Salon Club Expert 2017 – La grand-messe Dugas – Partie 2

Je vous ai parlé des rhums purs jus de canne dans la première partie, passons maintenant aux rhums de mélasse (enfin c’est ce que je croyais, mais vous allez voir, je me fourrais la canne dans l’œil).

Chairman's Reserve

Chairman’s Reserve – The forgotten casks

Suite des aventures avec pour débuter dans les rhums traditionnels, le Chairman’s Reserve Forgotten Casks. Ils sont forts, rien qu’avec ce petit nom de “fûts oubliés”, on imagine de très vieux fûts perdus au fond d’un entrepôt, retrouvés par hasard après de très longues années. Bon ça ne doit pas du tout être le cas, et j’aurais bien aimé en parler à la personne derrière le stand mais je n’ai pas pu, il y avait malheureusement trop de monde 😦
C’est un rhum relativement doux (pas sucré), au boisé sec et vanillé. C’est d’ailleurs ce boisé qui vous accompagne tout au long de la dégustation pour ce rhum “facile”. Il doit d’ailleurs pouvoir constituer une bonne passerelle vers des rhums plus secs pour quelqu’un qui viendrait de choses plus sucrées.

Pixan

Pixan 8 ans

Ma curiosité (certains diront témérité) m’a ensuite amené au Mexique pour un nouveau rhum, le Pixan. Un rhum de 8 ans qui subit une double distillation et qui est vieilli dans des fûts de bourbon. Je ne vais pas vous mentir, au nez il ne se passe pas grand-chose, mais au moins il est relativement frais et fait plus penser à un style anglais (léger) qu’espagnol. La bouche, en revanche, offre plus de relief avec des arômes d’épices, de vanille mais aussi un côté empyreumatique. L’alcool est bien dosé et l’on a une impression sucrée, ce qui m’a fait un peu douter de ce que le producteur me disait concernant le caramel comme étant l’unique ajout (pour la couleur). La finale est longue sur des notes brûlées et caramélisées.
Au final un ron qui sort des classiques du genre, pour son bien (et le notre).

Antan Lontan

Antan Lontan (distillerie Bielle)

Et voilà, moi qui pensais avoir respecté un semblant d’ordre logique dans mes dégustations et ne plus avoir d’agricole à goûter, c’était sans compter les rencontres fortuites ; en l’occurrence Freddy de chez A’Rhûm et Philippe de la Petite Martinique à Bordeaux. Ce dernier à embouteillé un rhum de la distillerie Bielle ayant voyagé sur le Tres Hombres, un voilier faisant la trajet Antilles-France métropolitaine chargé de divers produits dont quelques fûts de rhum. Le fût en question a même suivi une route bien plus longue après divers problèmes ^^ Bref, Freddy venait de réceptionner sa bouteille apportée par Philippe, et bien sûr il a décidé de l’ouvrir pour la faire déguster aux quelques amateurs présents. Eh bien, ce Antan Lontan est un des meilleurs rhums que j’ai dégusté ce jour-là. Un Bielle brut de fût intense sur l’anis, le bois et les agrumes, gourmand et opulent, qui colle aux gencives… Bref une réussite. Il va falloir que je me renseigne sur la manière d’en récupérer une bouteille ! 😀

Un petit évènement maintenant, un nouvel embouteilleur indépendant français, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Dugas lui-même. Leur idée est de travailler avec des distilleries qu’ils distribuent par ailleurs mais sans faire de copier/coller les produits “officiels” ; sinon où serait l’intérêt ? Je vais y revenir un peu plus en détails sur chacun des rhums que j’ai pu déguster, à savoir trois sur la gamme qui en comprend 7 (si mes souvenirs sont bons). Tous ces rhums sont réduits à 45%. Mon premier réflexe est de me dire “Mais pourquoi les réduisent-ils ?!” et puis en fait, il commence à y avoir beaucoup de full proof sur le marché, ce n’est donc peut-être pas si bête que de proposer des versions réduites. Voyons voir ce que la dégustation donne.
Ah et au fait, le nom de cette gamme ? La Maison du Rhum. Outre le fait que cela fasse penser à la boutique parisienne du même nom, c’est peut-être une tentative de se placer de manière encore plus évidente comme concurrent de la Maison du Whisky, en s’appropriant le “rhum”.

