Mon Rhum Live 2016 – partie 1

Les dates du Whisky Live à Paris cette année ne sont pas bien tombées ; j’avais un week-end avec des amis en Bourgogne, week-end qui a été loin d’être de tout repos.

Du coup, je fais une croix sur le samedi et pense y passer environ deux heures le dimanche, avant de pouvoir y passer plus de temps le lundi.

Ça, c’est mon plan. Pas franchement étoffé comme plan mais c’est tout ce que j’ai.

C’est dans un triste état de fatigue très avancée, que j’arrive donc dimanche à la Cité de la Mode et du Design dans le 13ème arrondissement de Paris, là où tout va se passer.

Je retrouve mon camarade de crime à l’intérieur et direction l’espace rhums, qui fait plus ou moins la même taille que l’année passée et on y retrouve les mêmes acteurs.

Je n’ai qu’un billet découverte, donc pas d’espace VIP ou de bar collector pour moi cette année (je me suis rattrapé le lundi, rassurez-vous, puisque l’espace réservé aux acheteurs de billets à plus de 100€ sur le w-e, est ouvert à tout le monde lors de la journée réservée aux professionnels).

Et là comme d’hab, on se pose la question : “On commence par quoi ?”. Bien qu’il soit tentant de tester les nouveaux Caronis de Velier, cela ne semble pas être le plus avisé d’un point de vue survie des papilles.

Et c’est là qu’on tombe sur un rhum inconnu au bataillon, à consonance hispanique. Bon, ça n’augure pas grand-chose de bon, vous connaissez mes goûts, mais ça se tente. Ah ben non en fait, ça ne se tente pas vraiment, ce rhum cubain, qui répond au nom de Pacto Navio, ne présente à peu près aucun intérêt. Voilà vraisemblablement un rhum de plus distillé à très haut degré d’alcool auquel des arômes ont été rajoutés.

 

Bref, comment bien commencer mon expérience Whisky Live…

Je me dirige ensuite vers le stand Plantation, afin de rester sur des bouteilles à faible degré d’alcool. Mais voilà, c’était sans compter sur une nouveauté de la maison Ferrand : la gamme Extrême. Il s’agit en fait de single casks brut de fûts. Ma première réaction a été : “Voilà une bonne chose que Plantation se mette à faire ça en plus de leur gamme habituelle.”

Cela s’est-il vérifié à la dégustation ? Eh bien plutôt, je dois dire. Ils n’ont pour l’instant que deux références (pas encore commercialisées) : un Barbade et un Sainte Lucie.

Le premier est un Foursquare, et comme tous les autres Foursquare brut de fûts de que j’ai pu goûter, c’est bon. Ils se ressemblent sensiblement les uns les autres et sont donc tous agréables, sans être révolutionnaires. Nous avons donc de la vanille, de la coco, du tabac, du bois et un côté grillé ; ça fonctionne bien.

Le Sainte Lucie est lui plus atypique et je n’aurais jamais pensé à cette île à l’aveugle. Le nez est sur des notes empyreumatiques à tendance fumée. La bouche, sèche, reste sur cette même impression mais une certaine gourmandise apparait sur la finale où la vanille vient troubler son profil assez monolithique. Intéressant car atypique mais ce n’est pas trop mon truc, je trouve qu’il lui manque quelque chose.

Après une intéressante conversation avec Alexandre Gabriel sur la transparence dans les spiritueux, nos pas nous mènent vers nos Antilles Françaises.

Bref, ce tout nouveau rhum blanc est pour l’instant disponible en deux versions, à 66% et à 55%.

Seule la version brut de colonne étant disponible, nous demander à la goûter.

Quel nez ! La canne dans toute sa richesse. Des arômes terreux, légèrement huileux, végétaux et une légère acidité viennent complimenter cette canne fraîche. Vraiment magnifique. A noter que mon frère lui a trouvé un franc côté “légume vert bouilli”, du genre épinard (non il n’était pas bourré, en tout cas pas encore :p).

