Salon Club Expert 2015 – La grand-messe de Dugas – Partie 2

Retour au Musée des arts forains et à son lot de nouveautés (ou rhums sur lesquels je n’avais pas eu l’occasion de m’attarder jusque-là).
On change d’océan, pour nous rendre à l’Île Maurice et découvrir Chamarel et sa production.
Cette distillerie existe depuis assez longtemps pour nous offrir depuis peu un XO, mais prenons les choses dans l’ordre et commençons par les blancs. Et oui, il y en a deux, mais vous vous en doutez, différents l’un de l’autre (sinon pourquoi en faire deux ?).

Les deux sont élaborés à partir de jus de canne, alors où est la différence ? Elle se situe principalement dans la méthode de distillation.

J’aime beaucoup le design de leurs rhums vieux.

Le Classic est distillé sur colonne et se rapproche donc des rhums agricoles auxquels nous sommes habitués, même si l’embouteillage se fait ici à 42°. Du coup, on retrouve un nez de canne, assez frais et tirant sur les agrumes (citron). En bouche la canne est toujours là, accompagnée de notes florales. Bref il est agréable.

Le Double distilled est quant à lui distillé deux fois sur un alambic charentais. Son nez est plus lourd et très intense, porté sur le poivre ; un ensemble sympathique et intéressant. En bouche, c’est toujours gras mais je trouve qu’il lui manque quelque chose. La finale sera à nouveau poivrée. Très différent du Classic, mais pas mal non plus.

Il est toujours intéressant de voir que sur deux produits partant de la même base, le vesou, on parvient à obtenir des résultats totalement différents.

Je passe sur le VSOP et les liqueurs, connaissant le premier et n’étant pas intéressé par les seconds.
Le XO maintenant, relativement récent dans la gamme (il faut bien attendre les années nécessaires :)). Il est élevé en fûts neufs de chêne français et titre 43°.
Élément important, la matière première mise en vieillissement est un mélange des deux blancs décrits plus haut. C’est à la lecture de mes notes, que je me rends compte qu’ils ont chacun leur influence sur ce XO puisqu’au nez j’ai écrit : frais, boisé et poivré. Je pense en effet que le côté frais vient du Classic alors que le côté poivré vient du Double distilled. L’attaque est souple et la finale longue et fine sur le bois et le poivre. J’aimerais le regoûter celui-ci aussi.
Petit regret sur le stand, pas de single barrel 2008 ou 2009 à déguster. En ayant entendu beaucoup de bien j’aurais bien aimé y tremper les lèvres mais ça sera pour une autre fois.
Packaging réussi, moderne et rétro à la fois.
Deux “vraies” nouveautés maintenant, du côté des rhums anglo-saxons.
Le rhum (ou plutôt rum) Whisper, un gold rum, qui nous vient d’Antigua, petite île au nord de la Guadeloupe. C’est le résultat de la collaboration entre deux étudiants qui se sont lancés il y a deux ans dans cette aventure et un maître rhumier qui est l’expert de la bande (j’espère ne pas dire de bêtise).
On connait un tout petit peu Antigua pour son rhum, avec des marques telles que Cavalier ou English Harbour ; cette dernière produisant entre autre un 25 ans d’âge qui m’avait très agréablement surpris.
Nous sommes bien évidemment sur un rhum de mélasse, qui est élevé 2 ans en fût de bourbon.
Au nez, c’est gourmand, avec des arômes d’amande, de vanille, de coco, de miel et d’orange. L’attaque en bouche est douce sans être sucrée et la finale, moyennement longue est principalement sur le bois.
L’ensemble est agréable et plutôt bien fait ; non sans rappeler certains produits issus de la distillerie Travellers de Belize. Je leur souhaite bonne chance !
N°1 ? Ça se discute 😛
Nouveauté chez Angustura ensuite, le N°1, oui c’est son nom. Il s’agit d’un rhum vieux de 16 ans vieilli dans deux types de fût différents (10 ans dans l’un puis 6 ans dans l’autre), j’imagine bourbon et cognac mais je n’en suis pas sûr.
Bon, je vais mettre ça sur le dos de mon palais (oui mon palais a un dos :P) vacillant à ce moment de la journée mais je l’ai trouvé sans intérêt et très sucré pour mon goût. Je passe.
Arrive ce moment où je me dis qu’il va être temps de rentrer chez moi. Je prends donc le chemin de la sortie tout en regardant de droite et de gauche pour voir si je n’aurai pas louper quelque chose.
C’est en repassant devant le stand HSE que je vois Cyril Lawson, le directeur commercial de la marque, rencontré la semaine précédente. J’en profite donc pour le saluer et lui faire part de ma déception de ne pouvoir déguster le finition Porto ou le millésime 2003. Il me fait discrètement comprendre que si j’attends cinq minutes il se pourrait que mon verre se remplisse de quelques centilitres de ce HSE finition Porto. Me voilà soudainement patient et plus si pressé que ça de rentrer chez moi 🙂
Pas de photo prise mais Cyril a pu m’envoyer celle-ci 🙂

