Salon Club Expert 2016 – La grand-messe Dugas – partie 1

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Ron Maja, Trois Rivières Oman et Ron Emperor

C’est avec environ un mois de décallage, que je vous propose le compte-rendu de mon expérience du Salon Dugas de cette année après les 2014 et 2015 🙂

Dugas est un des plus (peut-être même le plus) importants distributeurs de rhums en France et ne fait d’ailleurs pas que dans le rhum. Tous les styles sont présents dans leur catalogue ; cela va des succès commerciaux sucrés, aux agricoles AOC de Martinique en passant par des productions plus confidentielles de l’Île Maurice ou du Japon. Bref, il y a de quoi faire. En ce qui me concerne, j’y vais surtout pour les nouveautés, curieux de tout mais surtout de leurs purs jus de canne.

Une fois de plus c’est au Musée des arts forains dans le 12ème arrondissement de Paris que ça se passe. Cet endroit est vraiment enchanteur et offre donc un cadre unique pour ce genre d’évènement. Nouveauté cette année cependant, Dugas s’est payé deux salons différents, l’un réservé au vin et l’autre au reste. Il y a donc plus de place pour “le reste” et je ne vais pas m’en plaindre. Je n’ai rien contre le vin, bien au contraire, mais je ne peux pas tout faire 🙂

On y a !

Après un rapide tour du propriétaire, je me dirige d’un pas décidé vers le stand Trois Rivières qui présentait une nouveauté qui avait attiré l’attention de bon nombre d’amateurs : la cuvée Oman. C’est le premier opus d’une trilogie destinée à être complétée d’ici 2 puis 4 ans par les deux autres rhums portant eux aussi le nom d’une des trois rivières passant sur le site historique de la distillerie Trois Rivières.

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Trois Rivières Oman

Cet Oman est un blend de 12 millésimes ayant vieilli un minimum de 6 ans. Il a reposé ensuite deux ans en cuve, puis est repassé en fûts usagés (ayant contenu du rhum) pendant encore deux ans. C’est Daniel Baudin, maître de chais de la maison, qui est aux commandes de la dégustation. Chose intéressante, il a servi un verre depuis environ 90 minutes afin de faire profiter du rhum après du repos.

Tout juste versé, il se caractérise par des arômes d’épices douces (cardamome et cannelle), de fruits secs, de boîte à cigares, d’agrumes et de bois. Franchement sympa mais un peu brut de décoffrage. Sur le verre servi une heure et demi plus tôt, on a un profil plus fin où les arômes sont plus fondus. Les épices se font plus discrètes et le boisé ressort. La vanille et les fruits rouges font une apparition discrète. De manière générale ce dernier est moins intense mais plus homogène. Dans les deux cas j’ai apprécié ce nez. Pour ce qui est de la mise en bouche, je n’ai pu que tester le rhum nouvellement versé. Et là j’ai été déçu, le trouvant trop acide. Mais étant donné la différence aromatique au nez, je me dis qu’il aurait sans doute clairement gagné à reposer dans le verre avant dégustation. La finale est longue et on y retrouve les épices, qui réapparaissent, tandis que l’impression acide perdure mais est moins dérangeante tout en étant mêlée à une certaine fraicheur. Une touche de sucre roux conclue la dégustation.

Une expérience en demi-teinte pour ce rhum de chez Trois Rivières, à réessayer avec une période d’aération, ça ne serait pas la première fois qu’un rhum de cette maison le mérite !

Une fois cette soif de curiosité étanchée, je me mets à arpenter le salon en quête de nouvelles choses.

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Ron Maja

Je tombe sur un stand qui présente un rhum que je ne connais pas, dont je ne pense même pas avoir entendu parler. Me voilà curieux et je m’y dirige donc pour découvrir cette marque du Salvador : Maja. Ils ont deux rhums à leur arc, un 8 ans et un 12 ans. Ce sont des rhums de style espagnol et a priori distillés sur colonne moderne, ce qui ne promet pas de grandes choses…

Le 8 ans pour débuter, dans lequel est ajouté un peu de caramel, nous informe l’exposante. Un nez où dominent le caramel et la vanille, mais où les fruits rouges et les fruits secs font une brève apparition. Une impression sucrée s’en dégage également. Ce qui se confirme rapidement en bouche, c’est sucré et là aussi caramel et vanille sont de la partie. La finale est proche d’être inexistante. Bon bon bon… Je ne suis pas super impatient de passer au 12 ans.

Mais, une fois de plus, je me sacrifie pour vous chers lecteurs 🙂 Un nez où la vanille s’impose mais où les fruits à coque (noix et amande) se font une place, voilà qui est une bonne surprise. Il est moins sucré que son petit frère et tout simplement plus rhum. La finale moyennement longue offre des notes de tabac et de fruits secs, en plus de la vanille. Bon, et bien finalement, une relative bonne surprise, dans son style. Il m’a un peu fait penser au Abuelo 12 ans, qui dans cette gamme de rhums et de prix, est raisonnable.

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Quitte à être curieux, voire aventureux, me voilà soudain au stand des rhums Emperor. J’avais vu passer quelques photos sur les réseaux sociaux. Bon, là encore, mes attentes étaient assez basses, ne serait-ce qu’à cause du design de la bouteille, dont les créateurs semblent vouloir la voir concurrencer des poids lourds du secteur “sucre et artifices”. Mais bon, se baser sur la bouteille pour se faire un avis est un peu limité, donc j’y vais. Le monsieur derrière son stand m’accueille et commence à m’expliquer de quoi il s’agit. Ses deux rhums sont tous deux issus de l’Île Maurice et sont des blends de rhums âgés entre 5 et 12 ans, de mélasse et de pur jus. La partie mélasse, qui représente 60% du résultat final, est distillé sur colonne, tandis que les 40% restants sont distillés sur alambic charentais à base de pur jus de canne. La seule différence entre les deux, est que l’un est partiellement vieilli en fût de sherry. Peut-être ai-je pensé trop vite, car cela ne semble pas inintéressant.

Leur “Héritage” – doux nom donné à ce premier rhum – juste versé dans le verre, j’y plonge le nez, pour y trouver des arômes d’orange et de chocolat. Ah… Ça me rappelle quelque chose. L’impression sucrée est là, elle aussi. D’accord. La bouche est moins sucrée que prévue (mais l’est tout de même), mais on y cherche le rhum. Où peuvent bien être ces 40% de jus de canne distillés sur alambic ? La finale reste sur ce goût de sucre et c’est tout.

Passons vite au Sherry finish, qui est présenté comme étant le plus doux de deux. Ouhlala. Au nez, on perd le chocolat (ah !), que l’on remplace par la fraise et la banane (oh !). La bouche reste sur cette lancée de mélange de sirops ou de bonbons. La finale demeure sur ces notes artificielles et sucrées.

Voilà, voilà. Vraiment, mais alors vraiment, pas mon truc ! En même temps, le fait de les présenter dans un seau à glace aurait dû me mettre la puce à l’œil et me faire tourner les talons.

 Je dois faire un petite pause afin de prendre l’air et de m’hydrater 😀

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