Les dégustations : Plantation Single Casks 2020

Chaque année chez Ferrand – et donc Plantation – deux séries distinctes se voient étoffées de nouvelles références : les Extrêmes et les Single Casks. C’est sur cette dernière que nous allons nous pencher aujourd’hui. J’ai eu la chance de découvrir huit de ces SC (sur les douze à sortir) chez Ferrand à Paris, lors d’une fin d’après-midi avec Alexandre Gabriel et deux camarades passionnés.
Plantation est connu et reconnu pour ses doubles vieillissements mais ils passent à l’étape supérieure avec cette gamme, en complétant cet élevage d’un passage plus ou moins long dans un troisième type de fût. Cela nous donne donc un premier vieillissement tropical en fût de bourbon, un second en France dans des fûts de cognac Ferrand, pour finir avec (en général) quelques mois dans un troisième fût qui pourra avoir contenu à peu près n’importe quel type d’alcool, tant la variété ici est grande. Pour chaque rhum dégusté, je vous mettrai une petite fiche technique pour que vous vous y retrouviez ^^

Chez Plantation à Paris

Si vous connaissez Alexandre Gabriel, vous savez que la dégustation a été ponctuée de nombreuses anecdotes et d’abondance de faits scientifiques. Je n’ai évidemment pas tout pris en note, m’étant concentré sur la dégustation en elle-même mais j’ai entre autres retenu que dans le rhum, les arômes viennent essentiellement des esters et des alcools supérieurs (ce que vous saviez sans doute déjà) et que le transport en fût en mer les accroit ; ce qui a apparemment été prouvé de manière scientifique. Je retiendrai aussi cette double connaissance et maîtrise chez Plantation ; du vieillissement d’abord, grâce à Ferrand et à cette expertise très profonde dans le monde du cognac, et de la fermentation ensuite, du fait de leur récente acquisition de la WIRD et ainsi de leur entrée au capital des National Rums of Jamaica. Les distilleries jamaïcaines étant les championnes de la fermentation, Plantation a pu apprendre des secrets jalousement gardés.

Quoi qu’il en soit, après cette trop longue introduction, dégustons, c’est ça qui vous intéresse ! Comme pour mon post Facebook de mercredi sur la série des Plantation Extrêmes, les notes de dégustation ne se veulent pas exhaustives mais concises et représentatives de ce que chaque rhum a à offrir.


Barbados 6 ans – WIRD 41.3%

Barbados 6 ans – WIRD 41.3%

Vieillissement : 4 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an en France en fût de cognac, 1 an en fût de Calvados (225L)
Dosage : 10 g/L
Nez : Coco, eau de vie de plantes, épices/poivre
Bouche : Moins atypique mais reste léger (dans le sens “pas écœurant”) malgré le sucre qui se fait un peu sentir
Finale : Léger empyreumatique et chocolat blanc


Trinidad 2002 – TDL 48%

Trinidad 2002 – TDL 48%

Vieillissement : 13.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 3.5 ans en France en fût de cognac, 1 an en fût de Porto Tawny (225L)
Dosage : 12 g/L
Nez : Gourmand, moins marqué par le fût de bourbon que le précédent (sans doute un distillat avec plus d’identité), vanille, cacao en poudre, mais aussi touche végétale
Bouche : Les 48 degrés passent très bien, on retrouve le cacao mais trop de sucre ajouté pour moi
Finale : Cacao, léger brulé et toujours du sucre


Barbados et Jamaica 9 ans – WIRD et Long Pond 53% (environ 40% Jamaïque et 60% Barbade)

Barbados et Jamaica 9 ans – WIRD et Long Pond 53%

Vieillissement : Barbade 4.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 3.5 ans en France en fût de cognac / Jamaïque 8.5 ans sous les tropiques, 0.5 ans en France en fût de cognac / Et après assemblage, 1 an en fût d’acacia ayant contenu du cognac (400L)
Dosage : 0 g/L
Nez : Végétal, floral, épicé, fruité et notes en provenance du fût de bourbon. Ensemble gourmand avec une certaine fraicheur
Bouche : Belle attaque franche où les deux origines sont bien assemblées avec une dominante de fruits secs
Finale : Longueur moyenne mais assez gourmande (bois, vanille et torréfié)


