Mon Rhum Fest 2017 – partie 1

Nouvelle année, nouveau Rhum Fest au Parc Floral de Vincennes. C’est la quatrième édition dont je vais vous faire le compte rendu. Quoi de neuf cette année ? Un côté humain encore décuplé et une absence de plan niveau dégustations. Je n’étais pas préparé, j’avais bien quelques nouveautés en tête mais je ne pensais pas avoir l’occasion de goûter autant de rhums tout juste apparus sur le marché. En 2016, j’étais bien mieux préparé, mais mon magnifique plan de conquête du monde est rapidement tombé à l’eau devant les impromptus et les rencontres, du coup : à quoi bon s’enquiquiner à élaborer une stratégie ? C’est avec cet état d’esprit que j’ai abordé ce Rhum Fest 2017.

Paon

Oui, on m’accueille comme ça moi ! 😀

Une fois de plus, ce salon du rhum s’étale sur trois jours : samedi et dimanche pour le public et lundi pour les professionnels. Pour moi, ce sera dimanche et lundi (je pensais que ça suffirait, naïf que j’étais…). C’est après avoir fait le tour du propriétaire que je me rends compte de mon erreur. Il y a quatre halls cette année (contre trois les années précédentes), ça laisse de la place. J’aperçois beaucoup de marques peu connues et de nouveaux embouteillages. Devant ce défi inattendu, j’élabore un semblant de plan à la va-vite : commençons par les blancs purs jus de canne ; et pourquoi ne pas commencer par le Laos ? La marque Laodi propose, outre de nombreux rhums parfumés à différents fruits, un rhum blanc pur jus de canne (et sa version vieillie 3 ans).  Il s’agit d’un rhum à 42%, à la fermentation qui dure de 3 à 4 jours.  Au nez, il est relativement intense pour son degré alcoolique et laisse sentir ses origines pot-stilliennes. La canne est également présente pour un résultat inhabituel. En bouche, c’est très différent avec un côté très sec un petit quelque chose de “nourriture” difficilement définissable. La finale est moyennement longue mais laisse une sensation assez agréable en bouche. Malheureusement il n’était pas facile de communiquer avec les représentants de la marque, le laotien n’étant pas ma spécialité et le français ou l’anglais, pas la leur. Dommage. Dans l’ensemble, je m’attendais (peut-être bêtement) à un rhum très proche des rhums thaïlandais (surtout du Issan étant donné leur proximité géographique) mais ce n’est pas le cas. Ce rhum Laodi a une vraie identité.

Laodi White

Laodi White – Tout en sobriété

On continue avec la Guadeloupe en passant chez Bologne et la version 2016 de leur Black Cane (rhum mono cépage canne noire). Pour info, le 2017 sortira en juillet sur place. Le nez se défend mais est un peu trop floral à mon goût et manque un peu de fraîcheur. La bouche est sèche et puissante, surtout sur la canne et globalement mieux que le nez. La finale est longue mais on y retrouve une empreinte fleurie. Au final, c’est loin d’être mauvais mais je trouverai mon bonheur ailleurs.

Black Cane

Bologne Black Cane 2016

Comme on est bien en Guadeloupe, attardons-nous-y un peu avec la maison Longueteau. Ça fait plusieurs fois que je vous parle de cette distillerie, normal j’aime beaucoup leurs rhums blancs (et moins leurs vieux), que ce soient leur 62% ou leurs parcellaires canne rouge (n°1 et n°9). Justement, voilà une des nouveautés que j’étais impatient de déguster, le rhum canne bleue issu de la parcelle numéro 4. Au nez, il est très intense, surtout sur la canne mais avec une importante présence florale et une touche de poivre. Il est différent des deux autres parcellaires et est moins à mon goût. La bouche est résolument tournée vers la canne à sucre et les arômes floraux sont moins présents. La puissance est marquée sans l’être trop et une impression sucrée l’accompagne agréablement. La finale est longue et fraiche, toujours sur la canne et le poivre. Apparait une note saline assez marquée. Une autre réussite pour les blancs Longueteau, mais je lui préfère les deux premiers.
Avant de passer à leur seconde nouveauté, faisons un petit détour par la Martinique, avec la distillerie dernière-née : A1710.

