Les dégustations : En compagnie… des Indes – partie 2

 
La sélection cette semaine (sans oublier le petit dernier de la photo de groupe de la semaine dernière)

 

Nous revoilà pour remettre ça en compagnie… des Indes (j’ai trouvé cette blague mauvaise dès le départ, seul le comique de répétition peut désormais me sauver !). C’est donc reparti et on y va avec le blanc de l’embouteilleur, relative nouveauté puisque déjà présenté il y a quelques mois lors du Rhum Fest. 
 
 
 
Pas qu’un joli chapeau 😛

Compagnie des Indes – Tricorne

Pour vous en parler, je commence par me citer (cet article) – oui je vous entends d’ici “Comment il se la pète lui ! Pour qui se prend-il ? Il s’auto-cite, où va-t-on ?”. Oui ben ça va hein, je vous emmerde mes p’tits potes, je fais bien ce que je veux.
Et donc je me cite:

“Il s’agit d’un blend entre rhum de mélasse (environ 55%), rhum pur jus de canne (40%) et arrack d’Indonésie (d’une certaine manière l’ancêtre du rhum dont la principale différence d’élaboration est l’ajout de riz rouge pendant la fermentation – 5%).”
Au nez, je confirme ma première impression, il est expressif, frais et vif. Il ne fait que 40 degrés mais on pourrait le croire un peu plus puissant. Et là, quelque chose qui ne m’avait pas sauté aux narines lors du Rhum Fest : la mûre. C’est cet arôme fruité qui domine. Ce n’est que bien après et bien plus discrètement que l’herbe, le poivre et le citron se font sentir.
En bouche, il est très légèrement sucré et la texture est agréable. La banane apparaît mais c’est toujours la mûre qui est au premier rang. L’équilibre se créé.
 
La finale est relativement courte mais soutenue. Elle est même explosive sur la fin de bouche, sur les épices.
 
Je l’aime bien ce blanc (cette mûre !), dommage que la finale soit un peu courte.
 
 
Il nous reste deux pays à explorer et pas des moindres : la Jamaïque et Trinidad.
Commençons par ce dernier.
 
Sur la photo la semaine dernière

Compagnie des indes – Trinidad 16 ans

Trinidad mais pas Caroni, ce rhum-ci est issu de la distillerie qui produit Angustura. Attention c’est un des rares bruts de fût que l’embouteilleur français propose sur le marché français (contrairement à ses rhums destinés au marché danois) – 63 degrés quand même.
Au nez, oui je confirme c’est un brut de fût et il ne faut pas y jeter les narines trop soudainement.
Les arômes sont intenses, c’est avant tout la vanille (très grasse) qui saute au nez, les notes secondaires (mais qui se défendant bien), sont la cendre et le pruneau. Un mélange pas inintéressant.
 
Au bouche, l’attaque est crémeuse et presque douce. L’alcool n’arrive que dans un second temps mais sans mettre votre bouche en feu. Ce sont cette fois-ci les notes empyreumatiques cendrées qui sont au premier plan. Le pruneau et la vanille restent présents.
 
La finale est au croisement entre les notes cendrées et vanillées. Ce mariage étonnant et intense, va vous tenir compagnie un bon moment.
 
J’ai été très surpris de me trouver sur un rhum de chez Angustura aux arômes cendrés (non sans rappeler les rhums de l’autre distillerie de l’île, désormais fermée).
 
 
 
Justement, si nous parlions du rhum issu de cette distillerie fermée : Caroni.

Encore un Caroni !

Compagnie des Indes – Caroni 22 ans.

Il est proposé à un degré inhabituel, qui peut faire mouche, 48°.
Au nez justement, on sent la puissance et il n’est pas superflu de le laisser un peu tranquille dans le verre avant de vous y aventurer. Les fruits exotiques mènent la danse, la banane, l’ananas et le fruit de la passion. Pas de Caroni surpuissant au goudron caoutchouté ici, la colonne vertébrale de la distillerie se manifeste sous forme de notes fumées, relativement discrètes.
 
En bouche, l’alcool se fait aussi sentir et ce rhum est sec. Là non plus, pas d’explosion d’arômes, qui sont étroitement liés les uns aux autres. Les fruits disparaissent et laissent place à cette présence fumée, ainsi qu’à une touche médicinale et épicée.
 
La finale est longue (pas vraiment une surprise quand on connait ces rhums) mais pas aussi monolithiquement intense que d’autres Caroni. Les arômes de fumée, de vanille et une légère amertume sont tout en retenue.
 
