Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise

Les rhums blancs sortent plus vite que je n’ai le temps de les déguster !
Je ne perds donc pas de temps et vous livre immédiatement cette douzième session de blancs purs jus de canne dégustés à l’aveugle.

Le premier rhum de ce line-up nous propose un nez assez classique sur une canne à sucre végétale et un zeste de citron vert acide. Il apparaît tendu, voire un peu sévère, malgré un alcool qui semble bien dosé.
L’attaque confirme très exactement notre première impression, avec de manière générale un profil sur la verdeur (canne verte et zeste) et qui manque de gourmandise.
La finale, assez longue, devient tout à fait végétale et développe même une certaine amertume dans cette veine.
Pas de défaut à proprement parler mais un rhum qui ne nous a pas procuré grand plaisir.
Clément Canne Bleue 2013 – 50%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – Clément Canne Bleue 2013 – 50% (photo : Excellence Rhum)

Le nez de celui-ci est moins loquace et beaucoup moins frais que le précédent. On y décèle tout de même une canne timide, un peu de pamplemousse et une touche de graine de fenouil. Original ; me fait me demander quel visage il va avoir par la suite.
La bouche est légèrement huileuse mais est encore moins causante que le nez, de plus on perd ce qui faisait son originalité, pour tomber sur un rhum assez plat.
La finale ne relève pas le niveau et est dominée par des notes végétales, là encore un peu amères.
Le nez m’avait rendu curieux, comme quoi la curiosité est (parfois) un vilain défaut…
Reimonenq Cœur de Chauffe – 50%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – Reimonenq Cœur de Chauffe – 50% (photo : Excellence Rhum)

On retombe sur une canne plus franche, mi-fruitée mi-végétale. La fraîcheur est là, tandis que les fruits exotiques se manifestent en retrait. Il pourrait être un peu plus expressif mais c’est tout de même prometteur.
La bouche est un peu mole et mériterait quelques degrés de plus, en revanche il tient ses promesses d’équilibre et de gourmandise (pas conquérante non plus). Il fait le boulot, sans en faire trop.
La finale continue de manière logique, sur la canne et la fraîcheur, même si, comme souvent, on se dirige du côté de notes vertes. Elle est relativement longue.
Le meilleur des trois premiers, qui gagnerait franchement à monter en puissance alcoolique.
Bologne Bio – 45%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – Bologne Bio – 45% (photo : Christian de Montaguère)

Encore un profil bien différent et aussi plus direct : canne, fruits exotiques, terre et poivre. Il livre immédiatement ce qu’il a à offrir, avec équilibre et complexité. Aucun des arômes ne prend le dessus sur les autres. J’aime bien.
Texture agréable et petite sucrosité ; ça commence bien. La canne à sucre est fruitée et occupe le devant de la scène, mais les seconds rôles ont leur importance. On y retrouve des touches terreuses et poivrées qui épaulent efficacement la star. Un discret zeste de citron vert vient amener ce qu’il faut de fraîcheur. Jolie bouche.
La longue finale, va malheureusement voir la canne perdre en présence pour laisser la place aux autres arômes, ce qui entraîne une perte d’équilibre (et de gourmandise).
Pas mal du tout. Jusqu’à la finale j’ai pris beaucoup de plaisir, dommage que ça n’ait pas été le cas sur la dernière ligne droite.
La Favorite La Digue 2020 – 52%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – La Favorite La Digue 2020 – 52% (photo : Rhum Attitude)

Et nous changeons encore complètement d’identité, avec cette fois-ci un pur jus qui semble être distillé sur alambic. Très expressif, il se décline sur des notes organiques de canne, de citron, de fruits exotiques, de réglisse et d’embruns marins. J’imagine un rhum de Polynésie Française, on verra.
Une grosse intensité en bouche pour un liquide soyeux et une puissance bien maîtrisée. Et là c’est l’anis qui rafle la mise. Je n’aime pas l’anis en temps normal mais c’est un arôme que j’apprécie dans le rhum.
La finale est longue et fraîche, anisée et la canne revient jouer des coudes. Bien foutue cette finale.
Un style vraiment unique et je pense avoir reconnu le Manutea 50, qui me plait beaucoup, même s’il n’est pas à mon goût en ti’punch.
Manutea – 50%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – Manutea – 50% (photo : Excellence Rhum)

Ce qui m’a tout de suite sauté aux narines, et ce qui est selon moi un défaut, c’est une note de plastique chauffé. Heureusement, la canne à sucre et le citron vert sont également de la partie mais il est difficile de passer outre cet arôme initial. Espérons qu’il s’estompe en bouche.
Moins présent, ou plutôt plus fondu en bouche, cet arôme étrange est quand même toujours là et me gâche cette dégustation.
La finale oscille entre le défaut et une canne végétale mâtinée de zeste de citron vert.
Bon ben c’est raté. Je ne pense pas que cela vienne d’un souci avec l’échantillon étant donné que j’ai déjà eu cette note sur d’autres rhums blancs.
Séverin – 50%

Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise – Séverin – 50% (photo : Christian de Montaguère)

Les jeux sont faits, rien ne va plus !
Voici le classement de cette douzième dégustation à l’aveugle de rhums blancs purs jus de canne (ici aux alentours des 50%). La première place du podium est partagée par deux rhums très différents l’un de l’autre mais tous deux très réussis : le Manutea 50% et La Digue 2020 de La Favorite. Le Bologne Bio s’en tire bien malgré son faible degré et rafle la troisième place. Le Clément Canne Bleue 2013 est quatrième grâce à son profil classique sans défaut (mais sans grande qualité non plus). La cinquième place revient au Reimonenq Cœur de Chauffe, qui est trop vite tombé après un nez qui pouvait encore faire illusion. Nous avons donc en queue de classement le Séverin…

Retrouvez les précédentes dégustations à l’aveugle ici :
Transversale n°1
Transversale n°2
Transversale n°3
Transversale n°4
Transversale n°5
Transversale n°6
Transversale n°7
Transversale n°8
Transversale n°9
Transversale n°10
Transversale n°11

2 thoughts on “Une transversale de blancs pur jus de canne – 12ème prise

  1. Pingback: Une transversale de blancs pur jus de canne – Les bruts de colonne – partie 1 | Les rhums de l'homme à la poussette

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