Mon Rhum Fest 2015 – partie 3

Que de choses de goûtées lors de ce Rhum Fest !
Je reprends mon cahier d’écolier et je vois qu’il me rente encore pas mal de choses dont je dois vous parler.
Ce qui est “rigolo” c’est qu’en parlant avec un confrère, je lui demande son top 5 de cette édition 2015, et 3 des 5 rhums qu’il me sort n’ont même pas trouvé le chemin de mon verre… Soit je ne les ai tout simplement pas vus, soit je n’ai pas eu le temps de m’y pencher. Bon en même temps, ça en fait encore pas mal à découvrir et ça c’est bien 🙂
Les entrées de gamme et les deux premiers jamaïcains

Hop, on se remet en route, et nous voilà au stand de la Compagnie des Indes.

Avant tout, j’aime bien cette marque. Je m’explique : voilà un embouteilleur indépendant français, qui sélectionne ses rhums partout dans le monde, qui fait de petites quantités dont des bruts de fûts. Ce qui ne gâte rien : le (jeune) patron est très sympa et ne se prend pas la tête.
Et leurs rhums alors ? Eh bien, leur gamme s’étoffe assez rapidement et offre donc une diversité qui permettra à chaque amateur d’y trouver son bonheur.
Lors du salon, j’ai pu en déguster huit, ouais quand même, ça bosse dur !
Voilà mes impressions du moment.
Le blend Caraïbes tout d’abord. C’est un de leurs deux rhums d’entrée de gamme, le plus sec des deux. En effet le budget est limité, malheureusement, je trouve que ses qualités aussi. Attention rien de mauvais ou d’écœurant, juste rien qui m’ai convaincu. Passons à autre chose, il en reste sept !
Et de 6 avec les deux jamaïcains suivants

Jamaïque 7 ans ; vous connaissez mon faible pour les rhums de cette île et leur typicité, voyons voir celui-ci. Ouhla ! Voilà un nez original, sur le gin et la chartreuse ! Pas du tout dans cette typicité jamaïcaine que j’affectionne, mais qu’à cela ne tienne, c’est très sympa. La bouche reste sur la même veine, même si là, le bois apparaît ainsi que les marqueurs jamaïcains en arrière-plan.

J’enchaîne sur la version brut de fût. Quoi de neuf ? Une intensité augmentée, des arômes végétaux encore plus présents et une longueur multipliée. Une belle découverte !
Le Fiji ensuite. Là aussi je passe rapidement, je n’ai pas écrit grand-chose sur mon cahier d’écolier, c’est qu’il ne m’a pas marqué.
La Compagnie des Indes nous propose également un rhum en provenance d’Indonésie (berceau de la canne à sucre et de l’arrak, ancêtre du rhum). C’est la première fois que j’ai eu l’occasion de déguster un rhum de cette origine ; on n’en sait pas plus sur cette origine justement, car la distillerie est gardée secrète – aucune idée de pourquoi. Et alors il donne quoi ce rhum ? Eh bien il donne quelque chose d’original, au nez, des épices (jasmin surtout), de la fraise et un côté lacté, comme on peut avoir sur certains jamaïcains mais en moins prononcé. En bouche on retrouve certains de ces éléments et l’on a sur la finale un côté fût brûlé assez sympa. Original et pas dénué d’intérêt ce rhum indonésien 🙂

Et de 10 !

Destination Cuba pour leur prochaine référence. Je ne suis pas spécialiste des rhums cubains, mais celui-ci, gustativement, pour moi ne vient pas de là. Je ne dis pas qu’il y a tromperie sur la marchandise hein, non simplement que quand je découvre un rhum qui vient de Cuba je ne m’attends pas à ça : un rhum porté sur les épices et avec des notes empyreumatiques, bref un rhum que j’aime bien 😀
La Barbade ensuite ; un nez orange, bois et genièvre, pas franchement typé Barbade. Cependant en bouche, on retrouve plus cette typicité Barbade, entre autre avec un boisé plus prononcé. Une bonne expression de cette île.
On termine, par un retour en Jamaïque avec leur Navy Strenght. C’est un blend de rhums provenant de quatre distilleries de l’île. Au nez, pas de doute, nous sommes bien sur un jamaïcain, ça fait plaisir. Le degré d’alcool apporte puissance et longueur. La finale là aussi se décline sur des arômes brûlés/grillés. Il m’a bien plu.

Le rhum de Paris

Un stand qu’il ne fallait pas manquer, de par la diversité, l’originalité et la nouveauté des rhums proposés était “Les rhums de demain” (je crois :p).

Il y avait par exemple deux rhums de la distillerie californienne “The Lost Spirits”, que je connaissais déjà grâce à Helena (thanks again!), qui a eu la gentillesse de m’en envoyer des échantillons il y a quelques mois de cela.
Si on reste aux USA, était également en dégustation le Koloa de Hawaï -provenance qui fait rêver – qui est élaboré à base de pur jus de canne ; pas mal tout ça. Bon ben en fait, non… Pas grand-chose au nez, pas grand-chose en bouche… tant pis.

