Plantation Pérou 2006, Trinidad 2009 et Australie 2007

Chez Plantation ils n’arrêtent jamais et il est parfois un peu dur de s’y retrouver entre les Singles Casks, les Extrêmes, la gamme de base et cette série intermédiaire qui avait commencé avec le Jamaica 2003 et le Fidji 2005 (et j’en oublie sans doute). Ce qui est sûr c’est qu’il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux. Justement la maison cognaçaise revient avec trois nouvelles références pour développer cette série “hybride”. Par ce terme j’entends que ces rhums sont millésimés, aux alentours de 50%, à petit prix, au vieillissement principalement tropical et potentiellement avec un peu de sucre ajouté ; le public visé est donc déjà un minimum connaisseur et quand on voit la qualité des deux premiers embouteillages, on se dit que ces rhums sont vraiment de bons rapport qualité/prix. Voyons si les trois sorties plus récentes le confirment – deux sont déjà sorties, le Pérou 2006 il y a quelques mois et le Trinidad 2009 plus récemment. Le troisième, en revanche, l’Australie 2007, n’apparaitra chez les cavistes que le mois prochain (du coup, je n’ai même pas pu récupérer l’étiquette comme vous pouvez voir, puisque le visuel définitif n’est pas exactement celui que je vous montre :D). Tous arborent des étiquettes hautes en couleurs aux oiseaux chamarrés endémiques des pays d’où proviennent ces rhums – oui c’est sans doute la seule fois de votre vie où vous verrez ces deux mots l’un à côté de l’autre.

Plantation Peru 2006 – 47.9%

Plantation Peru 2006 – 47.9%

Ce rhum péruvien (qui nous vient de chez Cartavio) a bénéficié d’une double distillation (pot still et colonne) puis d’un double vieillissement : 11 ans au Pérou en fût de bourbon puis trois ans dans le sud-ouest de la France en fût de cognac chez Ferrand. Le profil est rond et gourmand avec des marqueurs bien connus pour les rhums de cette origine : un boisé vanillé avant tout, soutenu par quelques notes torréfiées mais aussi de noix et de tabac. La douceur est maitrisée – mais présente – et l’alcool bien dosé. Une belle idée du Pérou dans le verre, qui nous change des Millonario hyper sucrés (nous sommes ici à 8g de sucre par litre). Sans doute un rhum qui peut servir de passerelle pour des amateurs qui démarrent par des rhums très doux et très édulcorés, grâce à son dosage limité et ses degrés plus élevés.

Plantation Trinidad 2009 – 51.8%

Plantation Trinidad 2009 – 51.8%

Qu’il est compliqué de se faire une idée précise des rhums de Trinidad, et tant mieux ! Celui-ci ne fait pas exception à la règle tant ses facettes sont multiples. C’est un vrai melting pot au nez et en bouche, qui va vous transporter d’arômes fruités (citron) et végétaux (menthol), vers des parfums gourmands (caramel cuit, cacao, pâtisserie), pour finalement arriver vers des notes tertiaires et empyreumatiques (cuir, fumé, grillé). Un tour de grand huit pour les papilles que ce rhum. Décidément à Trinidad, il ne faut pas s’arrêter à Angustura, des choses intéressantes et drôlement variées sortent chez les embouteilleurs indépendants. En revanche, moi qui aime bien avoir un référentiel assez précis de ce qu’un pays a à offrir en termes de rhums, je suis un peu perdu avec cette île, ce qui est à la fois rafraichissant et frustrant.

Plantation Australie 2007 – 49.3%

Plantation Australie 2007 – 49.3% – Embouteillage provisoire 😀

L’Australie est une provenance que l’on trouve de plus en plus souvent chez les embouteilleurs indépendants mais ce rhum-là fait partie des plus âgés, puisqu’il a 13 ans au compteur. Paradoxalement il est moins boisé et plus fruité que beaucoup d’autres, qui sont très marqués par le fût de bourbon. Peut-être ce distillat avait plus de caractère mais ce qui est certain c’est que ce rhum a une vraie identité, avec un je ne sais quoi d’oriental. Intéressant de découvrir une facette pas trop marquée par le fût de la distillerie Beenleigh. Mon échantillon risque bien de se vider lors de futures dégustations pour que je parvienne à mieux l’appréhender. Toute proportion gardée, je suis un peu dans la même situation que sur le précédent, en ce sens que je n’ai pas encore une image précise des rhums originaires d’Australie et donc de Beenleigh. Il va falloir que je remette l’ouvrage sur le métier…

Et bien voilà, Plantation continue d’étoffer cette série limitée avec des provenances qui couvrent un large spectre, autant de profils organoleptiques, que de publics visés.

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