Parcelle 4

Longueteau Parcelle N°4 – La troisième parcelle ! Enfin, la quatrième 😛

Je vous ai déjà parlé de leur blanc suite à une soirée chez Christian de Montaguère ; il ne m’avait que moyennement convaincu, principalement du fait d’une certaine amertume et d’un côté métallique sur la finale. Mais voilà, le second batch de la Perle arrive et était justement en dégustation. On retrouve le profil de la première version, avec sa fraîcheur, sa canne, ses agrumes et son côté salin (et même marin) très prononcé. La distillation sur pot still se fait également sentir, ainsi qu’une discrète note truffée. En bouche, l’alcool est bien intégré et c’est une canne fraiche qui domine, alors qu’une légère sucrosité (bien agréable) se fait remarquer. Et alors, cette finale, toujours sur une amertume métallique ? Eh bien non, cette finale est longue, toujours très “marine”, mais sans son défaut principal. Autrement dit, cette seconde version est, selon moi, mieux réussie.
J’ai ensuite eu la chance de goûter à leur prototype du second rhum blanc à sortir, appelé Renaissance. Les mêmes cannes que La Perle sont utilisées mais les levures sont différentes, la durée de repos/brassage est plus longue et il passe cinq jours en fût avant d’être mis en bouteille. Au nez, il est moins explosif que la Perle mais est toujours porté sur la canne et l’air marin. Cette canne devient de plus en plus gourmande mais des notes végétales sont également présentes. L’attaque est ronde et la canne domine ; l’intensité arrive progressivement. La finale dure et on y retrouve la canne et les agrumes. Mais pas seulement, puisque les notes marines se font une place de choix (et oui la moule d’Espagne – absolument pas péjorative – n’est pas loin :)). Sur le verre vide s’est encore plus évident, on a l’impression de se retrouver au milieu de rochers à marée basse pendant une partie de pêche à pieds. A noter que A1710 prépare deux rhums bio, l’un à base de canne bleue et l’autre de canne rouge. Les deux parcelles sont côte à côte et les deux rhums bénéficient des mêmes conditions de production, il sera donc intéressant de constater les potentielles différences entre les deux !

La Perle 2

A-1710 – La Perle 2016 (merci François pour la photo :))

Aller hop, retour en Guadeloupe pour deux poids lourds, de par leur degré mais surtout de par leurs qualités gustatives.
Karukera pour débuter, avec l’Intense numéro 2. C’est con, mais au nez il mérite déjà bien son nom, la canne est la star, l’alcool est bien intégré (environ 63% si je me souviens bien) et il offre une impression gourmande et sèche à la fois. La bouche est explosive – toujours intense – et légèrement sucrée. Il y a un dernier mot sur mon petit carnet de notes mais je n’arrive pas à me relire donc je vais faire comme si de rien n’était 😛 Sur la finale l’alcool se fait un peu plus sentir mais la canne ne lache pas son premier rôle, bien que des notes florales tentent une approche sournoise ^^ Cette seconde fournée confirme tout le bien que l’on pouvait penser de ce blanc “premium” de chez Karukera.

Intense

Karukera L’Intense (merci Fabrice pour la photo :))

Et voilà, il est temps de revenir chez Longueteau pour déguster un des highlights (spéciale dédicace aux anglophones :D) du salon : le Genesis. Je vous en ai déjà parlé ici et vous comprendrez donc que c’était avec plaisir que j’ai pu y regoûter. Il confirme être très expressif sur une canne gourmande (rappelons que c’est un canne rouge) et les agrumes. L’alcool est exceptionnellement bien intégré pour ce brut de colonne à 73.5% (oui ça peut faire un peu peur). A noter que j’ai détecté une fort agréable touche de graine de fenouil sur cette seconde dégustation. Cette dernière est d’ailleurs confirmée sur l’attaque. En bouche, une goutte suffit (il ne vaut mieux pas en prendre tellement plus) pour apprécier cette canne gourmande (mâtinée d’une légère sucrosité). Il offre cette très agréable impression d’évaporation sur la langue – en tout cas moi je trouve ça sympa 😛 Sur la finale on retrouve la canne –  le contraire eu été étonnant – mais des notes florales et salines font également leur apparition. Le parallèle avec l’Esprit de Neisson est difficilement évitable mais on se rend compte que, si ce n’est leur puissance, ils n’ont pas forcément tant que ça en commun. Plus de gourmandise pour le Genesis et plus de complexité pour l’Esprit – c’est un peu simpliste, mais là tout de suite ça me vient comme ça.

Genesis retouché

Longueteau Genesis (merci Alex pour la photo :)) – Alors oui c’est un détail, mais je suis sous le charme du look de cette bouteille !

Et voilà, ça suffit pour cette première partie riche en rhums blancs purs jus de canne !

9 thoughts on “Mon Rhum Fest 2017 – partie 1

  1. J’ai dégusté en sortie d’alambic A1710 Blue bio , une vrai merveille , j’espère qu’une fois réduit et mis en bouteille il ne perdra rien de sa superbe . Le bio Canne rouge est aussi excellent !

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  2. Hi.mon francais est tre pauvre et avec les mots tres facile,,,so,it will be in English. .i quite enjoyed your writing ,your enjoyment comes right through,so thanx it was entertaining!..shuttling seasonally between miami and toronto my exposure to rhum is very limited,and my tastes hit the “herbaceous wall” after barbancourt’s fine bottlings,so it was a cool read..merci. russ

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  3. Hello, I’m Kulap, brewery Assistant from LAODI. Thank you for writing your article of us.
    Actually I can’t understand France but if you have some questions about LAODI, don’t hesitate to ask me.

    Thank you.

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  4. Pingback: Mon Rhum Fest 2017 – partie 2 | Les rhums de l'homme à la poussette

  5. Pingback: Mon Rhum Fest 2017 – partie 3 | Les rhums de l'homme à la poussette

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