Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise

J’ai tellement fait de réserves en échantillons (parfois de 70cl) de rhums blancs pur jus de canne, qu’il faut que j’avance avec ces dégustations à l’aveugle dont vous avez désormais l’habitude ! Ca tombe bien, j’ai remis le couvert avec six nouveaux concurrents, tous au classique 50%.
Je ne vous fais pas attendre plus longtemps, allons-y.

On commence par un rhum blanc pur jus de canne (ah bon ?!) qui pique un peu les narines mais dont les arômes de fruits (mangue surtout) et de canne végétale et fruitée fonctionnent bien. Et c’est tout. Pas franchement complexe mais franc et au fruité flatteur, ce nez n’est pas désagréable.
L’attaque allie trois sensations : sucrosité, alcool présent et texture relativement épaisse. La canne reste gourmande et la touche de mangue est toujours là ; on continue donc vraiment sur la même trame.
La finale prolonge cette impression avant de se tourner vers un profil plus végétal. A noter que l’on ressent encore un peu la puissance alcoolique.
Un rhum agréable et gourmand avec sa dominante fruitée mais à l’alcool assez mal intégré, dommage.
Or Blanc de Guyane

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – Or Blanc de Guyane (photo : Excellence Rhum)

Le second s’affiche tout de suite plus complexe que le premier, avec une canne à sucre à la double nature fruitée et végétale, de la réglisse, du citron vert et comme une brume fruitée qui surnagerait. Avec son alcool bien dosé, il semble simplement équilibré frais et bien fait.
En bouche, on confirme que la puissance est maitrisée. Il offre une belle présence et une intensité soutenue sur des arômes de canne réglissée.
La finale est assez classique, toujours sur cette canne végétale et fruitée, qui est accompagnée par une légère amertume du citron vert.
Un rhum complet qui m’a bien plu et où la canne est la star.
Longueteau Confrérie du Rhum

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – Longueteau Confrérie du Rhum (photo : La Confrérie du Rhum)

Le nez de ce troisième est très évolutif, avec un court passage qui fait penser à de la tequila, avant de faire la part belle aux agrumes (citron vert et pamplemousse), avec que cette dernière ne s’efface au profit du poivre noir et d’une canne végétale. Vraiment étonnant, ça part un peu dans tous les sens mais c’est intéressant.
La bouche est plus réussie avec une belle explosion de saveurs portée par un alcool mesuré et une légère sucrosité. Une canne engageante et une texture enrobante finissent de nous séduire. Belle bouche !
La finale est assez longue sur une dominante végétale aux accents poivrés et terreux et à l’amertume légère.
On aurait pu s’arrêter là mais comme souvent lorsque l’on est face à un rhum particulier et changeant, on y revient un peu après et c’est la première fois que fûmes face à un tel revirement ! Il est devenu quelque chose entre insipide et mauvais… Vraiment pas une réussite. Du coup, pour le classement final nous l’avons placé à mi-chemin de ces deux impressions.
UTC4

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – UTC4 (photo : Carrefour.fr)

Le nez du suivant est dominé par une impression un peu verte et il ne se passe pas grand chose d’autre. On y décèle une certaine acidité et chose étonnante, en reculant le nez du verre, on tombe sur des notes de caramel. Bof.
La bouche en revanche fonctionne bien, grâce à une formule efficace : alcool bien dosé, canne conquérante et légère sucrosité.
La finale, moyennement longue, reste sur ce sentiment de verdeur.
Un nez et une finale trop végétales mais une bouche qui tire son épingle du jeu. Un résultat moyen.
Clément Canne Bleue 2019

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – Clément Canne Bleue 2019 (photo : Excellence Rhum)

On change de registre avec un rhum très frais sur l’anis, le citron vert, la canne fraiche et même un peu de résine de pin. Il faut aller au fond du verre pour chercher plus de gourmandise fruitée. Pas mal.
En bouche, l’alcool se fait plus sentir et on tombe sur un surprenant duo : canne à sucre et… hydrocarbures. Malheureusement cela ne fonctionne pas vraiment. Et les quelques goutes de citron vert n’y changent pas grand chose.
La finale est très longue, entre notes végétales et d’hydrocarbures (à la manière d’un vieux Riesling et ses accents pétrolés), encore elles. Une discrète olive pointe également le bout de son noyau.
Bizarre ce rhum. Je ne suis pas fan de son profil mais il a le mérite d’être atypique et intéressant.
O Reizinho Blanc 50

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – O Reizinho Blanc 50 (photo : Rhum Attitude)

Il est déjà temps de passer au dernier de notre line-up. Le nez est assez timide et avec des accents d’eau-de-vie de fruit. Malgré tout, il parvient à donner l’impression qu’il va se révéler sucré et épais en bouche.
Ce n’est en fait pas le cas et il se présente cette fois sous un jour très classique et pas désagréable mais très léger.
La finale est assez courte, ce qui n’est pas plus mal puisque ce sont des notes végétales et terreuses qui la caractérisent.
Pas franchement mauvais mais il pèche par un gros manque d’intensité tout au long de la dégustation.
Damoiseau 50

Une transversale de blancs pur jus de canne – 11ème prise – Damoiseau 50 (photo : Rhum Attitude)

Une dégustation avec des hauts, des bas et des curiosités… Mais dans l’ensemble avec un niveau plus élevé que sur le line-up précédent.
Niveau classement, nous avons un gagnant, qui confirme tout le bien que tout le monde en pense : le Longueteau Confrérie du Rhum. Ensuite ça se complique un peu tant certains rhums sont inégaux sur leur dégustation. Mais c’est le Clément Canne Bleue 2019 qui parvient à prendre la seconde place d’une courte tête. Puis vient un couple inattendu à égalité sur la troisième marche du podium : l’Or blanc de Guyane Française et l’UTC4 de Martinique (qui est AOC et qui rappelons le est la marque distributeur de Carrefour). Celui-ci aurait pu finir premier à la suite de la première phase de sa dégustation et bon dernier sur sa seconde impression, vraiment étrange… Ce n’est qu’à la cinquième place que ce place le rhum blanc de Madère O Reizinho, qui m’a un peu déçu, surtout après ma première impression, qui était bien plus positive et exempte de ces notes quelque peu dissonantes (je me suis interrogé sur la qualité de mon sample). Et donc, vous l’aurez compris, en dernière position c’est le Damoiseau, qui manquait cruellement d’identité et de concentration.
Nous avons donc un guadeloupéen en tête et en queue de ce classement !

Transversale n°1
Transversale n°2
Transversale n°3
Transversale n°4
Transversale n°5
Transversale n°6
Transversale n°7
Transversale n°8
Transversale n°9
Transversale n°10

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