Mon Rhum Live 2016 – partie 2

Nous avoilà donc à la seconde partie, la seconde journée et la seconde série de dégustations de ce Whisky Live 2016 à Paris.

Elle s’est pour ainsi dire exclusivement passée dans la partie VIP (pas de VIP le lundi donc ouverte à tous). C’est là qu’étaient disponibles les rhums (et autres joyeusetés à haut degré d’alcool) embouteillés pour les 60 ans de la Maison du Whisky ; et il y en avait un paquet. Trop pour pouvoir prendre des notes exhaustives et détaillées pour chacune de ces bouteilles. Je vais donc être très rapide sur certaines et un peu moins sur d’autres. La manière dont j’ai fonctionné ici était plus au coup de cœur et moins à l’analyse.

Aller, on s’y jette (et on s’en jette un petit par la même occasion).

Commençons par cette gamme, qui a fait soulever plus d’un sourcil de curieux : Transcontinental Rum Line. Sur le papier, pas mal du tout : du brut de fût à petit tirage sur des distilleries connues. A noter qu’elle se compose de six rhums mais que le Diamond avait disparu dans d’atroces souffrances la veille.

Nous suivons l’ordre de dégustation conseillé par la personne de l’autre côté du comptoir et débutons donc par le Panama 2010. Et ne passons pas trop de temps dessus, je ne lui ai rien trouvé d’intéressant, si ce n’est peut-être son côté fumé sur la finale. Voilà, voilà…

Second arrêt de cette croisière rhumesque, la Jamaïque, mais une Jamaïque à tendance gourmande (surtout au nez) et par trop typée, avec le Worthy Park 2006. La poire et la banane sont assez impressionnantes au nez. En bouche, il est plus sec que l’on pouvait s’y attendre et l’alcool est assez présent. La finale est à dominante empyreumatique et je lui ai trouvé une touche… fromagère, ben ouais. Pas mal du tout ce rhum.

On part ensuite en Guyane Anglaise et donc dans la région du Demerara, avec cet Uitvlugt 1998. Je n’aurais pas du tout reconnu de quoi il s’agissait à l’aveugle. Empyreumatique et végétale et une finale sur un brûlé assez sympa. Ouais bon, ne casse pas trois pates à un canard.

Et hop, retour en Jamaïque mais cette fois-ci chez Hampden, avec ce millésime 2000. Un nez très lacté et très Hampden. En bouche, lui aussi est végétal et légèrement piquant. La finale est très longue sur des notes grillées en plus des autres arômes. Il se défend vraimùent bien, surtout son nez.

Dernier arrêt à la Barbade pour un… Foursquare 2006. Et oui, encore un. Il ne déroge pas à la règle : c’est bon sur les arômes habituels, cependant il m’a donné l’impression d’avoir un alcool un peu trop présent en bouche.

Au final, une série qui ne m’aura pas conquis dans son intégralité.

Deux embouteillages de chez Berry’s ensuite avec un Monymusk (Jamaïque) et un Demerara (Guyana), sans plus de précision sur l’alambic utilisé.

Je passe rapidement dessus car ni l’un, ni l’autre ne m’ont emballés. Ils ne sont pas mauvais mais ne proposent rien de nouveau et je ne leur ai pas trouvé une réelle identité.

Un petit passage en Haïti, car même s’il n’y avait pas de nouveau batch de clairin, un nouveau clairin était disponible : un blend des trois (Sajous, Vaval et Casimir), réduit à 45%. Franchement je n’en attendais pas grand-chose étant donné que pour moi chacun de ces “rhums” d’Haïti a sa propre identité, je me suis demandé “pourquoi les gâcher en les mélangeant ?”. Eh bien, cela a été une agréable surprise. Nous avons des marqueurs inimitables des clairins et on se prend même à chercher (voire à trouver ^^), l’influence de l’un et de l’autre… Pas mal !

Deux Rum Nation “Small Batch” de Guyana : un Enmore et un Diamond.

Le Enmore ne m’a pas plu avec son manque de chaleur et de gourmandise (typique vieillissement continental, dans ce qu’il n’a pas de meilleur).

Le Diamond, en revanche a deux visages : un nez gourmand sur le caramel, le bois, la réglisse et un léger tabac et une bouche très différente sur des notes fumées. Intéressant.

Petite escapade chez les agricoles pour continuer, avec Neisson, Bally et Bielle.

Neisson, d’abord, avec deux 2007, l’un embouteillé avec la Maison du Whisky et l’autre avec Velier (et une différence de 0.1%). Ils sont bons, mais je n’ai pas eu de coup de cœur, comme par exemple sur le 2004 de l’année dernière. Un tout petit mot quand même ; le LMDW est assez porté sur la noix et m’a fait penser (en moins bien) au Single Cask 2004 japonais. Le Velier est plus expressif mais sans être meilleur. Au suivant.

