Les dégustations : une transversale de blancs pur jus de canne – 2ème prise

Pour la troisième fois – mais c’est le second article que j’écris à ce sujet – je me suis livré, avec mon frère (et un ami pour cette session) à une dégustation de plusieurs rhums blancs pur jus de canne, à l’aveugle.

Au programme ce soir, 4 rhums de Martinique et 2 de Guadeloupe. Voici donc les notes de dégustation dans l’ordre dans lequel nous les avons goûtés.

Pour commencer le Fighting Spirit Blue de Chantal Comte (rhum qui nous vient de la distillerie du Simon, sur la côté est de l’île).

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Chantal Comte – Fighting Spirit blue, Clément Canne bleu 2015

Au nez, la canne est bien présente. Il est sec et l’alcool se fait sentir. Son côté floral, timide au début, devient de plus en plus présent, ce qui n’est pas vraiment pour me plaire. Une touche d’agrume – pamplemousse et citron vert – complète ce nez.

En bouche, c’est toujours aussi sec, et l’alcool chauffe un peu. C’est ici la canne qui domine, mais pas une canne franchement gourmande.

La finale est moyennement longue et légèrement amère. Les agrumes se manifestent sur des notes citronnées tandis qu’une touche terreuse fait son apparition.

Nous avons un rhum agricole assez traditionnel et de bonne facture. Cependant, pour mon goût et mes préférences, il a de petits défauts : trop floral au nez et un manque de gourmandise avec cette association : sec et alcool qui se fait sentir. Maintenant, il a aussi pas mal de qualités. Dur à trouver à un prix décent, il avoisine parfois les 45€.

On reste en Martinique avec le Clément Canne Bleue 2015. Clément sort un millésime de Canne Bleue tous les ans depuis de nombreuses années, le 2016 est d’ailleurs tout juste disponible.

Un nez vif et floral (!). La canne est un peu retrait (!). Un léger arôme métallique se manifeste (!). Bon ouais, pas top quoi…

En bouche on a un peu un plus de canne et l’attaque offre une bonne dose de fraicheur ; c’est mieux.

La finale est assez amère, avec pour celui-ci aussi des notes citronnées.

Nous n’avons pas été impressionnés par ce millésime 2015 de Clément. Tant pis, on verra ce que le 2016 nous réserve.

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Longueteau

A nous la Guadeloupe maintenant, avec le Longueteau Confrérie du Rhum.

Nez : ah ! Là on est sur un autre registre, la canne est au premier plan. Il est fruité, velouté et “rond”. Quelques notes florales apparaissent aussi, mais au second plan.

La bouche est bien équilibrée avec une prédominance de la canne. Pas très compliquée mais agréable.

La finale est bien plus complexe et sur des notes discrètes de poivre, de fleurs et d’épices. Une pointe salée se fait également sentir.

Un nez gourmand, une bouche simple mais franche sur la canne et une finale intéressante et atypique. Pas mal du tout !

Ne quittons pas la Guadeloupe pour un second Longueteau, le 62%. A la base, il ne devait y avoir que des 50%, mais voilà, je m’étais planté dans la sélection et nous avons donc dégusté ce 62% ne sachant pas de quoi il s’agissait et pensant qu’il était, comme les autres, à 50% !

Le nez est vif, gourmand avec une canne à sucre dominante. Déjà ça me plait (ainsi qu’à mes petits camarades) ! Viennent ensuite, plus en retrait, des arômes floraux, fruités (banane) et de sucre roux.

La bouche est vive, intense et explosive. Alors oui cela doit être dû aux 62%, mais nous n’avons pas vraiment senti, malgré tout, les 12 degrés de plus, c’est dire à quel point l’alcool est bien intégré ! Niveau arôme, nous restons sur la canne.

La finale est relativement longue. La canne ne nous aura pas quitté tout au long de la dégustation puisque là aussi, elle s’impose en patronne. Des notes salées et citronnées viennent cependant la complimenter.

Celui-ci nous a vraiment plu. Alors oui la différence de degré alcoolique rend la comparaison hasardeuse mais il était intéressant de confirmer ce que peuvent faire des degrés en plus, à savoir – quand c’est bien fait – porter les arômes et amener de l’intensité, sans brûlure.

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: HSE et J.M

Retour en Martinique avec un “monument” : le HSE Cuvée de l’an 2000. Notons qu’il y a deux bouteilles différentes de ce millésime 2000, mais je ne sais pas si le contenu est le même ; si quelqu’un sait, n’hésitez pas à me dire 🙂

Un nez pas très expressif et une canne discrète. Donnez-lui du temps pour qu’il s’ouvre et gagne en intensité.

C’est surtout en bouche qu’il va se passer quelque chose. Il donnerait presque l’impression d’avoir été mélangé à du mezcal avec son côté poivré, terreux et végétal. La canne est très en retrait. Il offre une belle présence et tapisse bien la bouche.

Il est plus long que les autres et nous amène un quelque chose d’empyreumatique sur la finale.

Voilà un rhum atypique, pas dans mes goûts habituels mais qui aura bien plu à mes camarades.

Et le p’tit dernier pour finir, un classique du genre : le JM blanc 50%.

Bon, je le dis tout de suite : je me demande si mon échantillon n’était pas un peu daubé… Vous allez comprendre pourquoi quand je vais vous dire les arômes que nous y avons trouvé au nez.

Des notes terreuses, ok ; des arômes floraux, classique ; un parfum de chou-fleur, déjà moins courant ; l’impression de se trouver derrière un camion-poubelle, heu ? Oui, et pas vide le camion-poubelle. Cette sensation acide et puante qui vous prend aux narines. Du jamais vu, qui ne nous a pas encouragé à le mettre en bouche.

Et là, miracle, il a un goût de rhum. Il occupe bien la bouche sur des arômes de canne fraiche, qui sont complimentés par une touche sucrée.

Et la finale, quant à elle, est sur la canne à tendance terreuse et très légèrement amère.

Voilà un rhum qu’il faudra que je goûte à nouveau pour voir si cette impression au nez se confirme (même si je dois dire que ça m’étonnerait). En tout cas, pas de mauvaise surprise sur les étapes deux et trois de la dégustation, qui sont même bien agréables.

Et voilà pour ce tour d’horizon de six autres rhums blancs agricoles, avec un vainqueur : le Longueteau 62% (même si comme je le disais, c’est un peu de la triche ^^), et un perdant : le Clément Canne Bleue 2015. Et puis à peu près tout entre les deux 🙂

J’en ai encore d’autres à déguster, de quoi vous écrire au moins un troisième compte-rendu. On verra 😉

2 thoughts on “Les dégustations : une transversale de blancs pur jus de canne – 2ème prise

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