Vous vous en doutez, il me restait quelques dégustations à vous présenter ; les rhums, bien sûr, mais aussi les whiskies non écossais, puis les autres spiritueux. Allons-y !

La Favorite Tjè Kann récolte 2024 – 48 %
Nez : fraîcheur, poivre, terre, canne fruitée, citron vert. Pas mal
Bouche : très intense, acidité et fraîcheur agrumes, canne
Finale : poivre et terre
Bonne surprise sur le nez et la bouche
La Favorite Millésime 2018 – 46 %
6 ans en fût de chêne américain
Nez : pêche, un peu “étouffé”, quelques agrumes
Bouche : plus identifiable comme La Favorite, toujours orange, sec
Finale : finale plutôt longue avec toujours ce côté sec mais aussi un peu de rondeur boisée

Saint Benevolence blanc – 50 %
Matières premières : pur jus et sirop
Nez : très expressif, organique
Bouche : pareil, léger fumé, sirop de canne, acidité, légère mine de crayon
Finale : cette note perdure toujours avec l’acidité
Un bon clairin, encore différent des Velier
Saint Benevolence ESB – 50 %
Environ 18 mois en fût de chêne américain neuf
Nez : très marqué fût neuf et il lui faudra un peu de temps pour que la facette végétale ressorte
Bouche : boisé et acidité du jus mais pas les arômes
Finale : rien noté…

Vous connaissez sans doute déjà le HSE finition Marquis de Terme. L’entreprise nous propose un coffret de dégustation, composé de trois flacons de 20 cl. Chacun d’entre eux renferme un rhum qui aura passé quelques mois (après le vieillissement principal bien sûr) dans un fût qui n’a précédemment contenu qu’un des cépages nécessaires à l’assemblage final du vin Marquis de Terme.
HSE Marquis de Terme finish Petit Verdot – 48 %
Nez : très pâtissier, légèrement vineux
Bouche : très gourmand, pâtissier
Finale : cette grosse gourmandise est équilibrée par le côté vineux plus sec et légèrement amer
Un de mes coups de cœur du salon
HSE Marquis de Terme finish Merlot – 48 %
Nez : plus expressif et explosif, très opulent
Bouche : très intense et profond, texture du vin
Finale : gourmande et vineuse, même un peu tannique, plus sec et plus amer
HSE Marquis de Terme finish Cabernet Sauvignon – 48 %
Nez : plus net et fruité et pâtissier plus un peu de torréfié
Bouche : belle intensité et vivacité avec ces notes pâtissières et torréfiées. Très chaleureux
Finale : torréfié, long, vineux, un peu de bois humide
Vraiment bien jusqu’à la finale qui est moins pour moi

Santa Teresa Chuao cacao Cask finish
Nez : un cacao bien marqué qui fonctionne avec le rhum
Bouche : même constat en bouche, un vrai intérêt et ici le cacao se sent aussi à la texture
Finale : décidément, le duo fonctionne et continue jusqu’à la fin

Sampan 5 ans ex-cognac ex-Porto – 45 %
Nez : un boisé vraiment joli (mieux que dans mon souvenir sur le 4 ans)
Bouche : boisé intense, un peu plus rugueux qu’au nez mais ce n’est pas un mal. On se demande si on parvient à détecter le jus
Finale : boisée
Certes, on s’éloigne beaucoup du rhum blanc pur jus mais le boisé est bien foutu
Sampan 5 ans ex-cognac ex-liqueur de prune – 45 %
6 mois de finition en fût ayant contenu de la liqueur de prune
Nez : plus de rondeur, léger noyau, voire un côté amande
Bouche : très légère pointe de soufre, texture agréable, intensité, gourmand comme prévu
Finale : on retrouve l’amande et du bois très gourmand

Coquerel et leurs finishs
Vaut le coup de faire le line up tant ces finitions modifient les profils tout en gardant la colonne vertébrale pomme. Coquerel rajeunit le calvados, ou du moins son image, au travers de jus jeunes aux finitions marquées. Je vous renvoie vers l’article de l’année dernière, et pour les flemmards, je vous invite à déguster les finishs porto et cacao, qui font clairement partie de mes préférés.

San Matias Tahona blanco – 40 %
Nez : aromatique, plus végétale que poivrée, de la finesse
Bouche : certaine rondeur mais toujours de l’intensité
Finale : long, une note minérale ressort
San Matias Tahona reposado – 40 %
Nez : toujours un peu végétale avec le fût qui apporte vanille et orange
Bouche : plus proche de la blanche ici, semble plus fort
Finale : longue sur la plante
Pas mal, plus sèche et surtout avec le bois qui n’écrase pas l’agave (ce qui m’ennuie toujours)
San Matias Tahona anejo – 40 %
Nez : plus de bois ou plutôt moins d’agave
Bouche : même constat
Finale : assez longue avec l’agave qui revient un peu aux côtés du fût
Tequila Corralejo blanco – 38 %
Pas mal du tout autant au nez qu’en bouche, avec une vraie douceur. La finale est peut-être trop neutre.
J’ai également dégusté la version vieillie mais elle était clairement moins à mon goût, souffrant du travers que je décrivais plus haut.