Guyana 2008 – Port Mourant 47.6%

Guyana 2008 – Port Mourant 47.6%

Vieillissement : 9.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 1.5 ans en France en fût de cognac, 1 an en fût de Pineau des Charentes (400L)
Dosage : 14 g/L
Nez : très expressif (et pas sur le savon PM) avec une certaine gourmandise (peut-être le fût) avec des notes de fruits à coque et un léger rancio
Bouche : On retrouve ce côté PM que je n’apprécie pas trop mais qui est atténué par le sucre (qui est bien présent)
Finale : Un peu plate et on garde un peu de sucre sur la langue


Jamaica 2007 – Clarendon et Long Pond 46.8%

Jamaica 2007 – Clarendon et Long Pond 46.8%

Vieillissement : Clarendon 11.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an en France en fût de cognac / Long Pond 11 ans sous les tropiques, 1.5 ans en France en fût de cognac / Et après assemblage, 6 mois en fût de Sauternes (225L)
Dosage : 0 g/L
Nez : Très jamaïcain mais qui se distingue par un fruité sur l’abricot au départ puis plus exotique, ananas en tête
Bouche : On garde ces deux “origines” de fruits différents (continentaux et exotiques) et on a aussi une certaine acidité comme d’un ananas trop mûr ; bonne texture
Finale : longue chaude, toujours fruitée mais moins exubérante


Jamaica 2000 – Clarendon 51.6%

Jamaica 2000 – Clarendon 51.6%

Vieillissement : 18 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 1 an en France en fût de cognac, 1 an en fût de cognac Borderies XO (350L)
Dosage : 0 g/L
Nez : Explosif de fruits, autant mangue et passion que fruits blancs du vieux continent. Il n’y a pas que ça, avec entre autres l’amande amère qui ressort par exemple, puis, plus tard, des notes pâtissières
Bouche : explosive de fruits là encore et qui ne demande qu’à y revenir
Finale : très longue étonnamment intense et équilibrée


Jamaica 1996 – Long Pond ITP et HJC 49.1%

Jamaica 1996 – Long Pond ITP et HJC 49.1%

Vieillissement : 21.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 2 ans en France en fût de cognac, 6 mois en fût de rye whiskey (200L)
Dosage : 0 g/L
Nez : Pâtissier et épicé, puis les fruits arrivent mais de manière plus posée que dans le précédent. Très gourmand tout en étant équilibré entre fruits, végétal et épices
Bouche : Belle explosion en attaque et on continue sur le même registre, avec autant de gourmandise mais en plus sec
Finale : bonne longueur où le rye se fait un peu plus sentir et apporte cette gourmandise céréalière sèche


Fiji 2009 – Rum Co. of Fiji 49.6%

Fiji 2009 – Rum Co. of Fiji 49.6%

Vieillissement : 8.5 ans sous les tropiques en fût de bourbon, 2 ans en France en fût de cognac, 6 mois en fût de whisky tourbé (200L)
Dosage : 2 g/L
Nez : Fût de whisky bien là mais pas seulement et le rhum est là aussi avec du torréfié et des fruits secs
Bouche : Le whisky prend encore plus le dessus, avec de la cendre et il se fait asséchant
Finale : Il est préférable d’aimer lécher un conduit de cheminée

Plantation Single Casks 2020 – le line up

Quel line up ! Et quelques gros coups de cœur 🙂
Mon trio de tête : le Barbade-Jamaïque 9 ans et son bel assemblage, le Long Pond 1996 qui n’est pas sans me rappeler les Extrêmes 3 et en tête le Clarendon 2000 et son fruité ravageur. Ce dernier est d’ailleurs le rhum qui m’a le plus emballé de toutes les sorties Plantation de cette année, Extrêmes compris !

Cette fin d’après-midi – qui s’acheva en début de soirée – fut conclue par un événement assez inattendu : le transport jusqu’à la voiture d’Alexandre Gabriel d’une étonnante et fort imposante cage à oiseaux en bois, à l’allure de palais russo-indien, qu’il allait acheminer jusqu’à Cognac le lendemain matin ^^

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