La Martinique, la Guadeloupe… et Louviers – Partie 1

Il y a quelques semaines, un certain Florent me contactait pour me parler d’un salon de dégustation de spiritueux, qui se tiendrait dans la mégalopole normande de Louviers et m’invita à m’y rendre.

De bonnes têtes de vainqueurs 🙂
Louviers est une petite ville de l’Eure (en Normandie) qui se trouve à une centaine de kilomètres de Paris.
Depuis 4 ans, elle est le théâtre en mars d’un salon de dégustation de spiritueux, avant tout de whiskies mais également, depuis deux ans, de rhums.
Bref, je vérifie mon agenda de ministre, évoque l’idée avec mon allemande de femme et l’idée devient réaliste et concrète.
Rendez-vous est pris pour le dimanche 15 mars !
Et donc nous y voilà, dimanche dernier, en route pour Louviers. Après un épisode Rouennais sur lequel je ne m’attarde pas, pour ne pas passer pour un vil individu (oui je sais, en disant ça j’attise votre curiosité mais je ne dirai rien :p), direction Louviers à une trentaine de kilomètres de là.
On se gare un peu au hasard et je rentre dans un troquet pour demander mon chemin vers les Caves voûtées du Moulin, de sympathiques habitués hauts en couleur me renseignent ; on a de la chance, nous ne sommes qu’à 3 minutes à pieds.
Après une petite frayeur (pas moyen de mettre la main sur les tickets) et à l’aide de la technologie moderne (j’ai pu les retrouver dans mes mails sur mon téléphone), nous pouvons enfin pénétrer dans le bâtiment qui abrite l’événement.
A l’entrée, on nous attache un petit bracelet en tissu au poignet et l’on nous remet un calepin présentant les différentes marques, un stylo (ce qui s’est avéré fort utile pour prendre des notes, même si vous vous en doutez, un professionnel de ma trempe avait bien entendu tout prévu – ou pas :P) et bien sûr, un verre.
Le terme “cave voûtée” désigne en fait… une cave voûtée. De rien.
C’est parti !
Tout d’abord je dois parler du lieu en lui-même, vraiment super sympa et bien choisi. Les caves voûtées donnent un cachet certain et offrent suffisamment de place pour permettre à un grand nombre d’exposants de présenter leurs produits. Une vraie ambiance s’en dégage !
Je fais un rapide tour du propriétaire et repère quelques marques bien connues.
Je jette mon dévolu sur Mezan pour commencer et débute par leur Long Pond 2000. Long Pond est une distillerie de Jamaïque qui produit des rhums habituellement assez expressifs et complexes ayant une profondeur intéressante. Là je dois avouer être un peu rester sur ma faim, peut-être les 40% d’alcool qui lui coupent un peu les ailes. Pas désagréable pour autant mais j’en attendais sans doute trop, je plaide coupable.
J’aurais bien voulu en goûter un ou deux autres mais pour une raison dont je ne rappelle pas (non je n’étais pas – encore – pompette) j’ai quitté leur stand.
Quoi qu’il en soit, j’ai entendu dire qu’il n’était impossible que Mezan sorte des bruts de fûts à l’avenir, voilà de quoi relancer mon intérêt pour cette marque.
Un peu plus loin je repère un grand barbu de ma connaissance et vais lui présenter mes respects. On papote un peu et il me parle des différentes distilleries représentées au salon. J’apprends qu’il travaille en fait sur le salon et s’occupe des rhums de tradition française distribués par Dugas (Trois Rivières, La Mauny ou encore Séverin). Rien qui m’intéresse – car je les connais déjà – sur ce stand, mais une sélection variée de blancs et de vieux présentant une belle variété de rhums des Antilles Françaises, parfaite pour faire découvrir nos rhums.
Il m’indique également où trouver le Bar aux Curiosités où se trouve Florent (oui, celui-là même qui m’avait contacté quelques semaines plus tôt). Ce sera ma prochaine étape.
Une étagère comme on aimerait en avoir chez soi 🙂
Je commence à jeter un œil à l’imposante étagère remplie de merveilles en tous genres, un très beau florilège de spiritueux : whiskies, rhums, mezcals… !

Comme vous pouvez vous en douter, c’est la seconde catégorie qui attire le plus mon attention.

La voici !

Je vois quatre rhums que je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter, dont le Montebello 1982 dans sa carafe à ruban rouge bien reconnaissable.