Et le suivant c’est un rhum qui avait déjà fait couler pas mal d’encre avant d’être dégusté. Un Bally 1998 brut de fût – le premier brut de fût de la maison martiniquaise. Ajoutez à cela que c’est un millésime 1998 – année dite exceptionnelle dans la région – et vous avez un buzz.

Le nez m’a vraiment beaucoup plu, un très beau nez d’agricole sur les épices, le tabac et les fruits à coque. Malheureusement j’ai trouvé la bouche et la finale en dessous avec un peu d’astringence et un boisé trop marqué. Dommage, le début promettait tant…

Le Bielle enfin. Je ne dirais que ceci : j’aurais cru à un Libération à l’aveugle. Et ça, ça veut dire beaucoup et en bien ! 🙂

Pas le temps de dire “ouf” que l’on repart avec un autre embouteilleur indépendant : Silver Seal.

Là aussi, deux rhums. Un Uitvlugt d’abord. Encore un qui ne m’a pas fait vibrer ; là aussi rien de nouveau ou d’intéressant. Un Hampden ensuite, bien typé, avec son lot de fruits pourris, de touche acide, de tabac et de solvant. Malheureusement, il manque de gourmandise à mon goût, ce qui m’empêche de l’apprécier pleinement.

Ce qui n’est pas le cas du Hampden de chez Habitation Velier (l’officiel, pas celui pour les 60 ans de LMDW, que je n’ai pas goûté), qui est tout simplement une bombe et peut-être même le meilleur jamaïcain que j’ai pu déguster ! Intense, gourmand, extrême, long, complexe… Une tuerie.

Une des dernières étapes se passe à la Réunion, avec la distillerie Savanna et deux nouveautés, les deux ayant subi une très longue fermentation puisqu’il s’agit de rhums grand arôme.

Le blanc est un grand arôme brut de fût à 57% dans la série des Lontan. Comme on peut s’y attendre le nez est extrêmement expressif sur des arômes de pomme, de caramel brûlé et un côté épicé/médicinal. Pas vraiment gourmand mais très intéressant de par son intensité. Cette gourmandise va venir ensuite en bouche de manière très agréable.

La “vraie” nouveauté est le vieux, qui est le premier de la série HERR (High Ester Rum Reunion), un brut de fût, qui a été conçu de manière à être le plus “extravagant” possible. Je ne me suis pas encore renseigné sur les détails de production, mais de ce que j’en sais, c’est une sorte de “très grand arôme” (terme qu’il va falloir que je pense à déposer :p).

Ce truc est juste un ovni ! Des arômes hyper intenses et pour ainsi dire jamais rencontrés, de cette manière, auparavant. Ce qui m’a le plus frappé, c’est la fraise et la cerise, qui ne m’avaient jamais sautées au nez de cette manière. Il y a beaucoup d’autres choses là-dedans et le résultat est unique et la longueur hors du commun (mieux vaut finir une dégustation par cette chose ^^). Il n’a pas fait l’unanimité mais n’a laissé personne indifférent. Personnellement ce n’est pas mon truc.

Pour finir (ou presque), allons en Thaïlande avec le rhum blanc pur jus que vous connaissez déjà, le Chalong Bay. Je l’aime bien ce rhum Thaï, très jus de canne mais avec beaucoup de douceur. Il y a de la nouveauté chez eux aussi avec trois rhums infusés. Cette infusion se fait lors de la distillation avec les vapeurs des herbes et épices (locales) en question. J’ai fait l’impasse sur la cannelle (je n’aime pas ça) mais ai goûté le basilic thaï et la citronnelle, deux herbes aromatiques que j’aime beaucoup.

Le citronnelle est très marqué par cette herbe, voire trop. Elle domine clairement le rhum. Le goût est cependant bien franc et pas déplaisant, sans doute plus pour cocktails selon moi.

Celui au basilic thaï en revanche est super bien mesuré et offre la fraîcheur et le goût anisé de cette herbe sans masquer le rhum, que ce soit au nez ou en bouche ; la finale est même dominée par le rhum. Une curiosité réussie selon moi.

C’est en fini des rhums mais je ne pouvais fermer ce nouveau chapitre Whisky Live sans vous parler d’un whisky qui m’a marqué, et je n’étais pas le seul, loin de là !

La dernière destination sera donc le Japon avec la maison Nikka. Plus précisément un Single cask Coffey Grain brut de fût de 1995. C’est bien simple, tous les gens qui y ont goûté (et il y avait de sacrés palais) ont cru qu’il s’agissait d’un rhum. Mais attention un rhum qui serait dominé par une noix de coco super gourmande et complétée par un boisé léger et des notes discrètes de tabac (ça peut faire penser à des rhums de Belize voire de la Barbade). Cette noix de coco a conquis tous les dégustateurs. Une très belle découverte !

Cette fois-ci s’en est fini, j’espère que vous aurez apprécié le voyage en ma compagnie 🙂

Retrouvez la première partie ici-même.

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