L’exploration continue – Partie 2

Nous revoilà donc en ce début d’année 2014, pour retracer mon parcours sensoriel 🙂
Je vous avais laissé sur ma découverte du rhum blanc.
S’en ai suivi une période où j’étais à la recherche de sensations fortes et donc de bruts de fûts.
L’habituelle formule prononcée en arrivant chez A’Rhûm :
“Je cherche un un brut de fût qui soit atypique.”
Ils m’avaient déjà joué la carte Caroni quelques semaines auparavant, il a donc fallu trouver autre chose.
Mieux vaut être préparé !
Aurélien me parle alors d’une bouteille qu’il apprécie particulièrement et qui en effet répond parfaitement à mon envie du jour. J’essaye quelques rhums et en arrive à la bouteille en question : le Fijian 9 ans de chez Berry Bros (embouteilleur anglais plus connu pour ses whiskys). Déjà, un rhum des Fidji, jamais goûté jusque-là, je suis donc déjà intéressé.
Il me verse un verre. Au nez, tout sauf de la douceur ; l’alcool est présent, il a quelque chose de floral sur le capiteux ; sont également assez présentes des notes d’encaustique (oui ça fait pas forcément rêver je sais) et un côté minéral. Bref, compliqué, intéressant, pas très flatteur et puissant.
En bouche, c’est du costaud ! Le nez nous le laissait présager, ça se confirme, et pas qu’un peu.
Il y a beaucoup de choses à décoder, une fois la puissance de l’alcool atténuée – personnellement je serais bien dans l’embarras si je devais faire des notes de dégustation sur ce rhum. Ce que je peux dire c’est que la complexité et l’évolutivité sont ses grandes forces (bien sûr le côté brut de fût vient accentuer ces traits). Pour ne rien gâter, le final est très long et plus doux.
C’est un rhum à boire avec parcimonie. Ma bouteille se vide lentement, il faut que je sois d’humeur adéquate pour le boire et dans ces moments-là j’ai toujours autant de plaisir à le déguster.
Ça c’est fait !
Mais ça n’a pas étanché ma soif (haha) de sensations fortes. Deux semaines plus tard, je vais chez Christian de Montaguère. C’était ma deuxième visite des lieux.
Avant de passer à mes achats du jour, laissez moi vous parler un peu de cette boutique.
Première chose qui saute aux yeux : c’est spacieux !
Ne serait-ce que du fait qu’elle soit sur deux étages (rhums vieux et gastronomie antillaise au rez-de-chaussée, rhums blancs, rhums arrangés, produits de beauté – uniquement des caraïbes – et livres au premier étage) aide à rendre l’endroit plus aéré. Heureusement que les rhums vieux sont au rez-de-chaussée, parce qu’avec la poussette, pas évident de monter ^^
Le lieu porte bien son nom : “Christian de Montaguère – L’art de vivre aux Caraïbes”. Il est très agréable d’y aller pour le rhum et d’en ressortir non seulement avec une bouteille (voire plus, selon la capacité de chargement de la poussette :D) mais aussi avec un livre, une boite de pâtes de fruit (que je recommande chaudement) ou encore un petit pot de pâte de piment, le tout sur fond de musique des îles.
Je reviendrai sans doute plus longuement sur cette boutique dans un futur article.
Me voici donc pour la seconde fois dans le temple des produits caribéens. Première chose : cela fait plaisir d’être reconnu (bon la poussette doit aider là aussi :)) et d’être traité comme un habitué dès sa deuxième visite.
Je commence par regarder les bouteilles en exposition. J’aime toujours me livrer à ce petit exercice, pour le plaisir des yeux mais surtout pour apprendre.
Rapidement on me demande si j’ai besoin de renseignements. Il se trouve que quelques jours auparavant j’avais lu plusieurs articles sur la marque l’Esprit et que ce que j’en avais lu m’intriguait beaucoup : un embouteilleur indépendant français (basé à Rennes) qui fait chacun de ses rhums en deux versions, brut de fût et réduit à 46° (oui ça reste raisonnable :)). Si vous vous souvenez, j’ai pu le rencontrer, ainsi que son épouse, lors du Rhum Fest et ça n’a fait qu’encore accroître mon engouement pour cette marque !
“Fumé”
“Sucré”
Je demande donc si les bouteilles de cette marque sont en dégustation (je savais qu’elles étaient en vente, les ayant vu sur les étagères). Bonne nouvelle : c’est le cas de trois d’entre elles en brut de fût.
