Un rhum… allemand ?!

“Ma femme est allemande.
– Et alors, qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ?
– Ben attendez une minute, que je vous parle de…
– Non mais arrête un peu. C’est quoi le rapport avec le rhum ? Hein ?
– J’y viens, une seconde. Ma femme est donc allemande, ce qui me donne l’occasion de me rendre en Allemagne plusieurs fois par an, dans la Ruhr, région sur-industrialisée jusque dans les années 70 où elle a été heurtée de plein fouet par la crise de 1973. Et depuis plein d’usines ont fermé. Ce qui est étonnant c’est que cette région est super verte, y’a des forêts partout, loin de ce que l’on imagine.
– Heu, tu fais pas un peu du hors-sujet là quand même ?
– Si, et alors, c’est mon blog ! Si j’ai envie de parler deux minutes de l’Allemagne, je peux quand même !
Mais vous n’avez pas tort. Je vais y venir.”
Donc lors de ma dernière visite, j’ai eu l’occasion de chercher des cavistes à Bochum et Herne. A cette période-là j’étais surtout à la recherche de Demerara de chez Velier (oui certes, toujours aujourd’hui :P) et j’avais l’espoir secret de trouver un caviste avec quelques bouteilles de derrière les fagots, qui aurait apprécié que je l’en débarrasse pour une modique somme.
Bon, je ne vais pas vous donner de faux espoir, je n’en ai pas trouvé 😦
Mais j’ai trouvé du rhum quand même !
La Ruhr \o/
Premier arrêt : Bochum.
*Petite musique désuète et voix off sentant la naphtaline* Ville de 365000 habitants, 16ème ville la plus peuplée d’Allemagne, datant du 9ème siècle, lorsque Charlemagne établit à la jonction de deux routes commerciales…
Oui bon j’arrête 😀
Bref Bochum où ma belle-sœur a pu nous indiquer un caviste franchement bien achalandé mais surtout en vins et en whisky. Je fais le tour de la (très jolie) boutique et trouve le rayon, un peu petit à mon goût, des rhums. Outre certains classiques essentiellement de tradition espagnole (Zacapa et autre Millionario par exemple), il y avait une très belle collection de bouteilles de la gamme Plantation dont 3 single casks que je n’avais pas encore eu l’occasion de goûter.
Plantation est la marque de rhum de la maison Cognac Ferrand. Leur démarche est la suivante : leurs rhums, qui viennent de plusieurs pays des caraïbes, sont d’abord vieillis et amenés “à maturité” dans leur pays d’origine. Ils sont ensuite emmenés en France et vont être affinés dans de petits fûts ayant préalablement servis au vieillissement de cognac enfin d’amener quelque chose de nouveau au rhum. Ils ont beaucoup de références différentes (une bonne vingtaine je crois, y compris certains single casks).
Vraiment un gamme intéressante Plantation
C’est alors qu’un vendeur s’approche et me propose son aide – en allemand. Je demande en un allemand approximatif si il parle anglais, il me répond que oui. Premier bon point ^^
On commence à parler un peu ; je demande quand même s’il n’a pas un Velier à la cave, mais ce n’est pas le cas. Je lui enlève son bon point ! Que je ne vais pas tarder à lui rendre quand il m’explique qu’il est possible de déguster. Je vais donc en profiter pour découvrir deux single casks de chez Plantation, celui de Cuba et… un autre dont je ne me rappelle pas ; la seule chose dont je me souviens c’est qu’il était trop sucré à mon goût.
Le cubain en revanche a un côté légèrement fumé très plaisant. Ça n’a pas vraiment été un coup de cœur mais ils étaient tellement sympa chez ce caviste que je suis reparti avec (et deux bouteilles de vin tant qu’à faire :)). Je ne l’ai pas encore ouverte mais je suis assez curieux de voir si elle correspond au (vague) souvenir que j’en ai.
Le lendemain, direction Herne, autre ville du coin. Nous sommes samedi matin et la journée verra apparemment une sorte de célébration de quelque chose, avec une sorte d’énorme banquet pour fêter ça sur une grande place piétonne. Sur tout le tour de cette place, plein de boutiques mais surtout, deux cavistes.
Je passe rapidement sur le premier, qui premièrement n’avait pas de Velier, deuxièmement ne proposait pas de dégustation et troisièmement qui n’avait que des rhums légers et doux de tradition espagnole.
Je vais moins vite passer sur le second 🙂
La bouteille en question
Je rentre dans l’échoppe, appelée Barrique (déjà je pars avec un a priori positif), accompagné de mon interprète (merci Nele ;)).
Quelques observations dès mon entrée : beaucoup de “fontaines” à différents alcools, un fût qui trône au milieu de la pièce et une absence de bouteilles de ma connaissance.
Après avoir salué le maître des lieux, il nous explique sa démarche : il importe des fûts de plusieurs alcools et les vieillit une année supplémentaire dans des fûts à lui en Allemagne (ce qui lui permet d’ailleurs d’apposer sur ses bouteilles une étiquette avec indiqué “Whisky von Herne” par exemple).
Je lui demande donc ce qu’il a comme rhum et il en a de plusieurs pays : Jamaïque, Martinique, Guyana… Et il se trouve qu’il a une bouteille du Guyana d’ouverte. Certes il était 10h00 du mat, mais ça ne m’a pas empêché d’accepter son offre de dégustation et puis après tout, on dit que le matin est le meilleur moment pour ça étant donné que les aliments de la journée n’ont pas encore pur avoir une influence sur le goût.
Bref, je déguste donc et j’aime bien. Il a cette saveur de poudre à canon/pierre à fusil que j’apprécie beaucoup, il est boisé et sec. Je décide donc d’acheter la bouteille et il me dit ensuite qu’il a aussi une version brut de fût mais malheureusement pas disponible à la dégustation. Je me suis beaucoup tâté et ai finalement décidé de ne pas la prendre, vu que je n’avais pas pu la goûter (oui je pense avoir été un peu bête sur ce coup).
Pour la petite anecdote, il avait aussi une soixantaine de bouteilles de whisky qu’il était certain de toutes vendre le jour même, et ça été le cas.
“Gold of the caribbean inside”, mouais…
Peu de temps après être rentré sur Paris, j’ai ouvert la bouteille et j’ai été un peu moins emballé mais sans être vraiment déçu non plus. Deux semaines après je fais un sample (échantillon dans une petite fiole de 5 cl) pour un pote amateur de whisky. Le lendemain il me rapporte la fiole à moitié pleine, en me disant qu’il n’a pas pu la finir tellement il était soufré à tendance œuf dur, ce qui m’a franchement surpris.
Le soir même, je rentre chez moi et je déguste une nouvelle fois ce rhum allemand, comme pour contredire les critiques entendues dans la journée…
…pour avoir, malheureusement, pas mal de souffre.

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