Mon Rhum Fest 2015 – partie 4 (oui c’est la dernière !)

Continuons sur nos purs jus français. Je suis allé faire un tour chez différentes distilleries dont je connais la plupart des produits, mais concernant lesquels je voulais me rafraîchir la mémoire ou bien déguster une bouteille encore méconnue (de moi).
Je cherchais une rime en “az” mais c’était trop naze…
Depaz pour commencer, où j’ai dégusté trois des quatre références représentées. Bon, j’aime tout 🙂
Le blanc est très sec et puissant, et bien sûr la canne. Il est bon mais il manque peut-être d’un petit quelque chose qui le distinguerait d’autres blanc agricoles.
L’élevé sous bois a été une jolie découverte. Je dois avouer ne pas boire d’ambrés/paille, élevés sous bois, mais l’idée d’un rhum à mi chemin entre un blanc et un vieux m’intéresse et celui-ci a bien les caractéristiques des deux univers, pas mal.
J’ai fait l’impasse sur le VSOP que je connais bien et suis passé au XO (que je connais bien aussi mais c’était pas gourmandise). Toujours aussi bien… Je comprends pourquoi c’est ce rhum qui m’a fait sauter le pas vers les agricoles et je suis bien content d’avoir une bouteille en réserve !
Karukera ensuite, où j’ai redécouvert leur blanc, 100% canne bleue, pur jus très sympa où l’attaque dissimule le côté sec de ce rhum. Je suis ensuite passé à la Cuvée Christophe Colomb, haut de gamme – hors millésime – de la marque, que je n’avais encore jamais eu l’occasion de goûter. Je l’ai trouvé très sec et épicé, super agréable. Le bois et le côté sec marqueront la finale, qui aurait pu être un peu plus longue. Une belle découverte.
Elle ne correspond pas au texte, je sais 😛
Neisson, qui avait son stand juste à côté de Karukera, n’allait pas s’en tirer comme ça ! J’ai eu envie de me refaire une opinion sur leur fameux blanc à 52.5%. J’en avais une bonne impression mais je l’ai redécouvert malgré tout, encore meilleur que dans mon souvenir. Encore un autre blanc pour mon armoire à merveilles ? Pas impossible 😉
On reste en Martinique, avec Trois Rivières et leur “nouvelle” gamme, que j’avais eu l’occasion de goûter à la rentrée dernière sur le salon Dugas Club Expert (je vous en parlais dans cet article).
Cependant, deux références étaient disponibles au Rhum Fest, que je n’avais pas pu goûter au salon Dugas : le Cuvée Princesse (j’ai un échantillon à la maison et je n’aime pas – je le dégusterai à nouveau en le laissant reposer bien plus longtemps dans le verre pour voir si cela change quelque chose) et leur 12 ans, encore jamais testé. En deux mots, le nez est extrêmement plaisant mais la bouche est trop boisée à mon goût. Cela ne lui enlève pas ses qualités et c’est un très bon produit qui plaira beaucoup à certains.
Saint James enfin, qui fête cette année ses 250 ans d’existence !
Avant tout je dois dire que j’aime bien cette marque, qui souffre à mon avis d’une image médiocre du grand public alors que certains de leurs produits sont vraiment très bons. Comme le Fleur de Canne, par exemple, blanc premium de la marque, qui se distingue par des arômes poivrés et des notes d’agrumes (encore un autre blanc sur mes étagères à l’avenir ? Oui peut-être bien :p). Après avoir précisément bu quelques centilitres de ce dernier, je voulais passer au Cuvée Excellence et surtout au millésime 1999, dont on m’avait dit le plus grand bien quelques jours auparavant. Oui, eh bien, non. Je n’ai même pas pu les goûter. En effet, peu de temps après mon arrivée sur le stand, alors que je prenais mon temps pour redécouvrir ce blanc, un groupe de commerciaux en costumes s’est présenté et la personne de l’autre côté de la table m’a totalement oublié… Je me suis pourtant montré patient, ai essayé d’attirer l’attention du maître des bouteilles, mais non, rien n’y a fait, aussi après de longues minutes, je suis parti ailleurs. Mais ça m’a drôlement énervé ! Bref, tant pis pour moi et tant pis pour lui !
Rapide passage chez Issan pour saluer et féliciter les créateurs de ce rhum. J’ai eu la bonne surprise de voir que suite à mon article les concernant, ils m’avaient mis de côté un citron vert afin que je puisse essayer leur rhum avec un zeste ! Très délicate attention, merci beaucoup 😀
Des bouteilles très reconnaissables
Mes pas me mènent ensuite vers le stand Mezan, autre embouteilleur indépendant.