La Maison Du rhum

La gamme embouteillée par Dugas – La maison du Rhum

Un La Mauny 3 ans pour commencer (et mon deuxième écart de stratégie dégustative). Au nez, il est sec sur les épices et un boisé qui ne m’emballe pas. En bouche il offre une relative douceur épicée mais se fait de plus en plus sec. Et la finale est largement dominée par… les épices. Décidément. Bref, pas top, trop d’épices à mon goût.
Un “Diplomatico” ensuite. Je mets des guillemets, car bien qu’il nous vienne de la même distillerie que la célèbre marque grand public, les caractéristiques de production pour la Maison du Rhum sont différentes. En effet, la distillation ici n’est faite que sur du potstill et, dixit la personne qui faisait déguster : “l’édulcoration est moindre que chez Diplo”. Un nez sur la banane flambée et le caramel, une bouche légèrement sucrée toujours sur la banane et le caramel, avec un ajout de vanille et une finale où l’impression sucrée reste mais où le menthol apparait, ainsi qu’un côté cuit. Oui c’est sans doute plus à mon goût que l’autre mais sans m’emballer plus que ça non plus.

Direction le Guatemala et la distillerie qui produit Botran. Là aussi ce rhum sera proposé à 45%, mais il était encore un peu tôt et l’échantillon proposé à la dégustation était une version à 60%. Le nez se défend bien sur un boisé qui se fait opulent et gourmand ; les 60% n’y sont sans doute pas pour rien. La bouche reste dans le même esprit avec le boisé qui se fait ici vanillé. On garde ce boisé gourmand sur la finale, qui est relativement longue. M’aurait-il moins plu à 45% ? Probablement, mais en tout cas comme ça, il n’est pas mal du tout.

Il est compliqué de se prononcer sur cette gamme (au design réussi) en n’ayant goûté que trois rhums de la série, dont un loin d’être sous sa forme définitive… On verra bien en temps utiles ; pour l’instant je reste un peu sur ma faim.

Diplomatico

Diplomatico – N°1 Batch Kettle Rum et N°2 Barbet Rum

Il est rare que je vous parle de Diplomatico ici, mais ayant commencé dans les paragraphes précédents avec la gamme de la Maison du Rhum, je ne vais pas m’arrêter en si “bon” chemin.
La marque lançait sur le salon deux nouveautés (toutes deux à 47%), le n°1 et le n°2 – oui un manque de budget marketing sans doute 😛
Bref, le premier est pour moi sans intérêt, et se rapproche du Reserva Exclusiva (je dois être honnête, ça fait bien longtemps que je ne l’ai pas dégusté, mais ça correspond à mon souvenir). Le second en revanche m’a paru plus intéressant, sur un profil moins sucré et plus boisé/vanillé. Autrement dit, sans doute une bonne transition pour les gens qui viennent d’horizons très édulcorés et qui souhaiteraient aller vers des rhums plus authentiques.
De manière générale, intéressant de voir des rhums à 47%, sauf qu’en l’occurrence, l’alcool n’est pas super bien intégré, et seul un des deux se démarque de la gamme habituelle de la marque. Mouais…

Saint James 1997

Saint James 1997 Single Cask

Dernier rhum et troisième incartade à mon plan de dégustation, le Saint James 1997, célébrant les 20 ans de l’AOC Martinique. Je n’avais pas vu que ce rhum était en dégustation – je ne connaissais même pas son existence – jusqu’au moment de partir. J’étais sur le chemin de la sortie quand je suis tombé dessus. J’aime beaucoup le millésime 1998 de la maison, par son côté intense, boisé, chaud. Dans mon souvenir, le 1999 est dans la même veine mais plus sec. Et là, sur le 1997, il n’y a rien de tout ça. Un nez où il ne se passe pas grand-chose, une bouche très peu boisée mais douce et épicée, et une finale toujours marquée par les épices, où le bois se fait un peu plus présent et où une touche torréfiée se fait sentir. Tout ça n’est pas très Saint James, en tout cas le Saint James que j’aime. Moi qui pensais terminer le salon sur une note positive, c’est un peu loupé.

Musée

Le musée des arts forains

Des hauts et des bas à ce salon Dugas. Quelques belles découvertes et quelques déceptions. Un salon éclectique en somme 😀

 

Retrouvez ici la première partie.

One thought on “Salon Club Expert 2017 – La grand-messe Dugas – Partie 2

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