1998, des rhums champions du monde ? – 1ère partie

1998, année dite exceptionnelle pour les rhums de nos Antilles Françaises. Alors que l’on voit plusieurs distilleries ressortir des millésimes 1998 (Bally et son brut de fût par LMDW, Saint James ou encore HSE), il était temps de déguster la plupart des bouteilles mises sur le marché il y a déjà quelques temps et de faire une sorte de comparatif.

J’avais dans l’idée de faire ça avec les quelques rhums de cette année en ma possession. Pour se faire, j’avais emporté avec moi en Allemagne cinq échantillons pendant les vacances de Noël, que je comptais compléter à l’aide des deux autres notes déjà écrites quelques temps auparavant. Et puis en fait, je me suis dit : pourquoi ne pas faire un “comparatif” le plus complet possible ? Seul souci, je manque d’un grand nombre de ce rhums sur mes étagères. Solution : demander à des confrères quelques centilitres de chacun de ces rhums afin de pousser l’expérience le plus loin possible. Alors que j’écris ces lignes, je ne les ai pas encore reçus mais ça ne devrait pas tarder. Merci à vous tous ! 🙂

Aller, on se lance !

Commençons par le Bally (pas le brut de fût du coup). Je ne suis pas le plus grand fan de cette distillerie, que je ne connais que par ses millésimes récents (et sa gamme de vieux “classique”). De ce que j’en entends, les millésimes plus anciens sont différents et valent beaucoup plus le coup – j’en ai un ou deux samples à la maison, je me ferai ma propre opinion lorsque je les ouvrirai.

bally

En attendant J. Bally 1998, 43% ; bouteille que l’on peut trouver à des prix variant de 60€ (il y a encore quelques temps) à 350€ sur des sites allemands, par exemple. Je ne m’explique d’ailleurs pas une telle différence.

Bref, dégustons.

Au nez, c’est un rhum très boisé, dominé par des notes réglissées et orangées (au second plan). Des notes d’épices douces et de poivre se font aussi sentir. L’ensemble manque de fraicheur à mon goût. Ce n’est pas la discrète note d’amande qui arrange ça, ni l’impression poudrée. L’aération lui fait du bien, en faisant un peu ressortir la canne.

En bouche, l’alcool est discret et nous avons la même impression générale que sur le nez. Là cependant il se montre un peu plus équilibré, même si les marqueurs sont identiques.

La finale est très longue et toujours très boisée, même un peu amère. La réglisse revient en force ainsi qu’un petit quelque chose de torréfié. Ce n’est toujours pas la fraicheur qui se distingue.

Pas franchement mon style ce Bally (tout comme les autres récents d’ailleurs). Ce manque de fraicheur et cette prédominance de bois réglissé n’est pas pour moi. Il n’y a pour l’instant que la cuvée Héritage qui m’a plu chez eux.

Deuxième sur ma liste, le Saint James 1998, 43.8% au compteur. Celui-ci devient difficile à trouver, le 1999 ayant désormais “pris sa place”. Avec un peu de chance vous pourrez encore mettre la main dessus pour une grosse centaine d’euros. A noter que la distillerie s’apprète à sortir de nouvelles bouteilles de ce millésime 1998. Je ne sais pas pour l’instant s’il est resté en fût tout ce temps ou s’il a reposé en foudres, voire en cuve ; l’influence sur les arômes et sur le prix va grandement en dépendre.

Assez papoté.

saint-james

Au nez, ah ! Celui-là me plait bien plus. Il allie gourmandise, fraicheur et intensité. Il est bien plus fruité que le Bally, avec ses arômes de pomme cuite, d’orange (un zest très frais) et de fruits à coque. Le fût est là aussi mais sans la tendance réglisse. Le tout est enrobé d’une vanille gourmande et saupoudré d’épices douces.

En bouche, le boisé est plus présent et l’alcool apporte une puissance bienvenue. On sent bien le côté « rhum pur jus de canne », tandis que les fruits secs apparaissent et que les épices demeurent.