Pour patienter, je goûte le blanc Titouan Lamazou “La Belle Heure”, version 40°. Il est bon, très marqué canne et doux. Sans doute un peu trop pour moi, et je lui préfère sa version à 50°, qui n’est, selon moi, pas reconnue à sa juste valeur.

Mais le temps passe et hop, verre rempli et dégustation imminente, merci Cyril 😉
Voilà un nez gourmand et fin, porté sur des arômes de vanille, de fruits rouges (légers), de datte avec également une note d’orange et un boisé (bois frais/vert) que j’associe souvent à rhums vieux HSE. La bouche est gourmande et sèche à la fois avec une très légère note de poudre à canon. La finale est longue et boisée avec des tanins fins. L’ensemble est d’une grande finesse. Encore une à déguster en de meilleures conditions afin de confirmer ce fort potentiel !
Voilà ce qu’il y a à retenir des rhums que j’ai dégustés en cette journée du 5 octobre 2015.
Mais ce n’est pas pour autant la fin de ce salon. En effet, alors que je reprends à nouveau de chemin de la sortie, je fais une ultime pause pour saluer deux confrères amateurs que je croise régulièrement dans ce genre d’événements ou chez les cavistes. On échange rapidement sur nos expériences et découvertes de la journée et ils me disent que je ne peux partir sans passer au stand tenu par une blonde, que l’on aperçoit de dos de là où l’on se trouve, et qui présente non pas du rhum mais du cognac.
OMG!

Je n’y connais pas grand-chose en cognac (pour ne pas dire rien du tout) mais je leur fais confiance et vais donc demander à déguster, sur leurs conseils, le XO et le Hors d’Âge.

Je sors donc de la zone réservée aux rhums et reviens dans la première partie du lieu, dédiée entre autre aux vins et aux eaux-de-vie de vin.
Me voici, de manière assez inattendue, au stand de la maison Bache Gabrielsen et commence à discuter avec la dame en question.
Elle m’explique que leur XO est un assemblage d’une moyenne d’âge de 15 ans, rien que ça. Je penche mon nez sur le verre (très généreusement servi) et suis frappé par le fruité qui s’en dégage ! Il y a du pruneau, des raisins, de la prune, le tout légèrement poivré et peu marqué par le bois. La bouche est assez douce, sur les fruits frais à nouveau mais aussi les fruits à coque. La finale est longue et marqué par la noix, ce qui me plait beaucoup. Vraiment très bon.
OMFG!!!

Elle propose ensuite de passer au Hors d’Âge, je ne dis pas non 🙂

Alors qu’elle remplit mon verre, elle parle de ce cognac et explique qu’il s’agit là aussi d’un assemblage dont la plus vieille eau-de-vie date de 1917 et dont la la moyenne d’âge est de 55 ans… Ah oui quand même !
Prenez le XO, gardez la fraîcheur (qui m’a fait penser au pinot gris cette fois) et le fruité mais ajoutez-y des arômes plus boisés, de tabac et de cuir avec des épices douces en prime ; ça c’est pour le nez. En bouche, nous avons les épices et les fruits alors que la vivacité est toujours présente, assez incroyable pour un spiritueux de cet âge (pour moi en tout cas). La finale, longue, alterne entre les arômes fruités et ceux plus boisés.
Absolument délicieux.
Je lui demande le prix de ces délicieusetés et elle me donne le prix pro de chacune des deux. Ce qui a fini d’enfoncer le clou : 35€ pour le XO et 110€ pour le Hors d’Âge… Bon j’imagine qu’il faut au moins ajouter 50% pour arriver au prix dans le commerce mais je me dis que je vais peut-être bien faire une petite infidélité à mon eau-de-vie préférée sur ce coup-là 😀
C’est après cette expérience inattendue et plus qu’agréable que j’arrive à atteindre la sortie sans nouvelle interruption et c’est ainsi que mon récit se termine.
A l’année prochaine Salon Club Expert !
Une autre belle chose à voir au Musée des Arts Forains.

 

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