J’ai été désarçonné pas ce Caroni, étant plus habitué à des bombes trinidadiennes qu’à de vieilles dames poudrées – oui là j’exagère carrément.
 
 
Rendons-nous désormais à la Jamaïque et ses rhums “funky” !

Deux nous sont proposés, issus de deux distilleries différentes : Hampden et Long Pond. Débutons par ce dernier.

Etiquette abimée, en plus de photo pourrie

Compagnie des Indes – Long Pond 12 ans
Au nez, ouhlala ce que j’aime ça. Si je devais le définir en deux mots : Jamaïque et gourmandise.
*Fin de la note de dégustation*
Je blague, nous allons rester un peu plus longtemps en compagnie… des Indes (je ne lâche pas l’affaire).
Et donc un peu plus en détails, nous sommes bien en Jamaïque avec les arômes solvant/colle/polycopié (oui je sais ça ne fait pas rêver et je ne pense pas que les jamaïcains “puants” soient faits pour les débutants, mais quand on commence à les apprécier, alors là c’est le pied !) et bien sûr la banane très mûre. C’est le côté pâtissier, qui vient ensuite, qui apporte la gourmandise : vanille et pâte à gâteau. Une légère note végétale vient compléter ce profil pour un nez bien équilibré.

En bouche, l’alcool est juste. Ce rhum est plus sec et moins gourmand qu’au nez. Je lui ai trouvé un léger manque de présence, même s’il est tout de même agréable avec ses notes pâtissières et grillées. Les notes de solvant/colle/polycopié (également appelé “le trio qui tue”) impactent légèrement l’ensemble.

La finale est longue, en dépit de sa relative perte de concentration après une minute. Ces sont les notes grillées, voire brûlées, qui prennent de plus en plus de présence. Les épices remportent la seconde place.

Je ne connais pas autant que j’aimerais Long Pond, même si j’aime beaucoup de manière générale. Celui-ci a un super nez mais une bouche un peu en deçà. Ca reste un Long Pond, donc c’est bon ^^



J’ai un souvenir d’un autre Hampden de Silver Seal

Passons maintenant à la distillerie Hampden, réputée pour produire des rhums jamaïcains parmi les plus typés !

Au nez, le doute n’est pas permis : la Jamaïque, et ça sent le pot still. Vous allez trouver le trio qui tue et la banane bientôt pourrie. Mais là où le précédent n’offre pas tellement de complexité, celui-ci offre des notes crémeuses, ainsi que d’autres fruits (pomme et poire). Pour finir une double note herbeuse et thym.

Là aussi l’alcool est très bien dosé. La différence principale avec le nez est que les arômes secondaires diminuent ou disparaissent, tandis que des notes brûlées et de fruits secs apparaissent.

La finale est très longue et les notes empyreumatiques sont intenses et associées à la banane. Le beurre refait une apparition un peu plus timide et une impression d’amertume vient conclure la toute fin de dégustation.

Encore un jamaïcain qui ressemble à un jamaïcain, ce qui me plait. Maintenant il n’est pas évident de faire son choix parmi toutes ces distilleries et tous ces embouteillages… Il faut goûter ! Une bien pénible tâche 😉

Beaucoup de choses, beaucoup de possibilités, beaucoup de profils différents et donc beaucoup d’amateurs qui seront comblés, même si pas par les mêmes rhums 🙂

C’est ainsi que notre périple gustatif en compagnie… des Indes (désolé) s’achève.

Vous pouvez retrouver la première partie de ces dégustations ici-même.

7 thoughts on “Les dégustations : En compagnie… des Indes – partie 2

  1. Salut,
    Pourrai-je réutiliser la blague de la compagnie des Indes ? (bien sûr, je ne manquerai pas de mentionner son “inventeur”…) 😉
    PS: j'ai toujours une bouteille de 6 Saints à refourguer pas cher 😉
    Cyril
    Merci pr le paratge de la dégustation… @+

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  2. Salut,

    Merci pour le partage et la découverte des nouvelles références de CDI.

    Quel âge pour le Hampden, est-ce bien le single cask 15 ans ? Juste pour savoir on sera en compagnie d'un rhum majeur… ou mineur 🙂

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  3. Pingback: Le Salon du Rhum Belge, Spa la dernière fois que j’y vais ! – partie 1 | Les rhums de l'homme à la poussette

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