La finale est longue et assez bien équilibrée. Des notes cacaotées se distinguent ainsi qu’une légère astringence. La réglisse arrive finalement après quelques instants, ainsi qu’un petit quelque chose de médicinal, même si dans l’ensemble il reste sur une impression chaleureuse.

Un rhum qui vaut le détour. Il offre beaucoup de choses et est équilibré. J’aime entre autres le fait que différents arômes apparaissent aux étapes successives de la dégustation. Un classique pour mes goûts !

Sans plus attendre, le troisième rhum sur le banc d’essai : le J.M. 1998, 15 ans d’âge. Une de ces fameuses étiquettes cuir, normalement synonyme de qualité (j’ai une légère préférence pour les 10 ans et leurs étiquettes papier – mais je n’ai pour l’instant pas assez goûté ni des uns ni des autres pour avoir une idée définitive sur le sujet). A noter que cette bouteille devient elle aussi difficile à trouver, les millésimes suivants ayant pris sa place, successivement le 1999, puis le 2000, tout juste apparu.

jm-15-ans

crédit photo : Rhum Attitude

Place à la dégustation.

Au nez, ce rhum nous offre deux trames différentes : une plutôt habituelle sur le bois, les agrumes, les épices douces – et le poivre – et les fruits secs ; et l’autre : bonbon anglais, malabar et fraise tagada. C’est assez étrange. L’ensemble est vif, les 15 ans n’ont pas endormi la bête.

En bouche, là aussi c’est vif et il est plus dur de dissocier les deux tendances détectées au nez. L’influence bonbon diminue (mais est toujours présente) et c’est un JM plus classique qui ressort, sur les arômes de la première trame décrite plus haut.

La finale est assez longue sur des notes chaudes. Le côté bonbec est presque absent ici (et c’est tant mieux) et laisse sa place à un boisé grandissant, légèrement tannique, ainsi qu’aux épices, elles aussi dominantes. En fait, après quelques minutes, c’est bien le retour des arômes bonbons, même si de manière moins intense que sur le nez.

Un 1998 atypique. Un J.M. atypique. Cette étonnante présence aromatique malabarienne le rend unique, malheureusement pas en bien. J’ai été bien plus conquis par d’autres 1998 et par bien d’autres J.M. !

dillon-1998

crédit photo : Référence Rhum

Finissons cette première excursion temporelle avec un distillerie bien trop souvent sous-estimée :  Dillon et leur jolie carafe ronde. Là encore si vous en voulez, il ne va pas falloir trop trainer et chercher un peu, mais ce n’est pas – encore – mission impossible. Pour être tout à fait honnête, cette dégustation date d’il y a plusieurs mois lorsque j’avais voulu comparer ce millésime 1998 avec le Dillon XO “grenadier” ; fort heureusement j’avais pris quelques notes (un peu moins développées que les autres), bon élève que je suis.

Un nez plutôt discret qui va demander du temps pour s’ouvrir et s’exprimer et où les 43% se font pas mal sentir. Il développe des arômes d’épices, d’orange amère, de vanille et de cacao (un peu en retrait).

En bouche, l’alcool se fait toujours sentir, un peu trop. Ce sont ici les épices qui se taillent la part du lion, tandis que le fût se signale à nos papilles mais sans excès.

La finale est plutôt longue et là encore, les épices sont au premier plan, et il n’y a à vrai dire, pas grand chose au second plan. Ces sont vraiment ces notes épicées à tendance poivrées qui concluent cette dégustation.

Pour moi, un des millésimes 1998 qui n’est pas si exceptionnel que ça, vraiment trop sur les épices. D’ailleurs, lorsque j’avais fait cette comparaison avec le grenadier (toujours de chez Dillon), ce dernier était sorti vainqueur assez nettement.

Il est temps de faire une petite pause et de se refaire le palais avant de passer aux suivants 😉

5 thoughts on “1998, des rhums champions du monde ? – 1ère partie

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