ou plutôt à la conclusion) de mes rhums préférés fut un véritable privilège et un grand plaisir. Je suis heureux d’avoir pu le remercier d’être la raison pour laquelle je me suis intéressé à des rhums de qualité et ce depuis la dégustation de son UF30E.
La bête !
Je le refais ici : merci Monsieur Gargano !

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