Maker’s Mark – 45 %
Nez : très rond, vanille, banane et caramel, typique
Bouche : petite accroche en plus, mais on reste dans le thème
Finale : plutôt longue, sur le fût américain neuf et un certain crémeux
Maker’s Mark N°46 – 47 %
Plus épicé, plus sec et moins banane que le classique. Benne explosion en fin de bouche et encore plus long que l’édition de base.

Tokinoka – 40 %
Que des blended whiskies, chez Tokinoka.
80 % de grains sur cette première référence
Trois fûts, bourbon, xérès et shochu
Nez : on est sur les fruits et le malt
Bouche : épices, suavité, petit manque de concentration aromatique
Finale : correcte
Tokinoka Black – 50 %
Bourbon, xérès, chêne neuf, 3 ans
50 % de grains
Nez : plus d’intensité mais étrangement moins de malt
Bouche : on gagne ici en puissance et en arômes, toasté
Finale : longue et concentrée un moment, on gagne en malt et en torréfaction et toujours note toastée et même légèrement fumée
Tokinoka Saké Cask Finish – 50 %
Le Black avec finition saké 6 mois
Nez : on regagne un peu de fruits et en finesse
Bouche : plus de sucrosité
Finale : on gagne encore sur cette note fumée, l’alcool reste un peu
Tokinoka Sherry Cask Finish – 50 %
Le Black avec finition oloroso 6 mois
Nez : le finish ressort sur une note vineuse
Bouche : douceur, léger soufre
Finale : épices sur la finale avec un côté cacao, on retrouve l’empyreumatique
Trop marqué par le fût pour moi

Rozelieures Parcellaires Rouge Côte – 43 %
Nez : expressif, très poire, léger minéral, un peu de malt
Bouche : douceur et finesse, toujours du fruit
Finale : plutôt longue, minérale, légèrement cuivrée
Rozelieures 8 ans – 42 %
Et oui, ils sortent des comptes d’âge chez Rozelieures. Outre ce 8 ans, ils proposent un 10 ans et un 18 ans. J’avais déjà eu la chance de les goûter mais j’ai souhaité remettre le nez dans le 8 ans, qui est mon favori des trois. Le 10 est aussi réussi, dans une veine tourbée. Le 18 ans au vieillissement en divers fûts de vin, m’avait un peu moins plu. Viendront, à terme, s’ajouter un 12, un 15 et un 21 ans (oui, quand même !).
Nez : encore cette impression (comme sur mes premières dégustations) engageante et très équilibrée
Bouche : impression qui perdure en bouche, vraiment à la fois plaisir et intérêt
Finale : moyenne, céréalière

Maltage au sol de 100 % de la production et tout distillé à flamme nue chez les danois de Stauning. À noter une refonte visuelle qui s’amorce (même si vous ne le voyez pas sur cette photo).
Stauning Mashed Rye – 48 %
Pour les gens qui ne connaissent pas le rye, c’est parfait, on retrouve le pain de seigle, les épices, gras et sec à la fois et même une certaine douceur. Finale longue et intense.
Stauning Triple Malt Whisky Kaos – 46 %
Seigle, orge et orge tourbée
Nez : plus la tourbe que le seigle (avec de l’aération, on en a quand même)
Bouche : la bouche est plus équilibrée et très grasse
Finale : la finale navigue entre tourbe et seigle
Ça partait moyennement et ça continue bien mieux
Stauning Bastard – 46.3 %
Finition de 6 mois en ex-fût de mezcal
On garde le rye, mais sur une trame plus végétale et un peu plus droite.
Ça fonctionne bien cette création bâtarde.
Stauning El Classico – 45,7 %
Un an en fût de vermouth
Nez : la finition est très présente
Bouche : on a plus le rye et tant mieux
Finale : finale rye avec une certaine rondeur
Préférence pour le mezcal tout de même.
Stauning Sherry finish – 53,1 %
Plus lourd et aussi plus puissant. Mérite quelques minutes de repos. Une richesse intéressante mais je préfère un peu plus de finesse.

Pour conclure, un mot sur deux stands sur lesquels je me suis “égaré” avec plaisir : les vins de Xérès de chez Lustau et les vins de Madère Henriques & Henriques. Si vous n’êtes pas familier avec ces catégories, je vous encourage fortement à en déguster à la première occasion. Ces deux familles de vin offrent une richesse et une variété exceptionnelle, entre autres du fait des différents cépages utilisés. Cela pourrait entre autres vous aider à comprendre l’influence d’ex-fûts de sherry sur vos spiritueux préférés. Et puis, c’est aussi et surtout, et tout simplement, délicieux.

Voilà comment s’achève mon Salon Dugas Club Expert 2025. Encore un beau millésime.