La France n’était pas en reste avec la distillerie de Paris, Ferroni (les rhums de Marseille) et la Cuvée n°3 de la Confrérie du rhum.
Alors cette distillerie de Paris ? Projet ambitieux de la maison Julhès (pour ceux qui ne connaîtraient pas, je vous invite à lire cet article-ci), qui consiste à distiller différents alcools à Paris même, après que cette activité ait disparu il y a de très nombreuses années. Eh bien, ça y est l’alambic est en fonctionnement et produit, entre autre, du rhum. Ce rhum est élaboré à partir de sucre transformé de Galabé (de la Réunion donc).
C’est un rhum atypique, avec un nez très citronné et un peu sur le gin. En bouche, ça change complètement puisque l’on a quelque chose de plus “lourd”, avec des arômes de cacao et de fleur. Il faudra que j’y trempe à nouveau mes lèvres !

Trois des références les plus intéressantes de la gamme

Direction la cité phocéenne maintenant avec un nouvel embouteilleur indépendant français : Ferroni. Ils proposent une gamme très variée, avec un blanc pur jus de l’Île Maurice, qui est pour moi une réussite. Un rhum de dégustation, qui devrait également pouvoir être utilisé pour la confection de ti-punchs de qualité 🙂
Ils ont également à leur catalogue un rhum en provenance de Belize (et donc de la distillerie Travellers). Là je ne vais pas être impartial, j’ai aimé tous les rhums que j’ai pu déguster en provenance de cette distillerie ; celui-là ne déroge pas à la règle, j’adore son boisé et ses notes de coco.
Leur gamme est étoffée par deux produits à base de rhum : le Honey Rhum, pour les plus nuls en anglais, un rhum aromatisé au miel et le Merveilleux Falernum, élément qui rentre dans la composition de cocktails et qui à mon avis, peut même se boire comme ça, tant les épices sont bien dosées.
Leur créneau haut de gamme est rempli par un guadeloupéen de 1998 (vraisemblablement un Damoiseau comme tous les rhums de Guadeloupe de 1998 sortis chez des embouteilleurs indépendants). Vous savez que je ne suis pas un grand fan de cette “série” de rhums et je n’ai même pas goûté celui-là ; je devrai avoir l’occasion de le déguster d’ici peu de temps, je verrai si mon avis change 🙂

Guadeloupe 1

Et j’ai gardé, ce qui selon moi est, le meilleur pour la fin : le Rosé Rhum Blend. Comme son nom l’indique c’est un blend, les rhums le composant provenant de Guyane Anglaise, de l’Île Maurice et de Trinidad. L’ensemble est vieilli en fût de Cognac puis affiné en fût de vin doux naturel (Rasteau pour être précis). Au nez il donne cette étrange impression d’être gourmand sans être sucré, ce qui est confirmé en bouche, il est sec et boisé mais tout est bien dosé, même l’alcool est en bonne proportion. Il s’agit d’un rhum d’un très bon rapport qualité/prix, puisqu’il devrait être trouvable pour une quarantaine d’euros.
La Confrérie du Rhum est un groupe Facebook rassemblant des amateurs d’alcool de canne de toute la France (et même du monde) dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises. Les admins de ce groupe ont depuis peu lancé des cuvées de rhum estampillées Confrérie de Rhum.
La troisième était en dégustation en avant-première au Rhum Fest, et cette fois, c’est un rhum blanc ! Et agricole s’il vous plait !

Guadeloupe 2

C’est la distillerie Longueteau qui a bien voulu participer. Elle m’a laissé une très bonne impression avec un nez sur la canne et une impression vive, sèche et “droite”. L’attaque, elle, est plus douce tout en restant fraîche. La finale est assez longue, ce qui ne gâte rien. Bref, en voilà une qui rejoindra mes rayonnages personnels 😉

Restons un instant en Guadeloupe chez Longueteau, qui proposait sur le salon (et d’ici la fin d’année chez les cavistes) leur Canne Rouge, rhum élaboré à partir d’une unique variété de canne : la canne rouge (bravo ceux qui suivent, les autres vous sortez !). Afin d’en apprécier la singularité, j’ai commencé par goûter leur blanc “générique” à 55°, qui est déjà un bon agricole et qui doit, là aussi, être parfait pour la réalisation de ti-punchs.
Eh bien, il y a une différence indéniable avec le Canne Rouge, qui est plus floral et plus fruité. Il m’a laissé une très bonne impression ! Aussi ne serait-il pas étonnant que je me retrouve avec deux blancs de chez Longueteau sur mes étagères assez rapidement (enfin d’ici à ce qu’elle sorte quoi ;)).

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