Un groupe de personnes discutent non loin de là, je me rapproche et pense identifier mon hôte, et en effet c’est bien lui. On y va de nos très originaux “Salut Florent”, “Salut Laurent” et on commence à papoter. Il m’explique un peu comment l’organisation s’est passée, quels distilleries/distributeurs ont pu venir, ainsi que sa philosophie de partage dans ce monde des spiritueux.

Et là comme pour illustrer son propos, il me sert un verre de ce Montebello 1982. Qu’est-ce qu’il nous raconte ? Premièrement il faut savoir que c’est un traditionnel et non un agricole. Objectivement c’est un produit de qualité qui offre une certaine fraîcheur, qui vient donner du peps et une longueur impressionnante. Malheureusement pour moi, il présente aussi cette saveur de caramel brûlé qui me dérange parfois sur certains rhums de Guadeloupe.

Je sais qu’il plairait à certaines de mes connaissances mais moi, ce n’est pas mon truc ; un peu comme les vieux Damoiseau (d’ailleurs pas si loin de celui-ci gustativement).

Après ce sympathique intermède, je repars dans la foule, pour aller y “picorer” les rhums qui m’intéressent, m’intriguent, que j’aime ou auxquels je veux donner une seconde chance.

Une bonne petite sélection ma foi

Etape obligée, de par la diversité de leur offre et la qualité des produits distribués : la table LMDW,
Pas question cependant de tout goûter, j’en connais déjà une bonne partie.

Premier arrêt : Rum Nation Barbados, que je ne connaissais pas.
Sans aucun doute, nous sommes à la Barbade, on reconnait bien ce profil typique avec cependant deux particularités. Tout d’abord, c’est doux ; pas liquoreux ou écœurant mais légèrement sucré et je ne trouve pas que cela colle (à cause du sucre peut-être :p) avec la typicité Barbade. En revanche j’apprécie plutôt ce côté torréfié habituellement absent des rhums issus de ce pays. Au final un rhum pas mauvais, qui plaira à certains mais auquel je privilégierai par un exemple un R.L. Seales.

Second arrêt : Savanna 5 ans.
La maison Savanna se trouve à la Réunion et est une distillerie qui sort un nombre insensé de rhums différents : des traditionnels (à base de mélasse), des agricoles (à base de jus de canne), des grands arômes (un temps de fermentation long), des finitions (quelques mois passés dans des fûts ayant contenu d’autres alcools après le vieillissement principal), des bruts de fûts (le rhum étant mis en bouteille à son degré alcoolique naturel de sortie de fût)…
Je ne connais pas encore bien ce qu’ils font et je le regrette, il va falloir que je mette les papilles sur des bruts de fûts et des grands arômes. Si vous voulez en savoir plus sur Savanna, foncez là :

distillerie Savanna

Les cheveux gris viennent d’un défaut de l’appareil photo bien entendu

J’ai quand même (re)goûté leur traditionnel 5 ans d’âge, une base dans leur gamme. Bon et bien je n’aime toujours pas ; pour moi la principale caractéristique gustative de ce rhum c’est le plastique brûlé (que je retrouve sur plusieurs rhums de la Réunion et auquel je ne me fais pas).
Cela ne me rebute absolument pas pour le reste de la gamme, d’autant moins quand j’entends le plus grand bien de certaines de leurs bouteilles.

Troisième arrêt : Clarin Sajous batch 2.
Déjà dégusté lors du Whisky Live en fin d’année dernière.
Je vous ai déjà parlé des clairins, ces rhums haïtiens on ne peut plus naturels, tout étant réalisé à l’ancienne.
Trois clairins sont trouvables par chez nous, tous trois sélectionnés et distribués par Luca Gargano qui est allé sur place, a visité bon nombre de distilleries et a choisi les trois plus intéressantes pour nous en faire profiter, ici en Europe.
Il y a déjà eu deux “batchs” (deux millésimes en quelque sorte), un en 2012 et un en 2013 pour chacun des trois (Sajous, Vaval et Casimir). Il s’agit ici du clairin Sajous 2013.
Je l’avais beaucoup aimé dans sa version 2012, très fraîche, sur le jus de canne et les agrumes.
Son petit frère est moins net, moins précis. Il se rapproche un peu du Vaval batch 1 mais sans être aussi attractif à mon goût. Il reste très expressif, trait commun à tous les clairins et reste un très bon rhum. Si vous n’avez jamais dégusté ces clairins, foncez, ils valent le détour.

To be continued…

One thought on “La Martinique, la Guadeloupe… et Louviers – Partie 1

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