Les dégustations : Saint James 1982, 1986 et 1987

Il peut m’arriver d’être très content de mettre la main sur un échantillon en particulier, mais je le suis encore plus quand je parviens à rassembler une “série”. C’est exactement le cas pour ces trois Saint James des années 80, les trois seuls millésimes de cette décennie produits par la distillerie martiniquaise.

samples

Line up Saint James – Saint James 1982, Saint James 1986, Saint James 1987

J’avais eu la chance de déguster le 1982, il y a environ quatre ans de cela et il m’avait laissé une excellente impression (je vous en parlais brièvement dans cet article). Aussi étais-je impatient de pouvoir m’y frotter à nouveau et encore plus de découvrir ses deux “petits frères”.
Quelle meilleure occasion de se livrer à une telle dégustation que d’avoir deux bonnes heures au calme devant soi ?

C’est parti !

Saint James 1982 – 43%

Saint James 1982 bis mod

Saint James 1982 – 43% (photo : Olivier Scars)

Au premier nez, il a beau être un ancêtre et à faible degré, il dégage une sacrée intensité ! Le boisé est massif mais est loin de masquer des arômes plus légers d’orange et de fruit à coque. Et ce n’est pas tout puisqu’il possède également quelques accents mentholés et torréfiés. Pour un premier nez, on ne s’ennuie pas, d’autant que l’ensemble est bien agréable et gourmand. Le deuxième nez magnifie les arômes déjà sentis et apporte à la fois de la fraicheur et du tabac, qui devient même un peu trop présent, ce qui me fait dire que le premier nez était mieux.

En bouche, l’alcool est bien dosé et les 43% suffisent. Le profil est chaud, boisé et le tabac est là aussi et je ne sais comment mais il arrive à rester frais mais ça le rend très agréable, d’autant qu’une touche de vanille et de noix apporte la gourmandise.

La finale est de plus en plus boisée et torréfiée sur le café, et le tabac n’est pas bien loin. Elle est relativement longue et reste intense un bon moment. On arrive même franchement sur des notes empyreumatiques à tendance brûlées mais qui ne sont pas dérangeantes pour un sou.

Une belle dégustation en plusieurs temps, comme si ce rhum avait trop à offrir ; il doit se dédoubler entre le nez et la bouche/finale pour faire montre de tous ses talents. C’est bon.

Saint James 1986 – 43%

Saint James 1986 mod

Saint James 1986 – 43% (photo : Marc Olivreau)

Au premier nez, est également bien expressif mais de manière sensiblement différente. Il est bien plus sombre, avec son boisé bien noir, de puissantes notes balsamiques et de noix torréfiée. Loin d’être désagréable, il semble néanmoins moins complet et équilibré que son grand frère. Après quelques minutes supplémentaires, le zest d’orange apparait et il est bienvenu. Ici, avoir enrobé le verre de rhum a l’effet contraire, une certaine fraicheur ressort et la facette balsamique tend à disparaitre, ce qui va apporter l’équilibre qui lui faisait défaut. Deux nouveaux arômes émergent également : poivre et amande ; ils vont permettre de rendre son profil plus complet et complexe. Pas mal du tout.

En bouche, l’attaque est saisissante tant les 43% donnent du peps. On est sur un profil équilibré et gourmand, entre boisé, fruits à coque, zest d’orange, tabac, cacao… Superbe ! Il est rare d’avoir une bouche aussi complète et elle m’aura procuré beaucoup de plaisir.

La finale s’assagit un peu et on arrive doucement à des notes plus boisées et empyreumatiques mais la noix reste là elle aussi comme si n’avait pas envie de partir, et c’est tant mieux. Il y a même de la vanille qui vient contrebalancer le côté « noir » de cette finale, qui, pour mon plus grand plaisir, est très longue.

Lors de notre première rencontre, je lui avais préféré le 1982 ; pas cette fois ! J’ai été totalement conquis, un rhum exceptionnel !

Saint James 1987 – 43%

Saint James 1987 mod

Saint James 1987 – 43% (photo : Marc Olivreau)

Au premier nez, bien qu’il soit plus proche du 1982, il a son identité propre. Le boisé est un peu plus poudreux et c’est le plus fruité avec des fruits à chair blanche : pèche et poire. Elles sont saupoudrées d’épices douces et bien que ce rhum soit – pour l’instant – le plus timide des trois, il offre tout de même de belles choses et est assez gourmand. Sur le deuxième nez, ce sont des arômes plus sombres qui se manifestent, avec le tabac, le poivre et un petit quelque chose de carbonisé. On perd un peu les fruits mais l’arrivée de l’amande nous les feraient presque oublier. Sympathique.

En bouche, là encore, les 43% sont parfaits et bien qu’il soit moins équilibré que le 1986, il reste drôlement bien foutu. L’attaque et les premières secondes sont presque aussi agréables que sur son aîné, puis il perd en fraicheur et en équilibre (sans que cela devienne une catastrophe hein).

La finale est boisée, mais le fût est accompagné par le caramel cuit et aussi des notes de vanille bien noire. Mais les secondes passant, c’est un bois carbonisé qui prend en assurance et qui devient la star, même si la cannelle joue les seconds couteaux. Elle est peut-être un peu « terne et poudreuse » mais tout de même plaisante, ce qui est bien car elle est drôlement longue.

Très réussi ce 1987. Il termine en troisième position de cette dégustation Saint James mais aurait pu enfoncer bon nombre d’autres rhums, il était simplement face à deux géants !

Ce fut une magnifique dégustation. Bravo Saint James ! Trois très jolis rhums méconnus, ou simplement suffisamment rares pour que seuls quelques heureux élus aient pu les découvrir. Oui parce que c’est le souci avec ces bouteilles : elles sont dures à trouver et chères quand on a la chance de tomber dessus. Du coup, je profiterai encore de mes samples, qui sont loin d’être vides 🙂

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