Les dégustations : une transversale de blancs pur jus de canne – 5ème prise

Je me suis à nouveau livré à cet exercice que j’affectionne particulièrement : déguster à l’aveugle des rhums blancs pur jus de canne. C’est avec mes partners in crime habituels que j’ai remis ça.
Au programme, six rhums de différentes provenances avec comme point commun qu’ils sont tous issus de jus de canne, AOC Martinique ou non.

J’en profite en passant pour remercier Olivier de Rhum Attitude qui m’a envoyé pas mal d’échantillons pour que je puisse me livrer à ce genre de dégustation comparative 🙂

Mais jetons-nous dans le vif du sujet avec le premier des six rhums dégustés.

Au nez, il présente un alcool présent, que ce soit en puissance ou en arôme. La canne n’est pas absente et elle se dévoile sous un jour floral, voire capiteux. Des notes végétales viennent s’ajouter à ce profil, qui n’est pas non plus dépourvu d’une certaine acidité.
En bouche, c’est un peu mieux, grâce à un peu de gourmandise avec une impression sucrée et une texture légèrement “grasse”. L’alcool se fait sentir, tandis que cette même canne florale revient. Pour finir une nette impression salée conclue cette bouche.
La finale reste sur le sel, alors que le citron (zest et zist – et donc une légère amertume) se taille une belle place. Un arôme terreux apparait en fond.
Pas franchement emballé, avec ce rhum qui manque un peu de tout (sauf de sel et de fleur).
C’est avec surprise que nous avons découvert qu’il s’agissait du JM Jungle !

JM Jungle

Rhum JM Jungle (crédit photo : Rhum Attitude)

Le nez du second, fraichement versé dans le verre nous fait nous interroger sur la présence ou non de la canne. Mais en peu de temps le citron vert devient très présent, ainsi quel le poivre. Assez changeant, il tend vers un profil plus connu/classique, avec un peu de réglisse en prime.
La bouche est là aussi un peu supérieure au nez avec la canne à sucre qui fait enfin son entrée, et de belle manière. Le citron vert n’est pas en reste et le poivre, un peu plus discret ici, n’a pas disparu.
La finale est relativement longue, aux accents végétaux, avec ce duo citron vert et poivre (qui reprend ici du poil de la bête).
Nous n’avons pas eu de réel coup de cœur mais il faut admettre que ce rhum a son identité avec un citron vert présent tout au long de la dégustation et ce poivre particulier et intéressant.
Ce côté poivré aurait pu m’aider à identifier ce second rhum, puisqu’il s’agissait du Saint James Fleur de Canne.

Saint James Fleur de Canne

Saint James Fleur de Canne (crédit photo : Référence Rhum)

Ce troisième rhum se démarque rapidement sur son nez avec des arômes qui sortent des sentiers battus : encre (de stylo plume), banane Haribo, puis, de manière plus discrète, les agrumes et les champignons. Oui cela donne un mélange détonnant ; ajoutez-y un côté capiteux et vous avez ce surprenant profil.
La bouche confirme le côté bonbon mais un bonbon qui se ferait salé.
La finale n’est pas très longue et s’exprime sur une impression végétale légèrement amère, toujours discrètement salée.
Bon, bon, bon… Voilà un rhum original et donc intéressant mais est-il réussi et agréable ? Ben pas vraiment, ce qui laisse une impression en demi-teinte.
Après la Martinique, l’Île Maurice pour ce Labourdonnais original.

Labourdonnais Original

Labourdonnais Original Rum (crédit photo : Rhum Attitude)

On ne s’arrête pas en si bon chemin et on passe au suivant, qui au nez semble d’emblée plus expressif et plus gourmand, avec entre autres des arômes fruités de pêche. Attention, avec du repos (assez long) il tend à s’assagir et voit son intérêt diminuer.
On retrouve, en bouche, ses qualités, sur un rhum équilibré et relativement gourmand. De plus, il offre une texture assez grasse, bien agréable.
La finale pourrait être plus longue et est plus sèche que le reste de la dégustation avec aussi un côté frais sur le citron vert.
Encore un rhum qui est original et dont la gourmandise est la bienvenue. Mais en effet, on ne retrouve toujours pas le côté rhum blanc pur jus de canne classique.
Nous sommes restés à l’Île Maurice mais avons changé de distillerie, avec le Chamarel Premium Rum.

Chamarel Premium Rum

Chamarel Premium Rum (crédit photo : Référence Rhum)

On continue sur notre lancée avec le cinquième rhum, qui en comparaison avec le précédent est beaucoup moins gourmand, et qui se situe plus sur des notes végétales, relativement vertes, avec entre autres le citron… vert.
La bouche est un peu mieux et reste très végétale, avec toujours ce citron vert, qui est ici accompagné de légères notes de sucre, de réglisse et de sel (décidément, c’est la soirée). Pas mal comme association.
La finale est moyennement longue et l’on garde les agrumes, qui sont comme confits dans le sel, et pas exempts d’une certaine amertume.
Pour résumer… ma foi, pas grand-chose à en dire ; il n’est pas loupé mais pas franchement réussi non plus (à notre goût).
On revient aux Antilles et plus précisément à Marie Galante, avec ce Père Labat 50 degrés.

Père Labat 50

Père Labat 50 (crédit photo : Rhum Attitude)

On termine notre série, en espérant trouver notre coup de cœur avec ce sixième et dernier rhum de notre line-up.
Le nez est expressif mais pas vraiment sur le rhum ; il ferait presque penser à de la boukha, cet alcool de figue nord-africain. De discrets arômes épicés et des agrumes viennent nous titiller les narines.
La bouche est tout aussi expressive et ce rhum se fait même explosif sur l’attaque. Il est agréable avec une légère douceur équilibrée par des notes fraiches (apportées par les agrumes).
La finale est toujours portée sur cette fraicheur, le citron vert en tête. Mais un côté végétal/terreux la rend pas si agréable que ça…
Décidément, ce n’est pas ce dernier rhum qui va changer quoi que ce soit.
On ne s’éloigne pas tellement, puisque l’on se rend sur Basse Terre en Guadeloupe avec ce Reimonenq Cuvée du Centenaire.

Reimonenq Cuvée Centenaire

Reimonenq Cuvée Centenaire (crédit photo : Rhum Attitude)

Ben voilà, on a fait le tour. Un tour un peu décevant, je ne vous le cache pas.
Si ce n’est le JM Jungle (qui est à 51.2°), nous n’avions que des rhums à 50 ; histoire de faciliter les comparaisons.
Et même si l’ensemble aura été plutôt médiocre, notre préférence est allée au Chamarel, suivi de très près par le Saint James Fleur de Canne. Les quatre suivants sont très proches les uns des autres d’après nos notes (pas en termes d’arômes mais de notre plaisir à les boire) et aucun d’entre eux ne finira sur mes étagères ^^

J’essaierai de moins trainer pour la session suivante ; c’est qu’il m’en reste encore beaucoup à tester, alors à la prochaine !

Si vous voulez retrouver les dégustations précédentes, c’est par ici que ça se passe :
Session 1
Session 2
Session 3
Session 4

One thought on “Les dégustations : une transversale de blancs pur jus de canne – 5ème prise

  1. Pingback: Le 2 mars 2018, une journée placée sous le signe du rhum | Les rhums de l'homme à la poussette

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