Les dégustations : Plantation Single Casks 2020, les retardataires

Il y a quelques semaines de cela, je vous parlais des Plantation Single Casks que j’avais eu le plaisir de découvrir en compagnie d’Alexandre Gabriel dans les locaux Ferrand, à Paris. Huit sur les douze que compte la collection complète étaient en dégustation ce soir-là et comme j’aime bien aller au fond des choses, je demandais alors s’il était possible de recevoir des échantillons des quatre manquants. C’est très gentiment qu’ils me les ont fait parvenir et j’ai enfin eu l’occasion de m’y pencher, après un mois de novembre extrêmement chargé (merci les International Sugarcane Spirits Awards !).

Plantation Panama 6 ans – 45.2%

Plantation Panama 6 ans – 45.2%

Vieillissement : 3 ans et demi sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an en France en fût de cognac, 1 an et demi en fût de Marsala (225L)
Dosage : 16 g/L
Nez : fruité sur les raisins, l’ananas et l’orange mais des fruits au sirop. Vanille et chocolat au lait accentuent la gourmandise mais nous font craindre le sucre. Certain manque de finesse venant entre autres d’un déficit de fraicheur
Bouche : trop sucrée pour moi et dominée par le chocolat au lait
Finale : le chocolat se fait plus cacaoté et ce rhum se fait un peu plus sec mais le sucre demeure tout de même
Pas pour moi ce Panama, trop sur le sucre et la rondeur.

Plantation Panama 2007 – 46%

Plantation Panama 2007 – 46%

Vieillissement : 10 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 2 ans en France en fût de cognac, 1 an en fût de Champagne (225L)
Dosage : 12 g/L
Nez : tout de suite plus fin que le précédent et plus équilibré, autant avec des notes épicées que fruitées et florales. Dur de savoir si cela vient du passage en fût de champagne mais on trouve également quelque chose de fermentaire
Bouche : il y a tout de suite quelque chose qui se remarque et qui s’accentue quand on le garde en bouche quelques secondes, c’est son côté presque gazeux mais sans l’être, vraiment surprenant. Sinon, il est lui aussi bien sucré et ces sont le chocolat au lait et la vanille qui dominent
Finale : fruits secs et vanille se partagent la vedette et là encore le sucre s’attarde. Une petite note vineuse se fait sentir
Celui-là non plus n’est pas pour moi mais il est plus équilibré que celui vieilli en fût de Marsala, surtout au nez et cette impression légèrement gazeuse en bouche est pour moi une première.

Plantation Fiji 9 ans – 48.6%

Plantation Fiji 9 ans – 48.6%

Vieillissement : 7 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an et demi en France en fût de cognac, 5 mois en fût d’Aquavit (vieillissement dynamique)
Dosage : 4 g/L
Nez : immédiatement plus expressif que les deux premiers, il est aussi plus difficilement apprivoisable. Les fruits sont exotiques et sont complimentés par une pointe végétale, une touche fumée et un voile d’amande amère
Bouche : je ne connais pas l’aquavit, il m’est donc difficile de dire ce qui est apporté mais la fraicheur poivrée de ce rhum me semble venir de là et elle équilibre bien le boisé cacaoté
Finale : plus empyreumatique, on y retrouve le cacao, mais sa facette végétale n’est pas bien loin et gagne même en présence les secondes et les minutes défilant
Pas inintéressant ce Fiji, voire même franchement original mais il manque un peu de gourmandise à mon goût.

Plantation Guyana 2008 (Port Mourant) – 49.6%

Je n’avais pas de photo de ce dernier single cask, alors je vous offre un fût 😉

Vieillissement : 9 ans et demi sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an en France en fût de cognac, période de temps inconnue passée en fût de Mezcal (Del Maguey)
Dosage : 10 g/L
Nez : vraiment hybride que ce nez ! A vrai dire j’ai presque l’impression d’être sur un mezcal qui aurait été arrondi et « gourmandé » par le rhum. Les arômes sont végétaux, terreux et légèrement fumés mais complétés par la vanille et les agrumes ; pas mal
Bouche : on retrouve cette même impression avec des notes marquées de mezcal mais où la vivacité est partiellement domptée par le rhum, sans disparaitre non plus ; il fait son effet. Ah oui, il est aussi un peu sucré
Finale : là encore, elle est très mezcalienne mais une fois de plus la vanille vient l’arrondir, du moins dans un premier temps, avant que sur la longueur, l’univers du mezcal ne s’installe
Il faut aimer le mezcal avec ce Guyana 2008 et comme c’est mon cas, j’ai vraiment trouvé l’expérience intéressante et plaisante. Mon préféré de ces quatre retardataires.

Voilà, je les ai tous testés ! Ces quatre-là apportent d’autres profiles à cette gamme déjà riche. Je n’ai pas été convaincu par les Panama (même si la sensation en bouche du 2007 est vraiment unique), trop sucrés pour mon palais. Le Fiji se démarque par son originalité, tandis que le Guyana vieilli en fût de Mezcal est, pour moi, la star de ce quatuor, même si certains le trouveront sans doute trop marqués par l’eau-de-vie d’agave.
A l’année prochaine pour la série 2021 !

One thought on “Les dégustations : Plantation Single Casks 2020, les retardataires

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