Le rhum made in Brooklyn – 2ème partie

Nous sommes là, posés avec un verre à la main et on se relaxe après nos (més)aventures pour arriver jusqu’ici.

Tchin-tchin, ou plutôt, cheers!
Melissa, notre hôte, commence à nous expliquer l’origine du projet et la philosophie de sa créatrice : Bridget Firtle. Vous pourrez trouver plusieurs interviews de Bridget à ce sujet, mais en deux mots, après avoir pu mettre pas mal d’argent de côté en travaillant à la bourse, elle a décidé de quitter son boulot et de vivre d’une passion.
Sa démarche (et celle de ses trois employées) est 100% qualitative. Plusieurs caractéristiques de leur rhum démontrent cette volonté.
Non, ce n’est pas de l’huile de moteur

Tout d’abord, la mélasse utilisée (qui vient des Etats-Unis) est de très bonne qualité. J’ai d’ailleurs pu la goûter – c’était la première fois que j’avais l’occasion de goûter de la mélasse – et elle est riche en arômes de caramel et de réglisse, tout en étant très sucrée.

Ensuite, la fermentation se fait sur cinq jours. Plus la fermentation est longue plus les goûts vont se développer (la durée de cette étape est le plus souvent de 24 à 36 heures).
Le pot still et la colonne flambant neufs !

La distillation, elle, est réalisée sur colonne et sur alambic (ou pot still). Là aussi, cela va permettre de concentrer les arômes. En principe, on dit d’une distillation sur pot still qu’elle donnera un produit plus expressif ; attention à ne pas généraliser tout de même 😉

Le passage par la colonne permet de corriger certaines saveurs non désirées plus qu’autre chose.
Dans le seau, là

Le distillat (rhum à la sortie de l’alambic/colonne) est à 80° d’alcool. Plus ce degré alcoolique est fort moins riche et parfumé sera le rhum. En effet, les arômes viennent des éléments non-alcool. Là encore, la qualité et le goût est placé au centre du processus, puisque l’on trouve beaucoup de rhums dont le distillat a un degré d’alcool plus élevé (jusqu’à 95°).

J’ai eu la chance de goûter le rhum à la sortie de l’alambic et la première chose que je me suis demandé, c’est : pourquoi réduire ce rhum à 40° ? 🙂
Un arôme de banane assez incroyable et une vraie explosivité ; tout ça, juste avec une goutte !
Manque plus que l’étiquette

Pour finir, rien n’est ajouté et vous n’avez donc dans la bouteille que le produit lui-même, non altéré.

Il est ensuite embouteillé et l’étiquette est collée à la main sur la bouteille.

Magnifique colonne !

J’ai adoré visité la distillerie, là où tout arrive, là où tout est fait 🙂
Une chaleur pesante (et encore, je n’ose imaginer comment c’est en été) et le bruit des machines en fond vous mettent directement dans l’ambiance. Le pot still et la colonne sont tous les deux magnifiques. Les autres appareillages et les cartons de bouteilles complètent le tableau.

Et ce rhum alors, comment est-il ?
Eh bien il n’est pas mal du tout pour un rhum blanc de mélasse (oui je peux avoir quelques a priori parfois :p) !

Il est fruité, banane, poire, papaye et prune et pas agressif du tout ; ma femme, qui trouve le rhum (et les spiritueux de manière générale) trop fort en alcool a même fini son verre, c’est dire 🙂 Et puis il a quelque chose de différent.
Si vous ajoutez à cela une légère note fumée sur la finale, non seulement vous avez un rhum facile d’accès et agréable mais également intéressant, car pas si simple que ça.
Apparemment beaucoup de visiteurs de la distillerie lors de la dégustation ont un “Wahoo effect” quand on leur dit qu’il s’agit bien de rhum ; cela ne colle pas avec leur idée d’un alcool qui brûle la gorge et qui n’est pas fruité 🙂

Les bouteilles “spiced” et les deux fûts

Pour l’instant, il n’est pas question de produire un autre rhum (soit sur un degré l’alcool différent, soit vieilli).
Cependant – oui il y a un cependant – certains tests sont en cours. Plusieurs bouteilles ont reçu des épices diverses et variées et deux fûts sont bien tranquillement en train de faire leur boulot, histoire de voir ce que cela pourrait donner. Moi, ça me rend impatient et j’espère bien que le résultat sera positif !

Maintenant la mauvaise nouvelle : il est compliqué de se procurer ce rhum sur le vieux continent. Cependant il semblerait que quelques caisses aient été envoyées en France peu avant ma venue, donc peut-être bientôt une bonne nouvelle de ce côté-là 🙂

Pour finir, et en cette période de l’année très Festival de Cannes, j’aimerais remercier quelques personnes.
Mes parents bien sûr, sans qui je ne serais pas là 😛
Plus sérieusement, tout d’abord ma femme qui m’a aidé à gérer mon stress et qui a pris ces magnifiques photos.
Et ensuite Melissa qui a été adorable en prenant pas mal de son temps pour nous faire découvrir de l’intérieur cette belle aventure qu’est The Noble Experiment.

Pour conclure cette conclusion : si vous avez l’occasion de goûter ce rhum, n’hésitez pas ! 😉

One thought on “Le rhum made in Brooklyn – 2ème partie

  1. Pingback: Le rhum made in Brooklyn – 1ère partie | Les rhums de l'homme à la poussette

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