Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022

On ne chôme pas chez Maison Ferroni ! Après la fournée massive de dames-jeannes de l’année dernière, six autres sont apparues sur les étagères de cavistes un peu plus tôt cette année. Je m’y suis frotté au Rhum Fest en mode dégustation sur salon et voulais m’y remettre à tête reposée en prenant le temps. Au programme, quatre purs jus de canne et deux rhums de mélasse au provenances diverses et variées. Comme d’habitude, nous sommes ici sur des rhums non vieillis, proposés à 57% (avec cette fois une exception), qui ont tous reposé plusieurs semaines en dame-jeanne.
Pour ce qui est de l’ordre de dégustation, je suis resté sur celui qui m’avait été conseillé lors de ma première découverte de ces produits au Parc Floral en avril.

Ferroni Dame-Jeanne 13 Canaries – 57%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 13 Canaries – 57%

Nez : il m’a laissé sur ma faim dans un premier temps, très timide où la canne se fait désirer. Avec du repos, il s’en sort un peu mieux, sur un profil frais et légèrement fruité mais demeure bien léger.
Bouche : surpris sur l’attaque et sa suavité marquée, c’est également sa texture épaisse qui le rend agréable. Les arômes, eux, restent très – trop – discrets. Parmi ceux-ci, c’est bien la matière première qui ressort et s’adjoint les services d’une olive passagère.
Finale : étonnamment long vu le profil global, on garde au palais cette olive qui finalement s’attarde un peu et une canne végétale. Le côté pot still, au travers d’une note saline, se manifeste pour clore cette dégustation.
Pas de défaut à proprement parler, cette intensité en sourdine où l’on peine à apprécier ce rhum et ses arômes.

Ferroni Dame-Jeanne 15 Martinique – 57%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 15 Martinique – 57%

Nez : ici la canne est présente mais est loin d’exploser. Dans l’ensemble, ce nez est discret, avec des notes de canne végétale et de citron, à la fraicheur qui se remarque. Classique martiniquais mais dans la veine relativement austère, sans doute un canne bleue.
Bouche : un peu plus d’intensité ici et aussi plus de fruits. Un duo canne végétale/florale et ananas mène la danse, tandis que la fraicheur persiste et tend même à s’intensifier.
Finale : cette dernière s’incruste côte à côte avec une canne pas des plus gourmandes et une pincée de poivre.
Sa force est sans nul doute sa bouche mais le reste de la dégustation n’est pas aussi convaincant.

Ferroni Dame-Jeanne 14 Canaries – 67.5%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 14 Canaries – 67.5%

Nez : contrairement la version réduite, il offre tout de suite des éléments intéressants. La canne, florale et végétale, les fruits exotiques et une touche marine sans doute provenant de la distillation sur pot still, voilà son identité. Sympa.
Bouche : tous ces acteurs voient leur contrat prolongé en bouche mais vient également un invité surprise en la puissance alcoolique, qui est quand même très forte. Par ailleurs, il m’a fait penser à des rhums purs jus d’Asie, sans que je puisse vraiment dire pourquoi. Comme sur la version réduite, l’olive pointe le bout de son noyau…
Finale : … et nous accompagne durablement aux côtés de la canne végétale et même légèrement amère. La pointe marine détectée au nez revient par ailleurs fort et va même finir par dominer cette finale.
Des plus et des moins par rapport à la version à 57%. Sans cette brûlure de l’alcool, ce serait déjà mieux.

Ferroni Dame-Jeanne 16 Afrique du Sud – 57%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 16 Afrique du Sud – 57%

Nez : sans surprise, nous sommes ici face à une bombe aromatique, surtout en comparaison des deux premiers. On reconnait bien l’identité Mhoba et cette idée que j’aurais d’un Jamaïcain pur jus de canne. Il est cependant moins « rentre-dedans » que d’autres rhums de la distillerie.
Bouche : la première impression en totalement confirmée, ce « grand arôme » est partiellement dompté, peut-être cela vient-il des six semaines de repos en dame-jeanne. En tout cas, il fonctionne très bien et cela vient entre autres de la dominante fruitée.
Finale : assez longue sans être interminable, cet « agricole » sud-africain s’éteint progressivement et même paisiblement.
Je trouve intéressant ce qui sort de cette maison, avec parfois des profils tout de même un peu trop extrêmes. Ici, cet écueil est joliment évité.

Ferroni Dame-Jeanne 18 Corsica – 57%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 18 Corsica – 57%

Nez : pomme et menthe sont les deux arômes qui me sont venus à l’esprit. Très expressif, il se démarque toutefois de la trame mélasse-sur-alambic-fait-dans-l’hexagone, et en bien.
Bouche : nos deux protagonistes confirment leur mainmise sur ce rhum, qui gagnera en équilibre après la première gorgée. La menthe, qui se fait poivrée, est remarquablement intense (je ne souvenais pas d’un tel marqueur lors de ma première dégustation) et s’accompagne naturellement de beaucoup de fraîcheur.
Finale : c’est bien cette note mentholée qui reste jusqu’à la fin de lé dégustation et qui la rend très longue.
Bien que pas tout à fait alignée sur mes premières rencontres de ce rhum corse, mon sentiment est toujours positif.

Ferroni Dame-Jeanne 17 Réunion – 57%

Ferroni et ses Dames-Jeannes 2022 – Dame-Jeanne 17 Réunion – 57%

Nez : ce rhum nous indique immédiatement sa nature de grand arôme. Intense à l’extrême sur l’olive et les fruits (pomme et agrumes), avec en prime un côté bonbon arlequin. Si vous êtes un lecteur assidu de mon blog, vous savez que ce type de profil est loin d’être ma tasse de rhum, mais je trouve tout de même quelques éléments intéressants sur ce nez.
Bouche : il s’y passe beaucoup de choses. L’acidité fait saliver, le sucre adoucit, les fruits séduisent et un côté brûlé intrigue.
Finale : après que la touche empyreumatique se soit estompée, elle devient bien trop dominée par l’olive en saumure pour moi.
Meilleure impression qu’au Rhum Fest, puisque l’olive n’est pas omniprésente et laisse de la place aux autres marqueurs, en tout cas jusqu’à la finale.

Encore une grosse variété de profils sur cette série ! Dans l’ensemble, j’ai été moins conquis que sur la fournée 2021. Les deux qui sortent leur épingle du jeu sont à mon goût le Corse et le Sud-Africain. Ils parviennent à joindre les notions de plaisir et d’originalité.
Nous verrons ce que les prochaines Dames-Jeannes nous réservent mais à n’en pas douter, Guillaume Ferroni et son équipe sauront nous proposer des blancs à l’éventail gustatif très large.

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