Malheureusement, la suite de la dégustation n’est pas au niveau (il faut dire qu’il n’est pas aisé de rester aussi haut). L’alcool est incroyablement bien intégré mais ce rhum se fait moins expressif en bouche et sur la finale, qui n’en est pas moins très longue.

J’ai alors eu comme une soudaine envie d’aller déguster l’Intense de Karukera (le stand étant tout proche), afin de comparer ces deux rhums blancs pur jus. Eh bien là où le nez est clairement un cran en dessous, la bouche est en revanche plus explosive. Il est aussi un peu plus simple que le Neisson.

Conclusion : oui ce sont deux grands rhums blancs mais aucun des deux n’est parfait et vous devrez y goûter pour trouver votre préféré.

Comme nous étions sur le stand Karukera, il était tout naturel de déguster leurs deux nouveautés : un millésime 2008 et un 2009.

Ce 2008 a connu un double vieillissement, d’abord dans des fûts neufs, de manière assez courte (je ne saurais dire combien de temps exactement), ce qui va apporter des tannins. C’est ensuite qu’il sera mis en fût de Cognac pour la plus grande partie de son vieillissement.

Au nez, il est délicat sur l’amande et la réglisse. En bouche la texture est veloutée et il est assez fin ; on y trouve à nouveau de la réglisse mais aussi du sucre roux. La finale est longue et apporte un côté torréfié et fumé. Pas mal ce rhum ma foi.

Du nouveau chez Karukera

Le 2009 (Select Casks) est un assemblage de 13 fûts (tous ayant contenu du cognac au préalable). A noté qu’il sera disponible à 45% alors que la bouteille présentée au salon était, elle, à 55%.

Au nez, nous avons bien un rhum pur jus, sur les fruits à coque, les épices douces, le noyau de cerise et le bois. Il est bien équilibré même si l’alcool se sent. En bouche malheureusement, je l’ai trouvé trop sur l’alcool justement, alors que la finale est longue et dominée par le bois.

Moi qui suit normalement nettement en faveur des versions brut de fût, j’ai été intéressé de voir que ce rhum gagnerait sans doute à être réduit à 45%.

Le “ciao” obligatoire à Daniele et c’est parti.

La version réduite à 57.18% pour commencer – à noter que ce degré d’alcool correspond au degré traditionnel des navy rums qui étaient emportés sur les bateaux de la marine britannique, en deçà duquel la poudre à canon qui en aurait été imbibée n’aurait plus été inflammable.

Un nez très gourmand qui offre des arômes de vanille, de fruits à coque (noix et amande), ainsi que du caramel et une discrète, très discrète empreinte caroni.

Et là je me retrouve comme un benêt puisque je n’ai pas écrit de commentaire sur le bouche dans mes notes :/ Mais on va faire comme si de rien n’était et continuer.

La finale, elle, est un tantinet plus caroni mais toujours gourmande avec ses notes de vanille et de sucre roux.

La version full proof – à 70.1% tout de même – sera le prochain rhum sur la liste et le dernier pour cette journée.

On y retrouve la même gourmandise au nez, mais elle est ici encore exacerbée : une pâte à gâteau à la vanille et aux éclats de fruits à coque… Un régal pour les narines (à condition de ne pas enfourner le nez dans le verre). Ce que l’on a en plus du réduit, ce sont de discrètes notes torréfiées et de tabac. Très très agréable et délectable.

La bouche se fait plus Caroni que le nez ou que la bouche de la version à 57% (d’après ce que j’ai écrit, mais comme je n’ai rien écrit pour la bouche de ce dernier il ne me reste plus qu’à me faire auto-confiance, on n’est pas dans la panade… ^^).

La finale, est bien entendu interminable et associe typicité caronienne et gourmandise avec surtout la vanille, qui contrairement à d’autres caronis, est ici loin d’être écœurante.

C’est là que je m’arrête pour cette première partie. Restera tous les rhums des 60 ans de la Maison du Whisky plus quelques autres. Et ça en fait un paquet…

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