Une soirée italienne aux Caraïbes – partie 2

On continue notre exploration de l’éventail des rhums proposés par Velier et on arrive donc naturellement à Trinidad pour une autre exclusivité : le Caroni 17 ans.
Nous connaissions déjà le 12 ans et le 15 ans ; le premier étant très “sévère”, très typé Caroni et le second plus gourmand et pas uniquement sur des arômes d’hydrocarbures, de caoutchouc et de goudron. Connaissant un peu mes goûts vous vous doutez sans doute que c’est au second que va ma préférence. Et bien ce 17 ans est plus dans la veine du 15 ans, ce qui me plait. Il était en dégustation Whisky Live, aux côtés des “fameux” single casks 2000 et je dois dire qu’il m’a peut-être plus plu que ces SC qui déchaînent les passions (des collectionneurs) !
Un line up de toute beauté !

Bon là on est à un moment de la soirée où l’ambiance est plus décontractée et on pense pouvoir rentrer chez nous après cette dernière belle bouteille.

Eh bien non ! Encore une surprise ! Et pas des moindres.
J’aimerais pouvoir retranscrire l’électricité qui a parcouru le parterre d’amateurs lorsque nous avons compris qu’une bouteille restait à déguster. Les pronostics et conjectures y sont allés bon train, certains noms ont circulé à demi-mot comme si personne n’osait trop y croire.
“Cela doit être un second Caroni, un des single cask du Whisky Live, je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre !”
– Ça ou le Millenium, tu sais le magnum à étiquette rouge.
– Peut-être mais je pense plutôt à ce Diamond 1999 nouvelle version – encore un où on ne sent pas l’alcool en dépit des watts !”

Tout le monde avait tort.

Christian revient de l’arrière-boutique avec la bouteille en question et ses tentatives pour la cacher étant veines, nous avons pu voir du vert sur la boîte. A ce moment-là, on a su ! Et l’excitation est encore montée d’un cran.

La dernière ;(
Le fameux Diamond & Versailles 1996 !
En voilà un que je n’ai pas encore dégusté (vous vous rappelez cette master class que j’ai loupée à un cheveu ?) 🙂
Il est bon, même s’il n’est pas évident après tant de rhums si expressifs d’en avoir une idée précise, mais étrangement, là n’est pas – le seul – intérêt de cette bouteille. En effet, c’est le dernier embouteillage d’un rhum de DLL par Velier. Il n’y en a qu’un peu plus de 500 bouteilles et Luca n’est pas sûr de savoir qu’en faire, les vendre, les garder, les ouvrir pour ce genre d’occasion, les donner à l’homme à la poussette… 😀
Une fois de plus il utilise une comparaison très imagée :
“Si un soir vous rentrez chez vous et que votre femme vous dit : “C’est la dernière nuit que nous passerons ensemble.”, que faites-vous ?” Et c’est un peu cette impression qu’il a avec cette bouteille : que faire ?
Il reste une chose, et pas des moindres, dont je veux vous parler : la classification des rhums que Luca (et d’autres, dont Richard Seale) essaye de faire adopter par les amateurs et les producteurs (dans la mesure du possible).
La passion qui parle !

Le rhum souffre d’un mal bien compliqué à guérir : le manque de clarté et de transparence.

La majeure partie des bouteilles ne donne pas tellement d’informations sur l’élaboration du rhum qu’elle contient, voire presque aucune.
Que cela veut-il dire ? Que le consommateur ne sait pas ce qu’il achète et ne peut donc faire la différence entre un produit de qualité et un produit purement marketing. Est-ce un problème me direz-vous, le goût d’un rhum n’est-il pas LE critère qui importe ?
Je répondrais que ce n’est pas si simple. Pour moi il est important d’avoir la possibilité de savoir ce que je bois et ce que je consomme en général. C’est exactement pareil pour la nourriture : l’origine des produits, des ajouts ou encore des exhausteurs de goût… Je veux savoir.
Une fois ces informations disponibles, je peux alors faire mon choix et si je veux, en connaissance de cause, acheter un produit retouché et pas naturel, alors c’est en effet mon choix.
La qualité et l’authenticité sont pour moi primordiales mais il est très dur de savoir ce que l’on boit. Cela devrait pourtant être facile d’avoir de telles informations, cela devrait aller de soi. Mais non.
Je ne me laverai plus jamais 😀

Tout ça pour dire qu’une classification ne serait pas du luxe et que chaque initiative qui permettrait d’y voir ne serait-ce qu’un peu plus clair, serait la bienvenue.

En l’occurrence celle proposée a pour critère principal le mode l’élaboration ou plus précisément de distillation.
J’ai un peu peur de dire des bêtises mais je vais vous dire ce dont je me rappelle.
Quatre “sortes” de rhum nous sont proposées :
– Pure single rum : intégralement distillé sur pot still (alambic)
– Single blended rum : mélange (blend) de pot still et de colonne traditionnelle (plus petite au nombre de plateaux limité, comme celles utilisées aux Antilles Françaises)
– Rum : distillé sur colonne traditionnelle
– Industrial Rum : distillé sur les colonnes multiples modernes et donc tout le reste, clairement la catégorie la plus large en nombre de bouteilles.
Il y a également d’autres facteurs pris en compte, mais moins explicitement cités dans la classification Gargano, tels que la provenance de la matière première ou encore le degré d’alcool en sortie de distillation.
Espérons que cette initiative trouve écho chez les amateurs et les professionnels. En attendant, certains rhums arborent déjà fièrement leur pedigree et vous pourrez savoir quand ils sont été mis en fût, leur âge, la matière première utilisée, l’absence d’ajouts ou encore s’il y a eu filtration ou non… Privilégiez ces bouteilles qui prônent la transparence, qui n’ont rien à cacher et qui ne mentent pas (ne serait-ce que par omission).
Soyons des amateurs/consommateurs éclairés !

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