On commence par le commencement, à savoir leur Jamaica XO, leur entrée de gamme, mais déjà bien typé Jamaïque. Une bonne manière de découvrir cette île de rhums.
On continue par leur Jamaica 2005 (de chez Worthy Park). Le nez est plus doux, plus gourmand et plus boisé, avec un déficit d’arômes jamaïcains. Qu’à cela ne tienne, on les retrouve en bouche avec en prime d’agréables notes brûlées.
La Guyane Anglaise ensuite avec deux expressions bien différentes l’une de l’autre. Le Guyana 2005 (Port Mourant), avec un nez épicé et iodé et une bouche boisée et grillée. Puis le Guyana 2003 (Versailles) dont le nez est plus végétal avec des touches d’amande et une bouche moins expressive mais là aussi une finale sur le brûlé.
Il est intéressant de noter à ce moment que j’ai trouvé à ces quatre rhums des notes empyreumatiques appréciables certes mais qui n’aident pas forcément à bien différencier une bouteille de l’autre.
Un Don José 2006, du Panama pour continuer ; un rhum plus dans la tradition espagnole et donc plus gourmand et avec des arômes de caramel. Moins mon truc.
Et pour finir, me voilà sur un Caroni 1996. Au nez, les arômes habituels de Caroni se font discrets et un côté mentholé fait son apparence. En bouche cependant, aucun doute, on est bien sur cette fameuse distillerie disparue de Trinidad. Des notes florales viennent compléter ce profil. Pas mal dans l’ensemble même si je lui aurais préféré quelques degrés de plus.
Le nouveau design des Ti Arrangés de Ced’
Pour terminer mes dégustations et ce récit : direction les rhums arrangés de Ced !
Il y a de fortes chances que vous connaissiez déjà les Ti arrangés de Ced, vous avez d’ailleurs pu en entendre parler sur ce blog, ici-même, lorsque je vous ai présenté son Point G (oui je sais ça fait bizarre de lire ça comme ça :p).
Cette fois-ci, j’ai pu (re)déguster deux classiques de sa gamme et essayer une nouveauté.
Le Mangue-Passion d’abord ; la mangue est présente mais plus comme une base, un arrière-plan, alors que la passion, plus volatile, apporte fraîcheur et vivacité. C’est bon 🙂
Pomme-Gingembre ensuite. Là aussi belle association et bons dosages, on débute sur la gourmandise d’une pomme caramélisée pour transitionner (oui je viens d’inventer ce mot) vers le gingembre qui vient donner un petit coup de peps et rend la finale très longue.
Une bien belle bouteille 🙂
La nouveauté de chez Cédric que je voulais tester était son Ti-Punch. Vous l’aurez compris, j’aime le ti-punch, j’adore le ti-punch, je vénère le ti-punch ! J’étais donc très curieux de voir ce qu’une préparation en bouteille pouvait donner et un peu inquiet des dosages (beaucoup de ti-punchs que l’on peut boire dans des bars ou en soirée sont, à mon avis, trop sucrés/citronnés). Inquiétude infondée puisque la volonté de Cédric était justement d’avoir une boisson “sous-dosée” pouvant être rectifiée aux goûts chacun ; pas trop de sucre, pas trop de citron vert (pour moi ça va ;)). Il faut ajouter à cela que le rhum utilisé est vieilli quelques mois, ce qui lui amène un petit quelque chose en plus (et là j’espère ne pas dire de bêtise). Bref, il faut croire que tout ce que touche ce monsieur est une réussite.
En parlant de réussite, revenons à son Point G. Seulement un peu plus de 200 bouteilles avaient été produites l’année dernière et elles ont disparues en quelques semaines, laissant sur leur faim de nombreux amateurs. Eh bien, réjouissez-vous, car une nouvelle fournée est en préparation ! J’en connais un qui va s’en reprendre une (au moins ! :D).
Ouf ! S’en est terminé de cet interminable compte-rendu de mon aventure Rhum Fest 2015 (et encore j’ai fait l’impasse sur une petite partie de mes notes, ça en faisait juste trop ^^).
J’espère ne pas vous avoir assommé avec toutes ces notes de dégustation. Autant en les vivant et en prenant des notes cela ne m’a pas paru trop long, autant à l’écriture de ces lignes…
J’en ai parlé un peu sur le premier article de la série, mais je veux encore dire un mot sur l’organisation de l’événement, qui dans l’ensemble était tout simplement, au top. Je n’ose même pas imaginer le casse-tête et les (trop) nombreuses journées de travail qu’un tel salon doit représenter…
Et donc : merci infiniment Anne et Cyrille pour cette dernière édition et rendez-vous l’année prochaine !

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