Tâter le cul des vaches au Rhum Fest : deux concours très rhum

Bonjour à tous,
Une fois de plus, je dois m’excuser pour un titre douteux.
C’est sous cette appellation foireuse que je vais vous parler des deux concours auxquels j’ai participé en tant que juré il y a quelques jours de cela, le hasard du planning voulant que ces deux journées s’enchaînent (il faut avoir la forme :)).
Une énorme variété dans ces blancs

Pour commencer : le premier jour des éliminatoires ou sélections du concours du Rhum Fest.

Cette année, rendez-vous est donné à la Rhumerie dans le centre de Paris.
Comme lors de la précédente édition, il faut être prêt à passer une journée (presque) entière à déguster ! On ne parle pas d’une dizaine de rhums, mais plutôt d’une quarantaine, et en tous genres.
Les “mêmes” mais en très vieux

Justement, à quoi avons-nous eu droit ?

Quatre catégories en tout, deux le matin et deux l’après-midi, avec dans le désordre, et si ma mémoire défaillante ne me fait pas défaut : des rhums de mélasse de plus de 11 ans, des agricoles ambrés, des punchs et des blancs de mélasse. Compte final : 38 rhums (ou boissons à base de rhum) ! Et encore ça c’était pour ma table et celles de mes voisins immédiats, mais dans l’autre partie de la salle, d’autres rhums ont été dégustés.
Alors oui 38, ça fait pas mal. Mais je dois avouer que comme les catégories sont bien faites, il n’est pas trop compliqué de pouvoir les déguster et les évaluer (en eux-mêmes et les uns par rapport aux autres).

Rechargeons les batteries

On n’oublie pas le bon petit plat pour faire une pause à midi et ingurgiter un peu de solide, et nous ne sommes pas loin d’une super journée ! Et encore, c’est sans parler des nombreuses personnes de qualité présentes 😉

J’aime vraiment ce genre d’exercice ; goûter plein de choses, sans savoir ce que c’est, tenter d’identifier des arômes, les comparer les uns aux autres, trouver les défauts potentiels… C’est vraiment un excellent apprentissage. De plus, cela permet aussi de déguster des rhums (voire même des catégories entières de rhums) que l’on a pas l’habitude de boire et donc d’élargir ses horizons et de garder un esprit (et un palais) ouvert.
Le dessert en quelque sorte ^^

Sinon niveau organisation, on était bien ; nos G.O. ont bien bossé. J’ai trouvé très intéressant le fait que les catégories aient été modifiées cette année ; les rhums de mélasse ont été séparés selon leur méthode de distillation : alambic, colonne ou assemblage. Autrement dit, on se rapproche des catégories de Luca Gargano (dont je vous reparlerai prochainement), et ça, c’est clairement un plus.
Merci à eux !

Si je ne devais revoir qu’une chose (et c’est très personnel), ça serait le poids de chacune des caractéristiques à noter, avec principalement une augmentation de l’importance du nez sur la note finale 🙂
J’ai hâte de pouvoir passer une autre journée de ce genre (et ça sera le cas d’ici deux semaines :D).
Le lendemain : Concours Général Agricole, catégorie rhums et punchs.
C’est après une bonne nuit de repos (et la dégustation des très bons rhums la veille au soir, ben oui quoi… 38 en une journée c’est un peu léger :P), que je me présente au Parc des Expositions de la Porte de Versailles pour être juré dans ce prestigieux concours.
Et là c’est la roulette. Autant, sur le concours du Rhum Fest, sur le nombre de catégories à déguster, il y en aura au moins une (voire plusieurs) bonne (à mon goût) sur la journée. Là, c’est tout au rien : entre les boissons alcoolisées à base de rhum parfumées à la banane et les rhums AOC Martinique de 6 ans et plus, mon choix est vite fait. Mais voilà, on ne choisit pas ^^
Cependant encore cette année je n’ai pas été malheureux et suis tombé sur les blancs pur jus avec indication géographique (essentiellement la Guadeloupe) à 50°.
L’année dernière, c’était la même chose mais à 59°, on reste donc sur la même île (si on y intègre Marie Galante).
Cette fois-ci cependant ce sont six rhums que nous avons à déguster. A noter qu’une autre table déguste six autres rhums de la même catégorie (12 pour une seule table, ça ferait trop).

La différence principale avec le Rhum Fest est ici les délibérations qui ont lieu sur les potentielles remises de médaille. En effet, il doit y avoir un consensus entre tous les membres de la table sur le nombre de médailles à donner (il y a une limite proportionnelle au nombre de bouteilles dégustées) ainsi que leur métal.

A notre table, aucun souci sur la première médaille décernée, ça sera l’or, tout le monde est d’accord. En revanche, nous ne pouvions donner que deux médailles en tout et deux autres rhums se sont distingués. Ça ne qu’après de nombreuses minutes que nous nous sommes finalement mis d’accord.
Étiquette qui fait très Père Labat…

Bien sûr à ce stade, nous ne savons pas à qui nous avons décerné ces médailles et ce n’est que plus tard, en recoupant mes impressions gustatives et la publication des résultats que je me rends compte que nous avons donné l’or à Longueteau. Cela ne fait que confirmer tout le bien que je pense des rhums blancs de cette maison !

A noter que cette année, pas de saucisse de Morteau dans le hall mais de la charcuterie et des pâtés, ce qui a permis de déguster dans de meilleures conditions.

Une fois le concours terminé, passage obligé sur le Salon de l’Agriculture, histoire d’acheter un kouign-amann et de voir s’il y a des choses intéressantes côté rhum.
Après une dégustation (toujours intéressante et agréable) chez Bielle, je remarque un peu plus loin, dans une vitrine, une bouteille inconnue au bataillon. Je demande à la très sympathique dame sur le stand si ce rhum de Tahiti est à déguster, et c’est après m’avoir donné une fleur de tiaré, qu’elle me sert discrètement quelques centilitres du breuvage (qui devait n’être ouvert que le lendemain) dans un petit gobelet en plastique. Et je dois dire qu’il m’a fait forte impression, avec une vraie identité olfactive. Ne reculant devant rien, je demande à cette très gentille hôtesse si elle peut m’en resservir un peu mais cette fois-ci dans le verre INAO offert le matin même aux jurés du concours.
En voilà encore deux méconnus

Et là, les arômes sont assez différents. Il n’est pas désagréable mais devient bien plus étrange ; si je vous dis fruits de mer au nez, ça vous fait envie ?

Bref un rhum que je suis curieux et impatient de regoûter ailleurs que dans un salon (d’autant plus que les odeurs de cuisine étaient vraiment omniprésentes).
C’est sur le chemin de la sortie que je tombe sur un stand qui proposait entre autre les rhums Darboussier, dont deux blancs, un 50° et un 59°. Le voilà le quatrième 59° après les trois de Marie-Galante.
Bon la fatigue venant, je n’ai pris aucun note de dégustation de ce deux rhums, dégustés l’un à la suite de l’autre. Cependant très bonne impression générale pour des blancs que l’on ne voit que rarement. L’un était plus intéressant sur le nez sur le jus de canne et l’autre sur la bouche et au niveau longueur.
Décidément ces blancs de Guadeloupe sont vraiment à découvrir et n’ont pas à rougir face à la plupart des leurs homologues martiniquais.

C’est sur cette ultime dégustation que s’achèvent ces deux journées dédiées, une fois de plus, au Rhum 🙂

 

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