Je goûte donc l’Epris du Brésil, qui non sans être intéressant, n’était pas dans mon envie de puissance du moment, étant trop léger et d’une certaine manière, trop frais. Je passe ensuite au Don José du Panama : un équilibre très intéressant entre l’alcool et le côté sucré, je prends ! Et enfin, le Black Rock (rien à voir avec World of Warcraft) de la Barbade. Une surprise m’attend et elle me saute à la figure dès que j’hume le liquide doré : il se dégage de ce rhum des notes fumées. Ce n’était définitivement pas quelque chose avec lequel j’étais familier sur des rhums ; sur des whisky oui mais pas sur des rhums. Cet aspect “tourbé” se confirme en bouche. Un truc que je ne connais pas, intéressant et agréable, pas le choix : je prends !
Un peu pareil que le Fidjian : je dois être dans les bonnes conditions pour le boire et quand c’est le cas, c’est le pied 🙂
Résultat des courses : trois bruts de fût en deux semaines. Bien ça !
Nous voilà fin février et deux achats pointent encore le bout de leur nez.
Retour chez A’Rhûm.
Après les politesses, nous en venons aux questions traditionnelles : envie du jour et budget.
“Je voudrais essayer des rhums différents que ce que j’ai actuellement à la maison, sur des prix aux alentours de 50€”.
Il faut que j’essaye le haut de gamme
Ce jour-là j’ai pu essayer beaucoup de choses différentes (c’était un peu l’idée faut dire ^^).
Pour commencer le Chamarel V.O. Mon second rhum de l’Île Maurice, le premier était le New Grove 8 ans qui m’avait laissé un bon souvenir. Rétrospectivement, je ne sais pas trop pourquoi j’ai acheté cette bouteille 😀 Ou plutôt, si, je sais pourquoi mais je n’estime pas que ce fut une bonne raison. Je venais de faire la connaissance du rhum agricole et je voulais en savoir plus mais sans vraiment me lancer complètement. Or ce rhum est un agricole, mais à double distillation, ce qui a tendance à modifier le goût et à masquer, sinon à supprimer, les caractéristiques gustatives particulières des rhums réalisés à base de vesou. Rester le cul entre deux rhums n’a rien amené de bon, ni de mauvais à vrai dire ; ce Chamarel n’est juste pas franchement à mon goût, ce qui ne m’empêche pas de vouloir goûter les versions vieillies plus longuement.
Il va falloir que je l’ouvre ^^
Le même jour et dans un autre style un rhum Jamaïcain de l’embouteilleur indépendant Renegade. Maison britannique plus spécialisée en whiskys mais qui s’est frottée à un certain nombre de rhums avec succès. Mes souvenirs sont désormais assez lointains comme je n’ai toujours pas ouvert cette bouteille. Mais mes notes de dégustation (ben oui, parce que je prends des notes de dégustation et elles s’avèrent très utiles, je conseille tout le monde qui se lance dans ce genre d’aventure de faire de même, dès le début) de l’époque indiquent : fruité, pierre à fusil et légèrement fumé. Je dois dire que sur le papier, si en effet ces arômes sont là, alors il va drôlement me plaire et confirmer mon impression lors de mon achat. Je vous tiendrai au courant 🙂
Et pour finir, une bouteille que j’ai terminée très récemment : le Mount Gay Extra Old de la Barbade.
Juste bien 🙂
Alors non, les petites malins au sens de l’humour discutable, je vous arrête tout de suite, ça n’a rien à voir avec deux cow boys isolés sur une montagne.
Mount Gay et la plus ancienne marque de rhum encore en activité (depuis 1703 au moins) dans le monde. Leur gamme est composée de 5 rhums : le Silver (leur rhum blanc), l’Eclipse (bonne base à cocktail selon moi), le Black Barrel (que j’avais pu goûter au rhum Fest et qui ne m’avait pas laissé une grande impression avec un goût de banane trop présent), l’Extra Old et enfin le 1703 (leur haut de gamme pour un peu plus d’une centaine d’euros la bouteille).
C’est le côté classique mais sec qui m’a plu chez le Extra Old, on y retrouve des arômes boisés mais sans le sucre présent sur beaucoup d’autres références. De plus, il plait aussi beaucoup aux gens qui ont déjà un pied dans les spiritueux mais qui ne connaissent pas le rhum en particulier.
Un confrère amateur me disait récemment qu’il trouve ce rhum un peu écœurant à terme ; d’un certain côté je suis d’accord et je recommanderais de ne boire que de très petits verres. Je ne pourrais pas passer la soirée juste avec cette bouteille. En revanche boire un ou deux centilitres de ce rhum parmi d’autres, alors là je dis oui !

2 thoughts on “L’exploration continue – Partie 2

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