Et si on remettait ça ?
C’est sans attendre votre réponse à cette question rhétorique que je me lance dans la dégustation de trois autres rhums Velier provenant du Guyana.
Voici donc une génération de bouteilles qui étaient encore chez les cavistes lorsque j’ai entamé mon aventure du Rhum. Au programme, l’UF30E 1985, le Diamond 1996 (16 ans) et le Port Mourant 1997. On ne devrait pas s’ennuyer…
Velier Demerara – UF30E – 60.7 %

L’intensité est bien là. La noix de coco, le tabac, le bois, la vanille, la prune à l’eau-de-vie, le chocolat noir, les fruits secs, la mélasse, les épices, une pointe de colle… Tout simplement envoûtant ; quant à l’alcool, il titille un peu les narines, nous verrons en bouche, s’il est maîtrisé. L’ensemble est assez sombre, témoin de son grand âge (27 ans en climat tropical tout de même). Ce nez a beau être massif et puissant, il n’en est pas moins lisible, et on peut passer de longues minutes à le humer.
L’alcool est parfait (à condition de n’en prendre qu’une goutte), et me revoilà le jour où je l’ai dégusté pour la première fois en 2014 chez A’Rhûm, à prendre la plus grande claque de mon monde du Rhum. Texture et suavité sont au rendez-vous, ce qui permet de parfaitement équilibrer la noirceur de ses arômes, entre café, cacao, mélasse et fruits secs.
La finale est à la hauteur des attentes, exceptionnellement longue. Ce sont les arômes sombres qui gardent la main, développant même une certaine amertume boisée et mélassée.
Mon premier Demerara par Velier (et mon premier brut de fût au passage). Il a beau ne pas être le plus facile d’accès, il est extraordinaire.
Velier Demerara – Diamond 1996 (16 ans) – 63.4 %

Le premier contact dévoile un rhum au profil très facile ; noix de coco, caramel et vanille. Et puis, les minutes passant, il devient plus profond, les arômes se modifiant progressivement. Le coco devient grillé, le caramel est clairement réalisé avec du beurre et la vanille se fait grasse. Mais ce n’est pas tout, apparaissent le tabac, la datte et une pointe de mélasse. Tout aussi aimable mais plus complexe, le repos lui fait du bien.
Quelle concentration sur l’attaque… La douceur équilibre bien la puissance et porte les arômes gourmands que sont le coco grillé, la vanille et la mélasse. Un petit côté popcorn ? Chouchou ? En tout cas, il est gourmand à l’extrême. Une délicate et passagère fraîcheur marque la fin de bouche.
Long ? Oui, avec son tabac, désormais bien en place, mais aussi le boisé vanillé et la noix de coco. Il devient plus sombre au fur et à mesure que tabac, bois et mélasse s’impriment.
Il ne développerait pas une trame sombre, il s’en trouverait sans doute trop simple, voire un peu écœurant, mais tel n’est finalement pas le cas. Un côté bourbon ce 1996 ?
Velier Demerara – Port Mourant 1997 – 65.7 %

Intéressant de me replonger dans ce rhum qui m’avait laissé une impression différente, et surtout moins ronde (il semble tout de même l’être bien moins que le Diamond). Le caramel se place aux avant-postes et se trouve accompagné d’une note chimique, non sans rappeler certains jamaïcains. Le fût se manifeste de manière directe, entre chêne (un peu piquant), épices et coco. Une touche de banane et vous obtenez un rhum à l’identité marquée.
Attention à la puissance ici. Si vous en prenez un peu trop, vous risquez de le regretter. Heureusement, ce n’est pas nécessaire pour l’apprécier et cela fera même durer votre bouteille (ou votre sample) plus longtemps. Aromatiquement, il est homogène avec le nez ; cependant, on reconnait, de manière discrète, sa nature Port Mourant, qui est presque entièrement masquée par le caramel, le bois, le coco et les épices.
Grosse persistance menée par le caramel cuit, les épices, le tabac, le cacao, la mélasse et la typicité de cet alambic en bois.
Voilà comment j’aime mon Port Mourant. Sans savon. Plus sérieusement, c’est en effet un des rares PM que j’ai apprécié depuis que je bois du rhum.
Tout était bon. Ils sont restés fidèles à l’image que j’en avais, et tant mieux.
Et pour le prochain article, on va changer de style… Vous verrez 😉
Demerara par Velier – Partie 1 : Uitvlugt 1996, Diamond and Versailles 1996 et Diamond 1999









